Affaire Kennedy: ce que les nouveaux fichiers révèlent jusqu’à présent

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Après un suspense long de plus d’un demi-siècle, l’administration Trump a publié jeudi près de 3.000 dossiers secrets sur l’assassinat du président américain John F. Kennedy.

Si ces documents sont nombreux et prendront du temps à être épluchés par les spécialistes et passionnés de l’affaire, certains faits ont déjà pu être établis.

► Lee Harvey Oswald a parlé à des membres de « la cellule d’assassinat du KGB » selon une conversation téléphonique interceptée à Mexico City.

► Un journal local britannique a été « prévenu à l’avance ». Un journaliste du « Cambridge Evening News » a reçu un appel téléphonique anonyme lui conseillant de téléphoner à l’ambassade des États-Unis pour un scoop 25 minutes avant l’assassinat de JFK. Cette information provient d’un mémo d’un directeur adjoint de la CIA au directeur du FBI, J. Edgar Hoover.

► Le FBI essayait d’attraper Oswald avant l’assassinat de Kennedy. Cette information a été découverte grâce à des mémos de la cellule du FBI à la Nouvelle Orléans. Un agent de cette cellule a écrit qu’Oswald était « une personne d’intérêt » d’après une source cubaine.

► Les documents comprennent un long rapport sur les complots et programmes d’assassinat de la CIA et plusieurs pages de reçus et de comptabilité s’élevant à des centaines de milliers de dollars dépensés dans des programmes secrets. Beaucoup ont été dirigés à Cuba, d’autres en République dominicaine, au Congo et au nord et au sud du Vietnam. Selon un « résumé des faits » datant de 1975, la CIA a aussi considéré l’idée de tuer le leader Patrice Lumumba et le président indonésien Sukarno.

► J. Edgar Hoover s’est inquiété de voir apparaître une « théorie conspirationniste » au sein de la population qui remettait en question concernant la culpabilité de Oswald dans l’assassinat de JFK.

► Les Soviétiques considéraient Oswald comme un « maniaque névrosé » qui « n’était loyal ni envers son propre pays, ni envers n’importe quoi d’autre ». Ils redoutaient que l’assassinat de JFK soit un coup d’État de la part de la droite américaine ou alors, qu’un général un peu trop téméraire de l’armée US réagisse à l’assassinat en lançant un missile, faisant éclater par la même occasion une nouvelle guerre.

► Fidel Castro a expliqué à des officiels américains que Cuba n’était pas impliqué dans l’assassinat lors d’une visite de ces derniers sur l’île en 1978. Malgré cela, un mémo de la CIA raconte que l’ambassadeur de Cuba aux États-Unis a réagi à l’annonce de l’assassinat avec un plaisir non dissimulé.

► Le FBI a prévenu la police de Dallas d’une menace de mort pesant sur Oswald, selon un mémo du directeur du FBI.

Il reste encore beaucoup de documents à analyser et d’informations à croiser avant que la lumière soit totalement faite sur l’assassinat de John F. Kennedy. D’autres documents suivront. Le président américain a donné six mois aux services de renseignement, jusqu’au 26 avril 2018, pour éplucher les documents jugés sensibles et en censurer, le cas échéant, les parties les plus délicates.

 
 
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