Des écoutes téléphoniques relancent le Kazakhgate

Armand De Decker ©photonews
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Qui sont « Roger », « Françoise », « la crapule » et « le petit bonhomme » ? Ces prénoms et sobriquets figurent dans les transcriptions d’écoutes téléphoniques que Le Soir, De Standaard et Le Vif ont pu consulter. Mais les personnes qu’ils désignent n’ont pas encore été identifiées.

Les conversations au cours desquelles ils sont prononcés ont été tenues par Pierre Salik, l’homme des jeans, et son ami et avocat, Olivier Bonhivers.

Mis sur écoute dans le cadre d’un autre dossier, ils évoquent, non pas celui-ci, mais ils parlent du Kazakhgate, de Patokh Chodiev, de la princesse Léa de Belgique.

Les enregistrements sont donc versés au dossier kazakh en janvier dernier. Aucun des protagonistes de ces discussions n’a été entendu dans le cadre de l’instruction. Et pas davantage par la commission d’enquête parlementaire, qui s’apprête pourtant à clôturer ses travaux.

Des fuites à l’intérieur de l’appareil judiciaire

Par ailleurs, selon d’autres documents judiciaires, l’avocat-général Jean-François Godbille, désormais lui-même sous enquête dans ce dossier pour une éventuelle « complicité » dans la corruption et le trafic d’influence reproché à M. Armand De Decker (MR), aurait bénéficié de fuites à l’intérieur de l’appareil judiciaire bruxellois qui l’ont préparé à intervenir auprès de son procureur général. L’Office central pour la répression de la corruption apprendra que la source qui tuyaute Godbille est un ami, magistrat du parquet fédéral.

Déjà mis sur la sellette pour le rôle joué par l’avocat général De Wolf dans la transaction pénale « Chodiev », le Parquet général de Bruxelles ne pouvait décemment plus s’occuper du dossier.

Privilège de juridiction oblige, le dossier Kazakhgate a été renvoyé en Cour de cassation, laquelle a décidé le 1er mars 2017 de renvoyer le dossier pour instruction au Parquet général de Mons.

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