Paradise Papers: d’Evanescence à Bob Marley, 26.000 chansons logées dans une offshore

First State Media a racheté pour 14 millions de dollars les droits d’auteur de 153 chansons écrites entre 1993 et 2008 par Sheryl Crow.
First State Media a racheté pour 14 millions de dollars les droits d’auteur de 153 chansons écrites entre 1993 et 2008 par Sheryl Crow.

On trouve de tout dans les Paradise Papers. Vraiment de tout. Même des choses complètement improbables. Comme un catalogue de 26.000 chansons. Il y en a pour tous les styles : jazz, R&B, soul, pop, rock, reggae, disco, country. Et pour toutes les générations, de 1940 à aujourd’hui : Duke Ellington, The Carpenters, Sheryl Crow, Bob Marley, Evanescence, Kelly Clarkson, John Denver ou Avril Lavigne.

Mais pourquoi ces titres se retrouvent-ils tous logés dans une société offshore basée à Jersey, un paradis fiscal notoire ?

L’histoire démarre en septembre 2006. Une société nommée First State Media commence alors à racheter des chansons. Plus précisément les droits d’auteur de ces chansons. Les investissements s’enchaînent à très grande vitesse jusqu’en 2010. « Il faut voir cela comme une forme de placement, explique Christophe Depreter, CEO de la Sabam. L’acheteur s’offre un catalogue en sachant qu’il touchera chaque année des droits d’auteur sur son investissement ».

Un nouveau produit financier

La société FS Media s’est donc constitué un vaste catalogue de droits d’auteur. « L’un des plus larges qui existent », assure-t-elle. En moyenne, les droits des 26.000 titres ont rapporté 5,6 millions de dollars par an à FS Media entre 2009 et 2012. Chaque fois que vous écoutez ces titres sur Youtube ou Deezer, chaque fois que ces chansons sont diffusées à la radio, en télé, reprises lors d’un concert, une partie des droits finit donc par atterrir… à Jersey. Au sein de la société « FS Media Holding Co (Jersey) Ltd ».

Inutile de vous faire un dessin : dans ce cas, l’intérêt d’avoir recours à une société offshore est exclusivement fiscal. « Aucune taxe avec la structure actuelle », constate d’ailleurs le consultant KPMG dans une note interne. Ni aux États-Unis, ni au Royaume-Uni, ni à Jersey. Nulle part.

► Les droits d’auteur, une poule aux oeufs d’or: notre enquête sur Le Soir+

 
 
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