Karine Lalieux (PS): «Je ne veux pas que le Pentagone devienne un grand hôtel»

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Pour Karine Lalieux, la culture est d’abord au service des Bruxellois puis des touristes. © Belga.
Pour Karine Lalieux, la culture est d’abord au service des Bruxellois puis des touristes. © Belga. - Belga.

Dans le jeu de chaises musicales qu’a connu récemment la Ville de Bruxelles, Karine Lalieux (PS), déjà échevine de la Culture, a repris la compétence du Tourisme au nouveau bourgmestre, Philippe Close (PS). Elle hérite ainsi d’une matière stratégique pour la Ville mais aussi pour la Région bruxelloise dans son ensemble.

Freddy Thielemans et Philippe Close avaient fait du tourisme une de leurs priorités. Comment comptez-vous imprimer votre marque ?

Je tiens à les remercier car ils ont fait de Bruxelles une ville qui compte au niveau touristique. Philippe Close a également mis en avant le tourisme sur le plan économique. Bruxelles a un haut taux de chômage et le tourisme tout comme l’horeca cherchent des profils peu qualifiés. Les gens qui ont un diplôme de l’enseignement secondaire inférieur, on peut les former pour cela. On doit professionnaliser ces emplois qui ne sont pas délocalisables. On doit renforcer ces structures mais je ne prendrai pas la présidence de Rock the city (NDLR : la structure qui emploie le personnel pour les grands événements est dirigée par son frère, Patrick Lalieux). Cela me paraît être une évidence puisque j’ai toujours été très attentive en matière de bonne gouvernance.

La Ville et la Région ont connu des tensions en matière de gestion du tourisme car la majorité des attractions se trouvent dans le Pentagone.

Je ne veux pas rentrer dans ces polémiques et je crois que nous sommes aujourd’hui dans un bon partenariat entre la Ville et VisitBrussels. Si nous voulons que les touristes restent deux ou trois nuits, nous devons leur proposer plus d’activités et donc décentraliser. Tout le monde doit prendre sa part. Je revendique une décentralisation des événements car je pense qu’il est important que le centre reste vivable. Bruxelles est aimée car cela reste une ville avec des habitants. Les touristes viennent aussi parce qu’ils rencontrent des Bruxellois. Je ne veux pas demain que le Pentagone ne soit qu’un grand hôtel. Cet équilibre doit être maintenu et quand on développe Plaisirs d’hiver par exemple, on le développe en dialoguant avec les habitants, les commerçants pour voir ce qui est acceptable pour eux. L’idée de mettre la patinoire à la Monnaie libère le site. L’idée qu’il n’y ait plus de camionnettes autour du Vismet permet de voir les restaurants. Ce ne sont pas les commerçants du marché qui développent Bruxelles à l’année mais bien l’horeca. Ils sont notre vrai cœur économique. Et d’ailleurs je peux déjà vous dire que nous allons décentraliser Plaisirs d’hiver dans les quartiers. Quand on voit les difficultés de Berlin, de Paris ou de Barcelone, je ne veux pas qu’on devienne comme ça. Je ne veux pas faire du chiffre pour faire du chiffre. On veut augmenter le nombre de touristes mais ils doivent être répartis.

Pourtant certains pensent que le musée de la Bière sur le piétonnier est fait uniquement dans un but touristique.

C’est un plus touristique mais pas que. Demain, la Bourse sera ouverte. Au rez-de-chaussée, il n’y aura pas des pompes à bière mais un passage qui reliera la Grand-Place et Dansaert. Nous allons augmenter la visibilité du musée 1238, créer une zone sur l’histoire de la Bourse, un musée du Capitalisme et une zone d’exposition temporaire. Et puis, je suis en faveur des gestes architecturaux. Les Villes qui osent et qui protègent leur patrimoine, sont les Villes qui gagnent. Je pense qu’on va gagner avec le musée Citroën et aussi avec la Bourse.

Vous êtes également échevine de la Culture. Est-ce un avantage d’avoir les deux compétences ?

J’ai beaucoup développé la culture mais l’objectif est le renforcement de la création, des jeunes et la décentralisation sur l’ensemble du territoire. Quand je fais venir la Foire de New York, c’est pour les Bruxellois même si je sais que cela attire aussi les touristes. Mais cela n’est pas ma priorité.

Le pathé palace: «Il doit ouvrir rapidement»

Par Vanessa Lhuillier

Certains mettent en doute l’ouverture du Pathé Palace boulevard Anspach en décembre prochain. Où en sont vos discussions avec la Fédération Wallonie-Bruxelles ?

Le Pathé Palace, on y tient énormément à la Ville de Bruxelles. Pour nous, c’est essentiel qu’il y ait le Pathé Palace. Cela doit être ouvert en décembre. On en a besoin. C’est une vitrine pour la Fédération Wallonie-Bruxelles. Je revendique qu’il ouvre et on verra dans quelques années pour des partenariats. Je pense que c’est un bel outil. Ils ont investi beaucoup même si cela a traîné. C’est un lieu classé avec une architecture magnifique.

On a l’impression que les choses se font à l’envers. Ne serait-il pas plus logique de d’abord déterminer ensemble un projet et ensuite de programmer l’ouverture ?

On ne peut pas parler de partenariat tant que ce n’est pas ouvert. Quand l’équipe sera désignée et le projet défini, on verra pour les collaborations. Symboliquement, il faut ouvrir, voir le business plan. Mais on se parle rassurez-vous et je pense que le ministre-président de la Fédération a bien entendu mon discours. Ils ont voulu ce lieu, alors maintenant, ce qui ne serait pas acceptable, c’est qu’il n’ouvre pas. En plus, je crois beaucoup dans le développement du cinéma pour Bruxelles.

Avez-vous des projets en tête ?

On tourne beaucoup à Bruxelles grâce au tax shelter et cela donne de l’emploi à beaucoup de techniciens, mais on ne sait pas qu’on est dans la capitale. Je voudrais que Bruxelles devienne un personnage de film au même titre que New York ou Paris. L’Atomium est un endroit rêvé pour le tournage. J’ai envie que James Bond commence à Bruxelles et qu’on le sache. On a du travail pour cela. Et puis, je veux encourager et aider les initiatives privées dans ce secteur.

 
 
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