Espagne: Atletico-Real, un derby inaugural et... impitoyable

Espagne: Atletico-Real, un derby inaugural et... impitoyable

Après seulement un tiers de la saison, les deux rivaux de la capitale espagnole (23 pts) pointent déjà à huit points du Barça (1er, 31 pts) et à quatre de Valence (2e, 27 pts). Samedi, une victoire barcelonaise à Leganés reléguerait l’éventuel perdant du derby à onze longueurs, un gouffre.

«Nous avons une marge d’erreur réduite parce que nous avons perdu des points en route», a prévenu cette semaine le capitaine merengue Sergio Ramos.

Même préoccupation à l’Atletico. «Quand on regarde vers le haut du classement, Barcelone est désormais un peu détaché», a confirmé jeudi le milieu rojiblanco Koke.

Bref, c’est d’abord l’enjeu comptable qui préoccupe «El Atleti», champion d’Espagne 2014, et «El Madrid», tenant du titre: les deux clubs ont signé un début de saison moyen pour des raisons similaires, à savoir leur manque de précision en attaque.

Attaques convalescentes

Comment expliquer que la star du Real Cristiano Ronaldo, meilleur buteur de l’histoire des derbies madrilènes (21 buts), n’ait marqué qu’une seule fois cette saison en Liga ? Comment analyser l’inhabituel mutisme d’Antoine Griezmann, qui reste sur sept matches d’affilée sans trouver la faille avec l’Atletico ?

«Cristiano fera toujours la différence pour nous», a dédramatisé l’entraîneur merengue Zinédine Zidane.

«Le ballon va finir par rentrer», a dit croire Griezmann, qui a entretemps marqué avec l’équipe de France.

Et il faudra voir si la coupure internationale a permis à ces deux équipes convalescentes de se refaire une santé.

La bonne nouvelle, c’est que les infirmeries se sont vidées: reprises de Koke et Yannick Carrasco côté Atletico, retours attendus de Dani Carvajal et Keylor Navas pour le Real. Le principal absent sera l’ailier merengue Gareth Bale, victime d’une nouvelle lésion musculaire (cuisse).

Ces cinq dernières années, la rivalité entre les deux voisins a atteint un paroxysme avec les deux finales de Ligue des champions remportées en 2014 et 2016 par le Real sur son voisin. Et l’équipe de Zinédine Zidane y a ajouté en 2017 un succès en demi-finale de C1 (3-0, 1-2), juste avant de décrocher son deuxième titre de champion d’Europe consécutif.

Duel fratricide chez les Hernandez

Dans ce contexte, le 281e derby en match officiel depuis 1906 revêt une importance historique: c’est le tout premier disputé au stade Metropolitano, inauguré en septembre... même si la presse espagnole a aussi exhumé un match amical de 1994 au stade de La Peineta, ancêtre de l’enceinte actuelle.

Sur la pelouse, il y aura aussi un duel fratricide: le défenseur français Lucas Hernandez (21 ans) est attendu comme titulaire avec les «Colchoneros», tandis que son cadet Theo (20 ans) devrait être remplaçant avec le Real.

Quoi qu’il en soit, l’Atletico compte bien marquer son territoire.

«Il faudra gagner», a prévenu Griezmann, heureux que la ferveur de l’antique stade Vicente-Calderon ait migré jusqu’aux 68.000 places du Metropolitano. «Quand notre public pousse, c’est plus difficile pour l’adversaire. Cela nous apporte un plus.»

Quelques heures plus tôt, à 20 km plus à l’ouest, le Barça participera lui aussi à cette fête du football madrilène à Leganés (16h15).

Offensivement, tout va bien pour les Catalans tant que Lionel Messi, meilleur buteur de Liga (12 buts), brille. Mais derrière, ça grince en charnière: Javier Mascherano est blessé pour un mois, Thomas Vermaelen a très peu joué et les titulaires Gerard Piqué et Samuel Umtiti sont passibles d’une suspension au prochain carton jaune.

Autant de signaux inquiétants alors que se profile, le 26 novembre, un choc à Valence, deuxième... Et ce dauphin-là nage dans le bonheur: huit victoires consécutives en matches officiels pour les Valenciens avant d’affronter l’Espanyol Barcelone dimanche.

 
 
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