Hausse de 22% du loyer en 8 ans

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La facture énergétique des ménages à faibles revenus reste trop élevée notamment à cause du mauvais état du logement. © Sudpresse.
La facture énergétique des ménages à faibles revenus reste trop élevée notamment à cause du mauvais état du logement. © Sudpresse. - Sudpresse.

Comme tous les grands centres urbains, Bruxelles compte une part plus importante de locataire que de propriétaire. Actuellement, environ 60 % des habitants louent leur logement. À 80 %, il s’agit d’ailleurs d’appartement. Avec la croissance démographique, le vieillissement d’une partie du bâti ainsi que le nombre de personnes ayant de faibles revenus du travail ou des allocations de remplacement, la question d’avoir un logement décent devient de plus en plus aiguë. C’est pourquoi l’Observatoire bruxellois de la santé et du social a consacré un large chapitre à la question du logement dans sa nouvelle édition du baromètre social.

Au niveau de la répartition géographique, les locataires se situent principalement au centre et dans les quartiers formant la première couronne. C’est également dans ces zones que sont enregistrés les plus faibles revenus. Dans les quartiers de la seconde couronne, les propriétaires sont plus nombreux. Même si l’accès à la propriété est de plus en plus complexe, on constate que la majorité des candidats acheteurs sont des couples avec ou sans enfant mais surtout, les deux personnes disposent d’un revenu du travail. Entre 2006 et 2016, le prix de vente médian des appartements a augmenté de 34 % en Région bruxelloise. C’est moins qu’en Flandre (+40 %) et qu’en Wallonie (+46 %) mais on part aussi de plus haut. Par contre, c’est bien à Bruxelles que l’écart entre les revenus et le prix de l’immobilier est le plus important.

Forcément, avec un tiers de la population vivant avec un revenu inférieur au seuil de risque de pauvreté, le prix des loyers est un enjeu de société. La demande est très forte sur le logement social dont le loyer moyen est de 320 euros. Au 31 décembre 2015, la SLRB (société du logement de la Région bruxelloise) comptait 39.399 logements sociaux dont 3.151 vides ou en attente de rénovation. Le parc de logements a donc diminué de 132 unités en un an.

En parallèle, au 31 décembre 2016, le nombre de ménages sur liste d’attente est de 48.804 avant radiations. Parmi eux, 9.651 ont été radiés pour raison de non-renouvellement de leur candidature. Cela signifie qu’on compte plus de personnes sur liste d’attente que de logements sociaux. Le parc de logement social représente 7 % des habitations avec des différences très importantes entre les communes. La première place revient à Watermael-Boitsfort avec 18 % de son parc et la dernière à Ixelles (3 %).

Avec ce constat, les Bruxellois sont bien obligés de se tourner vers le marché privé. Le loyer médian atteint les 660 euros en 2016. Entre 2004 et 2016, il a augmenté de 22 % soit annuellement 2 % de plus que l’indice santé.

Si on estime qu’un ménage ne peut consacrer plus de 30 % de son revenu à son loyer, cela signifie que 60 % de la population bruxelloise n’a accès qu’à 8 % du parc locatif privé en 2016. Et pour une personne isolée vivant avec le revenu d’intégration sociale, si elle paie le loyer médian, cela signifie qu’elle consacre 70 % de son budget à se loger. Il ne lui reste alors que 267 euros pour ses autres dépenses. Et bien souvent, les personnes versant de petits loyers vivent dans des appartements pour lesquels la facture énergétique est la plus élevée.

Des problèmes récurrents

Quelque 22 % des Bruxelles se plaignent d’au moins l’un des problèmes suivants : situation de surpeuplement, incapacité à chauffer convenablement, problème d’humidité ou de moisissures. Les couples avec enfants sont les plus touchés par ces problèmes (34 % des locataires), notamment le surpeuplement. Si on affine avec les revenus, parmi les plus précarisés, ils sont 35 % à évoquer au moins l’un des problèmes. Évidemment, ces difficultés augmentent les risques de se sentir ou d’être en mauvaise santé.

De plus, près de la moitié des Bruxellois, locataires comme propriétaires, rapportent au moins un type de nuisances environnementales (vandalisme, accumulation d’immondices, manque d’espaces verts). Tout comme pour la qualité du logement, cette proportion est plus élevée à Bruxelles qu’en Flandre et en Wallonie.

 
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