Namur: la police sera plus visible

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Aux dernières fêtes de Wallonie, la police était présente à tous les points d’accès du centre-ville.
Aux dernières fêtes de Wallonie, la police était présente à tous les points d’accès du centre-ville. - Vincent Lorent.

Plus de deux heures d’exposé. Avant d’entamer son ordre du jour jeudi soir, le conseil communal de Namur a donné la parole à son nouveau chef de corps de la police, Olivier Libois. Qui s’en est emparé, longuement et pour la première fois en séance publique, suscitant de nombreuses questions. Se sont ainsi dessinées une méthode et une vision qui vont amener une organisation résolument différente.

En clair, le quotidien des policiers namurois va changer dans les prochaines années. Souplesse, polyvalence, transversalité. Et sans augmentation – à ce stade – de budget ou d’effectifs. On sait, ces mots-là sont souvent entendus par les temps qui courent. Mais plusieurs signes permettent de penser que les changements vont être effectifs. D’abord, les premières réorganisations sont déjà lancées, faisant glisser des effectifs depuis les moments plus creux vers ceux plus actifs ou qui assurent une plus grande visibilité auprès des citoyens. Ensuite, le chef de corps veut jouer sans modération la carte des services rendus à d’autres zones police – mise à disposition de ses cachots, temps passé par des experts namurois (visiblement souvent sollicités) pour donner des coups de main à des collègues d’autres polices – en « échangeant » – et vu la manière dont c’est exprimé, on pourrait presque dire en « facturant » – ces heures contre d’autres passées au transfèrement des détenus qui mobilise 13 policiers chaque vendredi. Ce qui permettra de retrouver du temps de travail à d’autres tâches. Enfin, il y a le parcours d’Olivier Libois lui-même, passé par Andenne et la police fédérale, entre autres.

Ce qui va changer pour les citoyens ? D’abord, une police qui devrait être plus visible, en particulier en dehors des heures de travail habituelles. La « polyvalence » va notamment éviter d’avoir, sur un accident routier, un policier qui vient régler la circulation en indiquant que «  c’est un autre qui va arriver  » pour dresser le constat de l’accident. «  Ou bien qu’un policier de quartier, à qui je dis toujours qu’il n’est pas qu’un gentil policier, ne verbalise pas quand il voit que la voiture de la personne de chez qui il sort est mal garée. C’est agir sans penser au voisin qui, lui, est gêné par la voiture mal garée  », note Olivier Libois. Qui épingle également : «  Je suis parfois confronté à des situations que je ne comprends pas. Nous devons, dans nos missions de service aux citoyens, faire connaître les agents de quartier auprès du public. Mais je n’ai pas le droit de mettre la photo d’un policier sur notre site internet si ce dernier ne le veut pas et que ce n’est pas prévu dans son contrat  ». Les travaux au commissariat du Théâtre sont quasi terminés, pour un meilleur accueil, toujours 24 heures sur 24. L’accueil à l’Hastedon, par contre, est désormais plus approprié aux situations non urgentes pour prendre rendez-vous.

Besix relance le centre commercial

Par Luc Scharès

Parmi les interpellations amenées par l’opposition figurait une question d’Antoine Piret sur les suites de la consultation populaire du 8 février 2015 et le projet du centre commercial en bordure du square Léopold. «  Depuis l’arrivée du nouveau promoteur, quelles initiatives ont été prises par le collège pour aboutir à une solution concertée et négociée avec l’ensemble des acteurs concernés par cet enjeu pour donner un avenir désirable au quartier de la gare, qui respecte le signal démocratique qui a été envoyé à l’époque ?  », demandait le conseiller socialiste. Selon le bourgmestre Maxime Prévot, la Ville a tout à gagner de la reprise du projet par Besix : «  On a en particulier coupé le cordon entre les projets de Verviers et Namur, qui tiraient Namur vers le bas. Le collège est plus que jamais persuadé de la pertinence d’un centre commercial en l’endroit et qu’à défaut d’une dynamique nouvelle, le commerce en centre-ville va continuer à décliner. Nous avons rencontré tous ceux qui sont intervenus dans le dossier, pour les écouter. Actuellement, Besix fait travailler ses opérateurs. Une réunion interviendra avant la fin de l’année, et l’objectif est de rencontrer au maximum les aspirations citoyennes.  »

La Ville sonde les banques pour un prêt de 20 millions

Namur n’avait plus mené une opération aussi large auprès des banques depuis 2012. Elle lance une «  consultation pour le financement des investissements pour un montant de 20 millions d’euros  ». Il ne s’agit donc pas d’une demande de prêt pour un seul projet précis, mais d’un appel à de l’argent frais (ou à un bas de laine) que la Ville pourra utiliser à sa guise.

Selon le directeur financier Marc Bruyr : «  L’objectif est de profiter des taux historiquement bas pour des taux classiques de longue durée. Nous allons sonder les banques pour un taux de 2 % sur 30 ans.  » Dans le cas (espéré) où plusieurs banques répondraient positivement et remettraient une offre, un système de cotation pour les départager a été imaginé. Une discussion très technique s’est engagée sur les critères adoptés, qui incluent notamment des volets sociaux et environnementaux. Le PS s’est en particulier demandé si le choix de la durée de 30 ans ne favorisait pas Belfius (auprès de laquelle Namur a 100 % de ses prêts en cours) et s’est étonné de l’importance accordée au service au détriment du taux de base. Pour Marc Bruyr, le choix de 30 ans ne devrait pas favoriser a priori une banque plutôt qu’une autre. «  Quant à l’importance du service, une réactivité de la banque est fondamentale. Il faut bien se rendre compte que notre réalité quotidienne est marquée par une gestion dynamique de la dette. Celle-ci, depuis 2002, a permis d’épargner à la Ville de Namur 8 millions d’euros de charge de dette.  » L. Sc.

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