Paradise Papers: Betway, sponsor d’Anderlecht, se finance via des paradis fiscaux

Au stade Constant Vanden Stock, le nom du bookmaker Betway apparaît un peu partout autour de la pelouse.
Au stade Constant Vanden Stock, le nom du bookmaker Betway apparaît un peu partout autour de la pelouse. - Photo News

Anderlecht, 16 septembre 2016. Les Mauves annoncent l’arrivée d’un nouveau sponsor : Betway, un site de jeux et paris en ligne. « Une entreprise qui a une bonne réputation », souligne à l’époque le RSCA. Trois jours plus tard, c’est la Fédération belge de Football qui annonce être « ravie d’annoncer que Betway est le nouveau betting partner de la Croky Cup ». A la même époque, la presse anglaise qualifie d’historique le contrat que Betway conclut avec le club de West Ham United pour un montant de 12 millions d’euros par saison. Bref, l’argent semble couler à flot chez Betway. Mais sait-on vraiment d’où il vient ? Et qui se cache derrière cette société ?

Les Paradise Papers permettent de jeter un regard neuf sur ce site de paris en ligne. Liens indirects avec la mafia, tentative de piratage, démarchage illégal de joueurs compulsifs, la « bonne réputation » de Betway ne saute pas vraiment aux yeux.

« Betway a reçu une licence officielle de paris sportifs par l’intermédiaire de la Commission des jeux de hasard et il ne nous appartient pas de remettre en question leur fiabilité », rétorque la Pro League. Anderlecht dit la même chose. Mais la Commission des jeux de hasard ne sait pas non plus qui se cache derrière Betway.

Implantée à Malte, Betway Limited est pilotée par deux directeurs, Richard Akitt et Jacob Visser. À leur côté : Anthony Axisa, l’homme qui a écrit les lois maltaises sur le jeu en ligne… avant d’en faire son business comme conseiller. Un homme qui aurait contribué aux transferts d’actifs vers Malte d’une famille mafieuse italienne traquée par la justice du Royaume-Uni.

Derrière cette société maltaise, on trouve… Betway Group Limited, basée cette fois aux Îles vierges britanniques. Un paradis fiscal notoire, apprécié pour son opacité et sa discrétion.

Impossible de savoir ensuite qui détient cette société exotique qui, à la mi-décembre 2014, a injecté plus de 28 millions d’euros dans sa filiale maltaise, via une augmentation de capital.

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