Eclectisme de rigueur

Lot 162
: Produites au milieu du XVIII
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 siècle pour l’exportation, ces figurines chinoises en plâtre ont été adjugées 31.250 livres sterling. © Sotheby’s / Art digital studio.
Lot 162 : Produites au milieu du XVIII e siècle pour l’exportation, ces figurines chinoises en plâtre ont été adjugées 31.250 livres sterling. © Sotheby’s / Art digital studio.

Pour composer son imposante vacation répartie en deux sessions, l’une durant la journée du 31 octobre, l’autre le lendemain, Sotheby’s avait choisi un mot d’ordre des plus simples : il fallait qu’il y en ait pour tout le monde et pour tous les goûts. Parmi les quelque 460 lots devant passer sous son marteau en l’espace de deux jours, avec des fourchettes d’estimations commençant parfois à seulement quelques centaines de livres à 60.000 livres sterling, l’on retrouvait aussi bien du mobilier ancien, des horloges et des peintures, que toute une série d’œuvres plus insolites. À l’instar de cette paire de « poupées chinoises » en plâtre ayant vraisemblablement été manufacturées vers le milieu du XVIIIe siècle dans la région de Canton, et ce afin de satisfaire d’éventuels collectionneurs européens de l’époque pris par la folie des « chinoiseries ».

Lot 94
: Belle surprise pour ce sofa victorien de style Louis XV qui a été emporté pour 25.000 livres sterling. © Sotheby’s/Art digital studio.
Lot 94 : Belle surprise pour ce sofa victorien de style Louis XV qui a été emporté pour 25.000 livres sterling. © Sotheby’s/Art digital studio. - Sotheby’s/Art digital studio

China Dolls

Avec leurs beaux vêtements traditionnels et un vase en métal doré placé entre leurs mains, ces petites figurines (34 cm de haut) étaient alors assez prisées en Occident. Au château de Drottningholm en Suède, un édifice du XVIIe siècle ouvert au grand public malgré sa qualité de résidence officielle du couple royal depuis le début des années 1980, l’on en conservait ainsi plus d’une centaine en 1777. Pourquoi un tel ensemble ? Selon Sotheby’s, le but était apparemment de fournir une vision « authentique » de ce qu’était alors la vie quotidienne en Chine. En 1753, à l’occasion de l’anniversaire de son épouse, le roi Adolphe-Frédéric avait ordonné la construction d’un premier petit pavillon chinois ( Kina slott ) dans le parc du château ; un édifice en bois qui, quelques années plus tard, fut remplacé par un autre plus rococo (et en dur cette fois, pour mieux résister aux rigueurs du climat suédois), où furent entreposés de très nombreux objets venus de Chine. Au début du XIXe  siècle dans le sud-est de l’Angleterre, le prince régent (futur George IV) avait également doté son extravagant Brighton Pavilion de toute une série de « China dolls » assez similaires, quoiqu’un peu plus imposantes, à celles vendues par Sotheby’s. Dotées d’une fourchette d’estimation comprise entre 25.000 et 40.000 livres sterling, elles ont changé de mains contre 31.250 livres sterling, soit exactement le prix d’une peinture de Pietro Luchini ayant autrefois appartenu au célèbre styliste italien Gianni Versace, dans sa Villa Fontanelle au bord du lac de Côme.

Lot 170
: Pour cette maquette de bateau datant du début du XVIII
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s, l’on a offert 50.000 livres sterling. © Sotheby’s / Art digital studio.
Lot 170 : Pour cette maquette de bateau datant du début du XVIII e s, l’on a offert 50.000 livres sterling. © Sotheby’s / Art digital studio.

Au-delà des océans

En mars 2009, douze ans après la disparition tragique de Versace à Miami, Sotheby’s avait procédé à la dispersion du contenu de sa demeure située en bord de mer. Plus de 500 lots avaient alors été mis aux enchères, pour un chiffre d’affaires global frôlant les 7,5 millions de livres sterling. Parmi ceux-ci, un étrange petit secrétaire à abattant ayant probablement été fabriqué en Suède vers 1830 avait été adjugé pour un peu moins du triple de son estimation basse (8.000 – 12.000 livres sterling), soit 23.750 livres sterling. Quasiment dix ans plus tard, l’affaire ne s’est pas révélée particulièrement juteuse puisque l’on en a offert seulement 10.000 livres sterling… Tout le contraire de ce sofa victorien datant de la seconde moitié du XIXe siècle qui, après avoir transité par deux belles demeures anglaises (Amberley Castel, dans le West Sussex, et Malmesbury House, dans le Witshire), a été adjugé 25.000 livres sterling alors que l’on en attendait plutôt entre 2.000 et 3.000 livres sterling. Enfin, l’un des meilleurs résultats de la vacation a été signé par une aussi rare qu’impressionnante maquette de bateau (échelle 1/30) qui avait probablement été commissionnée vers 1723 pour l’hôtel de ville de Dordrecht aux Pays-Bas. Estimé entre 40.000 et 60.000 livres sterling, le Stathuys van Dort a en effet trouvé preneur pour 50.000 livres sterling, et ce même si aucun navire de ce nom ne semble jamais avoir vogué sous la prestigieuse bannière de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (V.O.C.)…

Tous les prix mentionnés s’entendent frais inclus.

 
 
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