Luxembourg: quatre centres pour demandeurs d’asile ferment d’ici la fin de l’année

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Le centre de Jastrée, à Barvaux, est un de ceux qui va fermer, d’ici la fin du mois de décembre. © SP.
Le centre de Jastrée, à Barvaux, est un de ceux qui va fermer, d’ici la fin du mois de décembre. © SP. - SP

Le site de la Jastrée à Barvaux. L’ancien village de vacances « Les Fourches » à Herbeumont. Le centre d’accueil de Beho. Le centre pour Mineurs étrangers non accompagnés (Mena) de Ligneuville (Malmédy).

Ces quatre centres pour demandeurs d’asile gérés par la Croix-Rouge devraient fermer leurs portes d’ici la fin du mois de décembre. Quatre structures pour une capacité totale de 515 places.

«  En Belgique, on constate une baisse du taux d’accueil, souligne Billy Jungling, directeur du Département d’accueil des demandeurs d’asile au sein de la Croix-Rouge de Belgique. Et dans un proche avenir, nous savons que le gouvernement fédéral va prendre de nouvelles mesures pour réduire encore un peu plus ce taux. Nous avons décidé d’anticiper, c’est la raison pour laquelle ces fermetures ont été décidées ».

Ensemble, ces quatre structures ont une capacité totale de 515 places, dont 40 places Mena. «  Mais actuellement, certains centres ne sont pas complets. Ils accueillent un total de 485 demandeurs d’asile », constate Billy Jungling.

Ce n’est toutefois pas cette raison qui a motivé le choix de fermer tel ou tel centre. Non.

«  Pour certains centres, comme par exemple, Les Fourches à Herbeumont, nous allions devoir reconduire une convention si nous voulions rester. Afin d’anticiper les mesures gouvernementales, nous avons décidé de ne pas la reconduire ».

A la Jastrée à Barvaux, la situation était similaire. «  Sans compter que ces bâtiments sont toujours à vendre, ce qui crée pour nous, une certaine incertitude ».

Le site de Beho, pour sa part, devait faire l’objet d’importants travaux à la suite d’un récent incendie. A Ligneuville, des travaux de remise aux normes devaient aussi être réalisés. Des investissements coûteux que la Croix-Rouge ne souhaitait pas entreprendre. «  Nous devons veiller à un équilibre entre le coût et le nombre de places. Dans certains petits centres, les investissements sont trop importants que pour garantir cet équilibre ».

La Croix-Rouge estime en outre que c’est aussi son travail « de devoir fermer, rouvrir des centres… en fonction de l’actualité du moment. Et de ce fait, il est assez difficile de maintenir une stabilité au niveau du personnel ».

Ces fermetures entraîneront inévitablement des pertes d’emplois. Ces quatre centres emploient en effet une centaine de personnes.

«  Ce genre de décision est toujours difficile à prendre car cela engendre certaines souffrances. Les personnes engagées se sont parfois installées dans la région, ont contracté des emprunts… nous travaillons actuellement avec les syndicats afin que tout se passe de la meilleure manière qui soit. Nous voulons que le personnel qui s’est dévoué pour que ces projets fonctionnent soit respecté », promet encore le directeur du département.

Les demandeurs d’asile, pour leur part, seront aiguillés vers d’autres centres. Rien que dans la province de Luxembourg, huit centres seront toujours en activité à l’issue de ces fermetures.

Huit centres encore ouverts

Les 485 demandeurs d’asile hébergés dans les centres en cours de fermeture vont devoir déménager vers une autre infrastructure. En province de Luxembourg, huit centres continueront à les accueillir d’ici le début de l’année 2018. Six d’entre eux sont toujours gérés par la Croix-Rouge. A la Baraque Fraiture, l’infrastructure n’accueille que des mineurs non accompagnés. A Sainte-Ode, l’ancien hôpital a une capacité de 500 places. A Hotton, le Centre Henri Dunant est un domaine de 40 hectares racheté par l’État en 2001 et il est mis à la disposition de la Croix-Rouge. Le centre accueille 300 personnes, isolées ou en famille. Les résidents y vivent dans une certaine autonomie, le centre se composant de pavillons abritant des appartements avec cuisine. A Manhay, le centre peut accueillir 134 personnes. La moitié des chambres est réservée aux familles. A Rendeux, le Centre Couleurs du monde a ouvert ses portes en décembre 1998. Il a une capacité d’accueil de 196 personnes. Enfin, à Arlon, plusieurs centaines de personnes sont accueillies dans des installations militaires. Fedasil, l’agence fédérale pour l’accueil des demandeurs d’asile gère pour sa part le centre de Bovigny de 430 places. Les Mutualités socialistes ont en charge un centre situé à Erezée.

 
 
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