Un jeune Wallon sur six sans emploi ni formation

© Bruno D’Alimonte | Le Soir
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On les appelle des « Neet » (not in education, employment or training : ni étudiant, ni employé, ni stagiaire). Ce sont des jeunes qui ont quitté la vie scolaire, mais restent en dehors du marché du travail. Sans surprise, la majorité de ceux qui se retrouvent dans cette situation a un faible niveau scolaire.

Leur nombre est désormais un sujet d’inquiétude pour certains gouvernements. En Wallonie, un jeune de 18 à 24 ans sur six (16,4 %) se retrouve dans cette zone floue entre école et monde du travail. C’est pire à Bruxelles, où ils sont un sur cinq à vivre dans cette situation. À titre de comparaison, le taux de « Neet » en Flandre est deux fois plus bas (9,8 %).

« Des jeunes sans beaucoup de perspectives »

Julien Nicaise, directeur de l’Ares – la Fédération des institutions d’enseignement supérieur – explique : « C’est préoccupant car ce sont des jeunes sans beaucoup de perspectives occupationnelles valorisables à court terme. Les chiffres cachent certainement des citoyens qui vont galérer quelques mois avant de repartir mais, socialement, ce sont des gens qui risquent de devenir un jour dépendants. Or, le redressement de la Wallonie et de Bruxelles passe par une amélioration de ces données, et donc de notre système éducatif. »

Le phénomène des « Neet » est certes alimenté par des problèmes personnels (famille, santé…) mais il interroge le système : « Les élèves en qui la société investit durant leur parcours scolaire obligatoire sont encore trop nombreux à venir gonfler les rangs des adultes dépendants de demain. »

Des qualifications non valorisables

Une des causes avancées est le taux élevé de jeunes qui quittent le secondaire sans qualification valorisable lui-même lié au taux de redoublements particulièrement élevé en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Marcel Miller, managing director d’Alstom Benelux et président du Conseil d’orientation de l’Ares, l’affirme : « Réduire le taux de décrochage scolaire doit être une priorité de nos gouvernements. Ils doivent offrir une formation aux jeunes qui sont au chômage. »

L’ancien président de la Fédération Agoria insiste : « Mettre en place le Pacte d’excellence dans toutes ses dimensions, c’est urgent ! Et offrir une formation, le dernier des maillons, à tous ceux qui sont sans emploi. Et puis, pourquoi ne pas prendre exemple sur la Flandre sur ce sujet ? C’est probablement une question d’opportunités d’emplois mais également de mentalité. »

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