Herstal: reprise du travail à la FN

Les travailleurs de la FN Herstal protestaient contre le plan de transformation de l’entreprise. © Photonews
Les travailleurs de la FN Herstal protestaient contre le plan de transformation de l’entreprise. © Photonews - Photonews

Le travail reprendra ce jeudi 2 novembre à la FN Herstal, société d’armement, au terme d’un mois d’octobre socialement chahuté. Le personnel de l’entreprise aura travaillé du 11 au 18 octobre et, durant ce laps de temps, les ateliers n’ont pas tourné à plein régime. La reprise du dialogue social entre direction et syndicat doit permettre à l’entreprise herstalienne de retrouver son rythme de croisière.

Fin septembre, à défaut d’une entente sur les accords sectoriels, les ouvriers de la FGTB avaient débrayé afin d’obtenir plus que le 1,1 % négocié au niveau intersectoriel. Des solutions alternatives, telles qu’une augmentation de la valeur faciale des chèques repas, étaient sur la table mais faute d’accord pour le 30 septembre, cette solution a dû être abandonnée.

Le mouvement s’est durci devant les grilles de l’entreprise avec le passage d’un huissier et les menaces brandies par la direction d’une perte de 30 millions d’euros, faute de pouvoir honorer une commande qui sera en définitive décalée.

Au terme d’une première période de huit jours de grève, le travail a repris au sein de la FN sans que les ouvriers de la FGTB n’aient obtenu une quelconque avancée. La tension demeurait palpable au sein de l’entreprise et un nouveau débrayage est survenu le 19 octobre engendrant un nouveau mouvement de protestation et un blocage de l’entreprise, ainsi que de Browning international comme lors de la première action, pour une nouvelle durée de huit jours.

Les revendications de la FGTB n’ont finalement été clarifiées qu’il y a une semaine lorsque le président des Métallos, Francis Gomez, a expliqué que direction et syndicats ne parvenaient pas à trouver un terrain d’entente sur le rapprochement des statuts ouvriers-employés et sur le plan de transformation de l’entreprise. Ce plan prévoit une flexibilité du personnel qui sera amené à travailler les week-ends. Une embauche compensatoire de 80 travailleurs est prévue selon le plan de la direction.

Une réunion avec l’actionnaire principal, le gouvernement wallon, le 30 octobre a permis une sortie de crise matérialisée par un vote ce mardi de la reprise du travail et, en parallèle, des réunions entre direction et syndicats afin d’aboutir pour fin décembre sur un accord concernant tant le rapprochement des statuts que le plan de transformation.

«  Je ne m’attendais pas à ce que l’ambiance soit si sereine , commente Gianni Angelucci, le délégué principal des ouvriers affiliés à la FGTB. Je m’attendais à ce que ce soit plus tendu . »

«  Tout s’est très bien passé » , dit le ministre de l’Economie Pierre-Yves Jeholet (MR). «  La FGTB et nous avons pu clarifier nos positions. On a compris que l’un et l’autre partagions le même intérêt de l’entreprise et de ses travailleurs. Et nous sommes tombés d’accord sur la marche à suivre . »

En 2016, Herstal Group présentait un chiffre d’affaires de 853 millions d’euros (+10,8 %) clôturant l’année avec un bénéfice net de 60,5 millions d’euros (+25 %). A elle seule, la FN Herstal a généré un chiffre d’affaires de 385 millions d’euros, soit une croissance de 21,2 % par rapport à 2015 et 62,2 % depuis 2012. Son bénéfice 2016 se soldait à 30,3 millions d’euros contre 21,3 millions en 2015. Le bénéfice net cumulé de la FN Herstal, qui emploie 1.400 personnes, est de 104 millions en cinq ans.

 
 
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