Accueil Économie Finances

La fraude fiscale une priorité du gouvernement? «Une escroquerie intellectuelle», selon le juge Claise

Le juge d’instruction spécialisé dans les dossiers financiers regrette que « la lutte contre la criminalité financière n’est pas une priorité » du gouvernement.

Temps de lecture: 2 min

Malgré les révélations successives sur des cas de fraude fiscale de grande ampleur - dans les opérations «Luxleaks», «Panama Papers» et maintenant «Paradise Papers» -, le manque de moyens pour les policiers et magistrats spécialisés reste criant. «La lutte contre la criminalité financière n’est pas une priorité», a constaté le juge d’instruction Michel Claise mardi sur La Première (RTBF).

«L’argent parti dans les paradis fiscaux, on peut considérer qu’il est définitivement perdu», a estimé le juge d’instruction. «C’est extrêmement difficile parce que les paradis fiscaux sont comme des coffres-forts.»

Michel Claise, spécialisé dans les dossiers financiers, «craint d’ailleurs que la partie ne puisse pas être gagnée». «Le problème, c’est le manque de moyens: j’ai des policiers extraordinaires et nous assistons à une dégringolade complète en terme d’effectifs», a-t-il souligné. «La lutte contre la criminalité financière n’est pas une priorité

Différence entre annonce et réalité

Même si le gouvernement affiche sa détermination à combattre la fraude et l’évasion fiscales, il y a une différence entre les annonces et la réalité. «Je crois que cette annonce, c’est une escroquerie intellectuelle épouvantable», a-t-il noté. La réalité, c’est que «les dossiers ne sont pas traités, ils sont classés sans suite par manque de moyens». Or, rappelle le magistrat, la fraude fiscale en Belgique représente 6 à 7% du PIB brut, soit environ 28 milliards d’euros.

Michel Claise salue cependant quelques avancées, comme la création - d’ici quelques années - d’un parquet européen chargé d’enquêter sur les dossiers financiers portant préjudice aux intérêts européens ou le meilleur échange d’informations entre les Etats concernant les données financières.

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

0 Commentaire

  • Posté par Lambotte Serge, mercredi 8 novembre 2017, 1:49

    enfin un juge non catalogué qui ose dire ce que tout le monde sait mais n'ose rien dire.Tous les politiques sont mèlés de près( ou de très près) à ces magouilles .MAIS ILS DOIVENT COMMENCER A SE MEFIER CAR TROP C'EST TROP! La REVOLUTION GRONDE ET EST PROCHE!

  • Posté par Blaise Jean-pol , mardi 7 novembre 2017, 19:23

    Le silence de hommes politiques est assourdissant! Est-ce par incompétence ou sont-ils de connivence avec les milieux financiers? Ils ne faudra pas s'étonner de voir la progression des extrêmes!

  • Posté par Jules Vandeweyer, mardi 7 novembre 2017, 16:19

    Dis, Jean-Claude, c'est quand Davos?

  • Posté par Petitjean Charles, mardi 7 novembre 2017, 11:36

    Ce que Michel Claise n'a pas voulu ou n'a pas osé affirmer, c'est qu'une des explications du laisser-faire politique vis-à-vis de la grande manipulation fiscale (fraude ou optimisation) est la trop grande proximité et connivence entre les responsables politiques et les milieux financiers. Ils passent allègrement de l'une (la politique) à l'autre (la finance) et inversement. Ils travaillent en famille et comme la solidarité du clan joue ici à plein, ils ne s'entre-tuent pas, mais protègent et favorisent leurs intérêts respectifs. Pour s'en convaincre, il suffit de citer Junker lui-même, ancien premier ministre d'un des plus grands paradis fiscaux européens, l'entourage de Trump et de la reine d'Angletterre, my god ! Et que dire de Barroso parti sous les cieux paradisiaque de la banque Goldman Sachs ? Et chacun peut compléter la liste ci-dessus, même à un échelon national ou régional, le constat sera imparable : le pouvoir est aux mains des puissants et des riches.

  • Posté par Bricourt Noela, mardi 7 novembre 2017, 10:30

    Et cette situation ne fait qu'empirer. Pourtant nommer des magistrats ne" coute" pas cher à l'état . En lieu et place l'état abandonne totalement et volontairement le pouvoir judiciaire à son triste sort multipliant les pressions à son égard. Je ne parle pas d'une mainmise sur le pouvoir judiciaire quoique de plus en plus des ministres s'opposent et critiquent publiquement les décisions de justice lorsque celles-ci ne sont pas conformes à leurs attentes. En parlant de mainmise, je parle de pressions financières de plus en plus fortes d'une part et d'autre part de conditions de travail de plus en plus difficiles. pour les magistrats, le personnel des greffes etc. avec comme résultat une Justice moins efficace.

Plus de commentaires
Sur le même sujet

Aussi en Finances

Voir plus d'articles

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une

Retrouvez l'information financière complète

L'information financière