Paradise Papers: l’Etat belge investit via une offshore

Le projet de zone portuaire à Dinh Vu (Vietnam) a fait l’objet de nombreuses missions économiques belges, ces vingt dernières années. Mais jamais il n’a été mentionné que les participations belges étaient détenues via une exotique des îles Vierges.
Le projet de zone portuaire à Dinh Vu (Vietnam) a fait l’objet de nombreuses missions économiques belges, ces vingt dernières années. Mais jamais il n’a été mentionné que les participations belges étaient détenues via une exotique des îles Vierges. - reuters.

L’histoire remonte au milieu des années 90. A l’époque, l’assureur américain AIG se lance dans ce projet portuaire au Vietnam.

Pour financer celui-ci, il crée, en octobre 1996, la société Infra Asia Development qui, comme son nom ne l’indique pas, est implantée aux îles Vierges britanniques. Rent-a-Port, une société anversoise qui, elle aussi, rêvait de construire une zone portuaire à Dinh Vu (nord du Vietnam), s’intéresse au projet.

Deux mois plus tard, un partenariat belgo-américain est signé. Et la société anversoise entre dans le capital de l’offshore dès 1997.

La SBI (« Société belge d’investissement », détenue à 64 % par l’Etat belge) n’arrivera que deux ans plus tard. « En 1999, l’association 50/50 du grand et puissant AIG avec le petit groupe belge suscite des critiques de la part de ministres vietnamiens, se rappelle Marc Stordiau, actuel CEO de Rent-a-Port. A leurs yeux, les Belges ne faisaient pas le poids et la concession de Dinh Vu risquait d’être annulée. C’est à ce moment qu’on a su convaincre la SBI d’entrer à bord. »

Maquillage ou erreur ?

Personne ne remet en cause le succès du projet vietnamien ni la qualité de l’investissement réalisé par la SBI, mais on peut cependant se demander pourquoi, entre 2006 et 2011, les bilans annuels de SBI déposés à la Banque nationale mentionnent, pour l’investissement dans Infra Asia Development, une adresse au Vietnam alors que la société est basée aux îles Vierges. Maquillage ? « Erreur », répondent les deux co-CEO de SBI.

D’autres questions méritaient également d’être posées à Marc Stordiau et à la SBI. Pourquoi avoir conservé la société des îles Vierges ? Pourquoi tant de sociétés étrangères dans la structure de financement ? Faut-il y voir de l’optimisation fiscale ? Infra Asia Development n’est-elle qu’une simple boîte aux lettres ?

Des interrogations auxquelles les co-CEO répondent que seules les circonstances ont guidé la manière de procéder et qu’il n’y a jamais eu aucune volonté de cacher quoi que ce soit.

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