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Anderlecht-Genk: au Sporting, avec Vanhaezebrouck, la révolution est en marche

En 180 minutes, le nouvel entraîneur des Mauves a déjà imprimé sa griffe au jeu bruxellois. La philosophie de jeu de l’ancien mentor de Gand colle parfaitement aux caractéristiques de son noyau.

Analyse - Temps de lecture: 5 min

Sous le charme dans la victoire, avec Vanhaezebrouck, on l’est aussi dans la défaite, comme l’a démontré le jeu déployé face au PSG (0-4). Décryptage des changements tactiques opérés par celui qui a rendu le sourire à la maison mauve.

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Des joueurs retrouvés avec des consignes claires

Aucune voix ne s’est élevée du vestiaire lors des derniers mois de René Weiler. Preuve que les joueurs avaient décidé de jouer pour le technicien suisse mais parfois donc contre leur propre nature. Car le noyau était bien dessiné pour dominer, pas pour subir. Lorsque José Mourinho ou Diego Simeone veulent développer un jeu proche de celui de Weiler, ils ont un groupe qui répond à cette exigence. Mais Anderlecht a, suivant sa philosophie, bâti un noyau de joueurs élégants, comme Sven Kums, Sofiane Hanni, Nicolae Stanciu, Pieter Gerkens, Henry Onyekuru, voire même Josué Sa derrière. Or, tous ces éléments ont été habitués durant un an à courir davantage qu’à porter le ballon. L’arrivée de Vanhaezebrouck renverse la donne. Il n’a fallu que deux matchs pour que certains retrouvent des couleurs en même temps que le ballon, à tel point que les Mauve et Blanc ont eu 51 % de possession de balle contre l’ogre parisien. Que ce soit à Malines ou contre le PSG, Kums a montré l’étendue d’un talent qu’on n’avait pas eu l’occasion d’apercevoir sous Weiler. Comme le veut son ancien mentor à Gand et Courtrai, il dicte le tempo du match en accélérant ou en calmant le jeu. Les ballons repassent par lui et il fait alors parler sa vista et son intelligence de jeu. Certes, il manque encore de rythme mais lui qui était un problème sous Weiler est devenu la solution sous Vanhaezebrouck. À ses côtés, Adrien Trebel, qui a alterné le chaud et le froid depuis l’entame du championnat, peut également se concentrer sur ses qualités de harceleur. On ne lui demande plus de faire le jeu, Kums est là pour cela, ni d’infiltrer, puisque cette tâche est dévolue à Pieter Gerkens. Sofiane Hanni n’a pas encore atteint le niveau de la fin de saison dernière – la faute sans doute à un positionnement moins axial – mais on sent que cela lui fait un bien fou de retrouver le ballon. Et comme il redevient décisif, il risque de se rapprocher très vite de son niveau maximal. Mais il n’y a pas que l’entrejeu qui a repris vie. Henry Onyekuru, souvent décisif mais rarement titulaire sous Weiler, s’est érigé en arme offensive numéro un d’Anderlecht. Là où l’équipe se reposait principalement sur Lukasz Teodorczyk, elle a maintenant la possibilité de trouver une variante en attaque. La vitesse et l’élégance du Nigérian créent dans la défense des brèches qui permettent, soit au principal artisan de conclure, soit à ses coéquipiers de s’infiltrer.

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Un système qui remet Anderlecht dans la moitié de terrain adverse

Qui a vu les matchs d’Anderlecht à domicile contre Saint-Trond ou Lokeren, et en déplacement à Courtrai, n’en ont pas cru leurs yeux. Oui, les champions en titre peuvent être dominés dans leur propre partie de terrain, à domicile, contre des sans-grade. Weiler avait beau nous expliquer que nous ne comprenions rien au football moderne et que le championnat de Belgique avait évolué et s’était nivelé vers le bas, les petits faisant plus souvent mordre la poussière aux grands, on remarque quand même que quand un entraîneur du RSCA veut jouer plus haut, il y arrive. Non pas uniquement parce qu’il installe une philosophie offensive mais aussi parce qu’il a le matériel technique pour avancer son bloc de 20 mètres. Lors des deux dernières rencontres, le Sporting a clairement joué plus haut, même contre le PSG. Certes, il a pris sept buts en deux matches mais il s’est créé plus d’occasions que lors du mois de septembre. En Ligue des champions, les chiffres sont flagrants (deux fois plus de passes et de tirs, une possession qui passe de 32 à 51 % si on compare la rencontre face au PSG à celles au Bayern et face au Celtic !). « J’ai été surpris par la vitesse à laquelle les joueurs ont assimilé le système. Ça me rassure sur la possibilité d’arriver à faire ce qu’on veut  », a déclaré Vanhaezebrouck. Preuve supplémentaire qu’ils étaient plus enclins à un jeu offensif qu’à l’attentisme prôné par Weiler.

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Des faiblesses défensives assez flagrantes

Est-ce dire que tout est parfait ? Non ! Le système du nouveau coach bruxellois (3-4-3) laisse des trous en défense. On peut même faire le parallèle entre Martinez et Vanhaezebrouck. Le nouveau sélectionneur a changé la philosophie de jeu des Diables mais a rendu cette équipe plus perméable – alors qu’il s’agissait de la force des Diables sous Wilmots. Vanhgaezebrouck aussi va devoir veiller à ne pas perdre l’équilibre défensif atteint la saison passée. Dans la seconde partie des playoffs, Anderlecht avait résisté grâce à sa solidité défensive. Or, aujourd’hui, la ligne arrière n’est plus que l’ombre de cette forteresse. Certes, le problème ne date pas de l’arrivée de Vanhaezebrouck. Sous Weiler, des fissures étaient déjà apparues, notamment contre Saint-Trond, Courtrai et Lokeren, Uros Spajic et Kara Mbodj n’ayant plus le même rendement. « Il y a un manque d’efficacité, tant offensive que défensive  », a d’ailleurs avoué le coach bruxellois.

Le système actuel protège encore moins la défense. Et de nouveaux problèmes apparaissent. Notamment à gauche où Olivier Deschacht peine. Il a toujours l’air entre deux chaises et son manque de vitesse ne lui permet pas de revenir quand il est pris dans son dos. Ce fut particulièrement flagrant contre le PSG. Mais il n’est pas le seul à être mal à l’aise. Leander Dendoncker est le grand perdant de l’arrivée de Vanhaezebrouck. Faute de munitions, Big Hein l’a fait reculer. Mais lui qui n’a pas fait un bon début de saison, a paru en souffrance tant à Malines qu’au PSG. Et comme l’entrejeu a trouvé son rythme de croisière, on peut se demander s’il n’a pas pris le mauvais wagon. De quoi doublement regretter son transfert avorté. « Il est conscient qu’il doit continuer à travailler pour retrouver sa meilleure forme mais je ne crois pas qu’il y ait un problème  », a conclu Vanhaezebrouck.

 

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2 Commentaires

  • Posté par Donnay Jean-louis, dimanche 22 octobre 2017, 19:57

    Y a pas à dire, on a affaire à de grands connaisseurs dans cette rubrique. Mdr!

  • Posté par Jadoul Etienne, dimanche 22 octobre 2017, 18:12

    ça vaut la une ?

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