La fraude fiscale une priorité du gouvernement? «Une escroquerie intellectuelle», selon le juge Claise

Malgré les révélations successives sur des cas de fraude fiscale de grande ampleur - dans les opérations «Luxleaks», «Panama Papers» et maintenant «Paradise Papers» -, le manque de moyens pour les policiers et magistrats spécialisés reste criant. «La lutte contre la criminalité financière n’est pas une priorité», a constaté le juge d’instruction Michel Claise mardi sur La Première (RTBF).

«L’argent parti dans les paradis fiscaux, on peut considérer qu’il est définitivement perdu», a estimé le juge d’instruction. «C’est extrêmement difficile parce que les paradis fiscaux sont comme des coffres-forts.»

Michel Claise, spécialisé dans les dossiers financiers, «craint d’ailleurs que la partie ne puisse pas être gagnée». «Le problème, c’est le manque de moyens: j’ai des policiers extraordinaires et nous assistons à une dégringolade complète en terme d’effectifs», a-t-il souligné. «La lutte contre la criminalité financière n’est pas une priorité

Différence entre annonce et réalité

Même si le gouvernement affiche sa détermination à combattre la fraude et l’évasion fiscales, il y a une différence entre les annonces et la réalité. «Je crois que cette annonce, c’est une escroquerie intellectuelle épouvantable», a-t-il noté. La réalité, c’est que «les dossiers ne sont pas traités, ils sont classés sans suite par manque de moyens». Or, rappelle le magistrat, la fraude fiscale en Belgique représente 6 à 7% du PIB brut, soit environ 28 milliards d’euros.

Michel Claise salue cependant quelques avancées, comme la création - d’ici quelques années - d’un parquet européen chargé d’enquêter sur les dossiers financiers portant préjudice aux intérêts européens ou le meilleur échange d’informations entre les Etats concernant les données financières.

 
 
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