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Lettre ouverte : les responsabilités multiples d’un.e directeur.trice de Théâtre

Mylène Lauzon, directrice de la Bellone, Maison du Spectacle, nous a fait parvenir ce texte en réaction à notre enquête sur le Théâtre des Tanneurs.

Carte blanche - Temps de lecture: 3 min

Bruxelles, le 20 novembre 2017

Suite à la lecture de l’article publié dans Le Soir par Catherine Makereel samedi dernier, je m’inquiète terriblement parce que cet article relate la pauvreté des moyens dont dispose un conseil d’administration pour gérer une telle situation, le silence radio de la part des tutelles et la perpétuation de la culture protectionniste des hommes en situation de pouvoir.

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Les responsabilités d’un.e directeur.rice d’institution culturelle et artistique publique sont multiples. Il faut équilibrer les budgets et concevoir une programmation spécifique selon le lieu que l’on dirige; pour qui en a les compétences, ces responsabilités se rencontrent aisément. Les responsabilités les plus exigeantes et qui demandent le plus d’attention par contre sont liées aux relations humaines. Il y a les responsabilités liées au management de l’équipe, il y a les soins donnés aux conditions de travail de celle-ci, à la communication interne afin que tou.te.s se développent dans un environnement sain. Il y a les responsabilités liées aux artistes invité.e.s. Par exemple, l’attention aux conditions de leur accueil et à la clarté du rapport entre les deux parties, tant l’artiste que la direction doivent savoir pourquoi il y a alliance, ce qu’elle a pour objectif et dans quelle durée elle s’inscrit. Il y a la responsabilité envers le public afin que tou.te.s se sentent chez elles ou chez eux au sein de l’institution, que tou.te.s personnes peu importe qu’il.elle.s soient femme-trans-queer-inter-homme, brun-jaune-blanche, etc. se sentent dans un environnement « SAFE ».

La directrice ou le directeur dirige un lieu public, il va donc de soi que dans ses responsabilités soient comprises celles du bien-être et de la sécurité de toutes les personnes visitant, occupant, habitant le lieu qu’il.elle dirige (ce qu’Isabelle Jans a très bien démontré par ailleurs lors des incidents liés à David Strosberg au Théâtre des Doms à Avignon). Les responsabilités liées à la dimension humaine du travail d’un.e directeur.rice sont considérables et incontournables. Et la façon dont ces responsabilités sont assumées a des conséquences sur l’ensemble de la communauté. Quand quelqu’un.e a pour passif des histoires de harcèlement, d’intimidation et d’abus de pouvoir et qu’il.elle réitère, est-ce que cette personne est bel et bien la bonne pour occuper le poste privilégié et de grande responsabilité humaine qu’est le poste de directeur.rice d’une institution publique, tel qu’un théâtre ?

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On fait face ici à un classique des situations de harcèlement entre homme et femme où l’affaire se conclut par la disparition des victimes et la protection de celui qui est en position de force. Il se trouve que tout est fait dans notre culture pour éviter que la justice acte de quoique ce soit. Et aujourd’hui encore, malgré « le travail sur lui-même » qu’effectue monsieur Strosberg, plusieurs femmes du secteur des arts de la scène ne fréquentent plus le Théâtre des Tanneurs par crainte de devoir être en contact avec lui.

Qui donc prendra la responsabilité de remercier monsieur Strosberg qui a, à plusieurs reprises, prouvé qu’il ne détient pas les qualités nécessaires pour assumer les responsabilités humaines d’une direction de théâtre ? Qui signalera haut et fort par le fait même qu’un lieu culturel et artistique doit être un endroit SAFE pour tou.te.s ?

Et pour votre information : Le génie artistique n’a rien à voir avec les comportements inappropriés et agressifs d’un.e citoyen.ne. Le fait d’avoir du « génie » n’excuse rien. Point.

 

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7 Commentaires

  • Posté par Debar Michel, mardi 21 novembre 2017, 19:44

    Quelle abomination que cette mode de français inclusif qui, pour moi, n'aboutit qu'à un seul résultat : abandonner immédiatement la lecture d'un pareil volapük. De grâce, épargnez-nous cette torture.

  • Posté par François Lemaire, mardi 21 novembre 2017, 17:03

    Dernier paragraphe : en français, on ne met pas de majuscule après deux points. En anglais bien. D'ailleurs les excités de l'inclusif devraient écrire en anglais, langue quasi asexuée. Ça ferait des vacances à tous les lecteurs francophones.

  • Posté par Frerotte Jean-luc, mardi 21 novembre 2017, 12:54

    Je ne vois vraiment pas pourquoi le mot "personne" devrait être a priori de sexe féminin. Il faut donc impérativement écrire, sous peine d'être frappé par l'opprobre socioculturelle ambiante, "un.e personne". Et d'ailleurs, moi, je verrais bien "un person" ! Alors, faisons "un.e person.ne" D'accord.e ?

  • Posté par Bernard Jean-pierre, mardi 21 novembre 2017, 12:17

    Petite erreur dans cette manière d'écrire absolument grotesque : brun-jaune-blanche. L'auteur n'a-t-il pas oublié quelques .e, .he? Faut arrêter tout de suite, il y a des combats autrement prioritaires que celui de cette écriture inclusive!

  • Posté par Arnould Philippe, mardi 21 novembre 2017, 11:50

    Quand je lis "d’un.e directeur.trice" dans le titre, je zappe l'article

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