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Paradise Papers : riches de tous pays, les «nains» vous saluent bien

Des journaux comme Le Soir ont compris qu’il ne suffirait pas d’une seule vague de protestations, que l’éthique fiscale serait un combat, une longue marche pour la décennie qui vient.

Édito - Journaliste au service Culture Temps de lecture: 2 min

Une nouvelle fuite, et elle frappe cette fois le monde anglo-saxon : la reine d’Angleterre, les proches du Premier ministre canadien, le premier cercle du président Donald Trump – excusez du peu –, tous éclaboussés par une houle constituée de millions de documents fuités. Et nous d’applaudir au fracas furieux de vagues médiatiques qui balayent les rades offshore les plus reculées.

Pourtant, le secret fiscal semble tenir bon. Depuis bientôt cinq ans, OffshoreLeaks, LuxLeaks, Malta Files ou Panama Papers pilonnent l’univers planétaire de l’offshore sans en saper les fondements de manière décisive. La plupart de nos élus ne cessent de promettre que la justice fiscale doit être une priorité de nos politiques nationale et internationale, que plus jamais, pas en notre nom, à l’insu de notre plein gré, je ne savais pas. Mais où sont les ripostes concrètes, MM. Van Overtveldt, Geens, Michel ?

Car il suffit. Les Panama Papers et la commission parlementaire qui en a résulté nous ont appris une chose : une minorité de partisans de l’évasion fiscale ne se cachent plus, ils s’expriment, éructent, quelques-uns sont même élus et salariés du peuple, ont table ouverte au Parlement. Ceux-là jouent l’inertie, le désenchantement du monde, la force tranquille du « on a toujours fait comme cela » et caressent avec bonheur le mot de Jean Gol : les journalistes, en définitive, ne sont que des « nains ». Dormez sur vos écus, brave gens.

C’est pourquoi des journaux comme Le Soir ont compris qu’il ne suffirait pas d’une seule vague de protestations, que l’éthique fiscale serait un combat, une longue marche pour la décennie qui vient. Mais une quête pour laquelle nous ne craignons plus d’être des « nains ». En hobbits aux longs pieds, nous avons modifié nos méthodes de travail pour mieux coller à cette mutation technico-industrielle qui facilite la mondialisation et l’offshoring, mais qui nous offre aussi les fuites à répétition dont nous faisons notre sel malin. Et comme il sied aux nains, nous avons appris à creuser ces mines d’archives gorgées de pépites.

Ces « Paradise Papers » vous gâchent le déjeuner et vous attendez que passe la houle ? Soit. Nous serons patients. Mais d’autant plus confiants que la vague de révélations suivante est déjà grosse.

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7 Commentaires

  • Posté par max Duchemin, mardi 7 novembre 2017, 12:54

    Comme dit une maxime populaire : à quoi sert de faire payer une minorité des très grosses fortunes voulant éluder le gros impôts du pour éviter une pauvreté précoce, alors qu'il y a une infinité de pauvres travailleurs à l'échelle mondial pour financer et assainir une sécurité social en ce bas monde . Triste mentalité existentielle ... CQFD!

  • Posté par Bricourt Noela, lundi 6 novembre 2017, 19:39

    Quel travail de titans pour tous ces journalistes qui lancent des pavés dans la fourmilière.

  • Posté par Paul Denoel, lundi 6 novembre 2017, 19:21

    Bonjour,je viens de me réabonné au journal "Le Soir"je suis depuis des années un lecteur de votre journal,j'avais mis mon abonnement en suspens car j'estimais et je l'estime encore que votre rédaction a été partial des sa couverture des scandales publifin.La région Liégeoise est trop nettement sous représentée dans vos éditions et cela se ressent très fortement dans les reportages de vos collègues de votre rédaction Bruxelloise. Mais votre journal est devenu le porte drapeau de la lutte contre la fraude fiscale et la qualité des reportages est sans aucuns doute de très grande qualité.Merci et courage.

  • Posté par Gratter Poil, lundi 6 novembre 2017, 9:16

    Au fond, qu’est-ce qu’un journaliste ? Quelqu’un qui parle de tout (ex : de la fiscalité) sans rien savoir sur le sujet ou si peu. Et le lecteur qui en sait encore moins que le journaliste, gobe tout ce qu’il dit. Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois.

  • Posté par Monsieur Alain, lundi 6 novembre 2017, 17:43

    #ArnouldPhilippe : le problème est bien là. Personne ne dit que c'est illégal (= contraire à la Loi). Le problème c'est qu'il n'y a plus de politiques pour défendre les intérêts du plus grand nombre et pour faire adopter des lois qui préservent ce principe. Le commerce, la finance, les banques mettent (ont mis) en place un système où le "droit à l'autodétermination des peuples" (sic) n'a plus cours. Nos politiques sont non seulement dépassés mais, et l'actualité est là pour le rappeler plusieurs fois par jour, ils sont souvent eux-mêmes les promoteurs de cette triste réalité. La "Loi du plus fort" s'exprime lorsqu'il n'y a pas une "Loi de tous" pour la contenir. Que peuvent les masses de "petits" contribuables face à ceux qui disposent de cabinets d'experts de toutes sortes pour maximiser leurs profits et éluder l'impôt. Cet impôt c'est tout ce qui permet la redistribution des revenus et de créer la solidarité entre tous les habitants de la planète.

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