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Francken et le coup de couteau dans le dos de Charles Michel

Alors que plusieurs centaines de milliers de Catalans et Espagnols défilaient dans les rues de Barcelone, Theo Francken soulignait que Carles Puigdemont pourrait demander l’asile chez nous.

Édito - Editorialiste en chef Temps de lecture: 3 min

Mais quelle stupidité ! C’est la seule conclusion qu’on devrait tirer de la sortie du secrétaire d’Etat Theo Francken sur une hypothétique demande d’asile de l’indépendantiste Puigdemont et qui a plongé la Belgique ce dimanche dans le ridicule sur la scène internationale. Une sortie d’autant plus stupide qu’inutile. Theo Francken avait toutes les raisons de se taire sur ce coup-là : primo, le Premier ministre Charles Michel est le porte-parole d’une position nuancée sur l’affaire catalane qui satisfait par ailleurs la N-VA, secundo, cette attitude a mis la Belgique en situation délicate vis-à-vis du gouvernement espagnol, tertio, le secrétaire d’Etat n’est pas ministre des Affaires étrangères et surtout, la question de l’octroi de l’asile à M. Puigdemont n’est pas d’actualité.

Seulement voilà, Theo Francken n’est pas stupide. Et c’est en parfaite connaissance de cause qu’il a joué à l’un de ses jeux favoris : donner verbalement des gages aux nationalistes flamands, en se défendant après coup de tout acte fédéral fautif. Et tant pis pour les dégâts collatéraux causés à son Premier ministre, à son gouvernement et à son pays.

Faire perdre la face à la Belgique

Pauvre Charles Michel ! Il n’est décidément pas remercié pour la mansuétude dont il fait preuve à l’égard de son secrétaire d’Etat –  dont les dérapages ont fait l’objet de recadrages légers jamais suivis d’effets  –, voire pour les risques qu’il prend en adoptant des positions publiques qui abondent dans le sens des nationalistes flamands, que ce soit sur le Soudan ou sur la crise catalane.

« Il y a un problème Francken », écrivions-nous récemment. Avec la circonstance aggravante cette fois, que c’est la politique de son gouvernement qu’il déjuge, et que la fragilisation du Premier ministre et du gouvernement fédéral causée par ses sorties verbales , n’est plus confinée à l’espace belge, mais est exposée sur la scène européenne.

Ce week-end, Theo Francken a peut-être gagné des points chez ses ultras mais il a fait perdre la face à la Belgique et à Charles Michel.

Les Européens peuvent désormais penser que le positionnement courageux du Premier ministre belge - quasi seul à dénoncer les violences lors du référendum catalan et à lancer un appel au dialogue -, n’était pas le fait du chef d’un Etat qui a des convictions, mais d’un chef de gouvernement sous pression des nationalistes de son exécutif. Sur le fond, ils seraient aussi fondés à s’interroger : la Belgique soutient-elle les indépendantistes catalans contre le gouvernement espagnol et accepterait-elle subsidiairement, une demande d’asile de M. Puigdemont ?

Et donc non, Monsieur le Premier ministre, ce week-end, Theo Francken n’a pas « mis de l’huile sur le feu ». Il est sorti de son rôle, a manqué du sens des responsabilités et ce faisant, vous a planté un nouveau couteau dans le dos. L’histoire dira si c’est sur ordre de son parti.

 

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20 Commentaires

  • Posté par CHRISTIAN YLIEFF, mardi 31 octobre 2017, 17:30

    Dans un pays démocratique, le Pouvoir avec un grand P est certes dans les mains du politique et du judiciaire mais aussi dans l'ensemble des administrations publiques. Or, je peux, par expérience personnelle, affirmer que l'administration fédérale est quasiment dans son entièreté, aux mains des flamands. Jusqu'à l'actuelle majorité au Fédéral, nous les francophones pouvions encore rêver d'exister quelque peu au niveau le plus élevé de l'Etat. Mais le spectacle consternant du "garde-à-vous" permanent de notre premier Ministre à la botte des nationaliste flamands de la NVA est plus que lamentable. Pauvres wallons, pauvres francophones... Même les nôtres nous lâchent !

  • Posté par Jules Vandeweyer, mardi 31 octobre 2017, 8:38

    La Belgique... pays du surréalisme: En Belgique, le Premier ministre ne dirige pas, il est l'otage d'un parti nationaliste (flamand, pas belge) La chanson Viva España a été composée par un Belge, mais c'est ici que les Catalans trouvent refuge. Puigdemont a d'abord foutu la m... et maintenant, il souhaite dialoguer. Au delà de l'émotion: Puigdemont a l'avocat le plus spécialisé en droit des révolutionnaires (ETA, Ferye Erdal, ...) et, pas de chance pour nous, celui-ci est Belge. Dans son pays, Puigdemont risque 30 ans de prison. Par ailleurs, l'Europe siège à Bruxelles. Question: si l'Espagne le réclame, faut-il l'arrêter et le livrer? Quel délit a -t-il réellement commis?

  • Posté par Jean-Pierre Jacqmotte, mardi 31 octobre 2017, 0:28

    Au mois il reste coherent avec ses principes, pas comme d'autres opportunistes....

  • Posté par Rebts Jean-Louis, lundi 30 octobre 2017, 20:41

    Gouvernement composé d'irresponsables, d'incapables,trop affamés de pouvoirs, trop heureux de la tournure des évènements qu'ils ont provoqué. Ils sont au pouvoir au fédéral par tromperie et en Wallonie grâce à un coup d'État., Bref la gloire... Quand à Francken, avant d'être viré sans compensation, qu'il s'est une auprès des Belges si heureux de passer leurs vacances là-bas et auprès de tout les Espagnols; essayons de sauver ce qui le peut encore.... Abbrutis de la NVA

  • Posté par Slezingher , lundi 30 octobre 2017, 15:51

    Le premier ministre, Charles Michel, pour conserver son trône est aux ordres de la NVA et de Monsieur Franken. Dans n'importe quel autre gouvernement dirigé par un homme capable et ferme politiquement ,il y longtemps que le secrétaire d'Etat aurait été "démissionné", hélas le premier ministre est la couverture de la NVA. Tristes francophones qui n'ont plus de personnalité ni au propre ni au figuré. Déjà que toute l’administration est aux mains quasi exclusive des néerlandophones, bientôt nos excellences feront le service de table pour les néerlandophones.

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