Paradise Papers: Lewis Hamilton s’est offert un jet privé, sans TVA

Le quadruple champion du monde de Formule 1, Lewis Hamilton, est l’heureux propriétaire d’un jet privé. Un Bombardier Callenger 605, rouge pétant, avec des rideaux Armani. Tarif de l’engin : 27 millions de dollars.

Normalement, pour utiliser ce jet à des fins privées, Lewis Hamilton doit – comme tout un chacun- s’acquitter de la TVA sur le prix d’achat. Soit plus de 5 millions. Sauf si vous mettez en place une construction dans un paradis fiscal. Et c’est précisément ce qu’a conseillé le cabinet Appleby à Hamilton, comme le révèlent quelques mails dénichés parmi les 13,4 millions de documents des Paradise Papers.

Pour le cas emblématique de Lewis Hamilton, Appleby s’est octroyé le conseil des experts fiscaux de Ernst & Young (E&Y). Et, ici, l’astuce utilisée pour éviter de passer à la caisse TVA, c’est d’enregistrer le jet privé du pilote à l’Île de Man, l’un des trente pays que la Belgique considère comme un paradis fiscal.

Le temps d’un pit-stop

Il faut que l’avion atterrisse sur l’Île pour être enregistré là-bas. Mais en deux heures maximum, la paperasse est réglée, assure Appleby. Le pilote Mercedes a donc fait le crochet par l’Île de Man en janvier 2013, accompagné de son ex-compagne Nicole Scherzinger. Ensuite, il lui a suffi de mettre sur pied un complexe système de leasing entre différentes sociétés lui appartenant, dont celle basée à l’Île de Man, et le tour était joué.

Même si les conseillers d’Hamilton assument qu’il utilisera son jet à titre privé un tiers du temps, il ne payera pas de TVA. Et le ciel européen s’ouvre à son Bombardier… qui ne repassera plus jamais par l’Île de Man, d’après les registres de vol que nous avons pu consulter.

Interrogé par nos partenaires du consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), Lewis Hamilton a rejeté en bloc des « allégations impropres et infondées » par la voix de ses avocats. Il assure qu’ « il n’y a aucun avantage à utiliser l’île de Man plutôt que le Royaume-Uni ou tout autre pays de l’Union », sans offrir d’explication convaincante pour expliquer son passage par cette île.

La vidéo de Lewis Hamilton avec son jet

Le pilote britannique n’est pas le seul à utiliser ce mécanisme bien huilé proposé par Appleby et E&Y sur l’île. Dans les Paradise Papers, on constate que le prince héritier d’Arabie Saoudite utilise la même ficelle. Idem pour plusieurs oligarques russes. Au total, l’ICIJ a recensé 48 jets à l’Île de Man, d’une valeur moyenne de 33,9 millions de dollars.

Et la technique « zéro TVA » fonctionne aussi pour des bateaux. Demandez à Paul Allen, le cofondateur de Microsoft, ce qu’il en pense.

 
 
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