Patrick Dupriez sur les émeutes: «Il faut un état-major bruxellois pour une meilleure coordination»

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© Le Soir / Bruno Dalimonte
© Le Soir / Bruno Dalimonte

O n avance beaucoup trop lentement  », commente le co-président des verts. « Il y a un écart extraordinaire entre les discours ambitieux et volontaristes, et les actes qui ne suivent pas au niveau politique. Les gouvernements, singulièrement en Europe et particulièrement en Belgique au niveau fédéral, n’agissent pas ».

«  La situation est suffisamment grave pour anticiper les changements du monde, plutôt que les subir. Chaque politique pour protéger le climat engendre des bénéfices pour la population. Par exemple, si on amplifie l’isolation des bâtiments, c’est du pouvoir d’achat, un meilleur confort, etc .  », explique Patrick Dupriez. «  La démocratie aurait à gagner à ce que plus souvent les responsables politiques pensent à long terme plutôt qu’à des intérêts électoraux à court terme  ».

Nucléaire, non merci !

«  Oui c’est possible d’abandonner le nucléaire en 2025 en Belgique, nous y croyons de longue date  », poursuit Patrick Dupriez. «  Et ceci est désormais confirmé par Elia  ».

Et les experts qui doutent de cela ? «  J’entends les débats d’experts  », répond l’écologiste. «  Mais ce qui est certain, c’est que si on tarde encore à décider, ce ne sera plus possible. Seule la NVA aujourd’hui dit clairement qu’il faut continuer avec le nucléaire. Arrêtons de tergiverser car tant qu’on hésite, on empêche le développement d’alternatives. Les risques d’un accident sont bien plus importants qu’un éventuel black-out qu’on n’a pas encore vu venir  », conclut Patrick Dupriez sur ce point.

Les incidents à Bruxelles

À propos des incidents qui se sont produits les 11 et 15 novembre à Bruxelles, Patrick Dupriez commente : «  Le problème d’abord ce sont quelques dizaines de casseurs. Ces casseurs-là ont des comportements intolérables qui pénalisent d’abord les gens du quartier. Avant d’être dans l’hystérie des slogans creux, il faut que la police et la justice fassent leur travail, et plus vite qu’aujourd’hui. Ensuite, il faut évaluer l’organisation de l’intervention policière  ».

«  Moi, je voudrais que tous les jeunes se sentent protégés par la police et que la police soit davantage une police de proximité dans l’alliance avec les gens de ces quartiers  », poursuit Patrick Dupriez. Bisounours écolo ? «  Non, dire qu’il faut sanctionner plus rapidement et de façon appropriée, c’est la vraie politique de sécurité  ».

Et pourquoi pas une modification des institutions bruxelloises comme le réclament certains partis côté flamand ? «  Nous, on n’a pas refusé  », explique le co-président. «  Mais attention à ne pas répondre à un problème par une solution de tuyauterie ou d’organisation institutionnelle. Par ailleurs, nous sommes favorables à tout le moins à un état-major commun à l’échelle de la région bruxelloise avec tous les chefs de corps et un délégué du ministre compétent pour avoir une police à l’échelle régionale chargée de traiter une série d’enjeux, dont les grands événements, tout ce qui n’est pas de l’ordre de la proximité, pour une meilleure coordination  ».

Une coalition de gauche

La FGTB wallonne soutient la formation d‘une coalition de gauche en 2019, avec le PS, le PTB et Écolo. Qu’en pense Patrick Dupriez ? «  Ce n’est pas à un syndicat à composer des majorités politiques. Il y a assez de boulot pour ne pas jouer au formateur  ».

Et le PTB est-il « écolocompatible » ? «  J’ai l’impression qu’aucun parti aujourd’hui en Belgique n’est suffisamment environnementaliste et certainement pas le PTB qui est resté dans une logique très étatiste, très productiviste. Mais je n’ai pas envie de commenter le programme des autres. J’ai envie qu’ils nous rejoignent sur nos propositions de transition écologique. Ce sont les élections qui décideront les acteurs avec qui discuter  », conclut Patrick Dupriez.

 
 
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