C’est vous qui le dites sur les jeunes sans emploi, ni formation: «La faute au nivellement par le bas»

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Les faits

En Wallonie, un jeune âgé de 18 à 24 ans sur six (16,4 %) est un «Neet» (not in education, employment or training : ni étudiant, ni employé, ni stagiaire). Ils se trouvent dans une zone floue entre le monde de l’école et du travail, ni étudiants, ni travailleurs, ni stagiaires, révélait Le Soir ce mardi.

C’est pire à Bruxelles, où ils sont un sur cinq à vivre dans cette situation. À titre de comparaison, le taux de « Neet » en Flandre est deux fois plus bas (9,8 %).

Une des causes avancées est le taux élevé de jeunes qui quittent le secondaire sans qualification valorisable lui-même lié au taux de redoublements particulièrement élevé en Fédération Wallonie-Bruxelles.

C’est vous qui le dites

Pour une bonne partie des internautes, le taux relativement élevé de « Neet » chez les Francophones peut s’expliquer par la baisse de la qualité de l’enseignement. « Les Pouvoirs Organisateurs, vu que les redoublements coûtent cher, demandent que l’élève passe à tout prix. C’est ainsi que nous avons des troupeaux serrés d’analphabètes qui sont titulaires d’un diplôme ne valant rien de plus qu’un ‘chiffon de papier’ », dénonce Pascal G, qui est rejoint par Yves Q. : « C’est l’échec de l’école de la réussite. Un diplôme poubelle à tout le monde comme cadeau électoral. Bientôt il faudra deux diplômes universitaires pour être crédible ».

« À force de niveler par le bas les études et surtout les conditions de réussite des différentes années, cela n’a rien d’étonnant », remarque Michel D., qui regrette que les jeunes ne prennent plus le temps d’étudier. « Un diplôme donne dans la majorité des cas des résultats », ajoute-t-il. « L’égalité des chances est respectée. Pas un ne sait lire ni écrire. Le nivellement par le bas, un des musts des politiciens francophones », remarque Gasti B.

Guy P. se réjouit du Pacte d’Excellence, qui pourrait régler, selon lui, le problème de l’école. « Mais la Fédération Wallonie-Bruxelles a-t-elle les moyens d’implémenter ce projet coûteur ? Et dans combien d’années portera-t-il ses fruits », s’inquiète-t-il.

Certains lecteurs tentent de trouver des solutions. Bernard H. propose d’améliorer la collaboration entre les entreprises et les écoles. « Je pense particulièrement aux établissements techniques et professionnels. Un enseignement en prise directe avec le monde du travail serait plus motivant pour les jeunes ». Pour JF M., l’école devrait s’adapter au monde du travail, en allongeant notamment les périodes de stage, souvent trop courtes actuellement.

Pour Jean C., le problème vient surtout de la pénurie d’emplois et pas du manque de formations. « Dans ce système, il restera le même nombre de gens sur le bord de la route », selon lui. Au contraire, Miko O. estime qu’il n’y a pas beaucoup de formations et que, « bien souvent, elles ne mènent pas loin, les plans d’insertion ne marchent pas et on baisse les bras au bout d’un moment à force de recevoir des refus ».

Certains pointent du doigt l’Europe et les conséquences négatives que peut avoir la libre circulation des travailleurs. « Il faut des emplois. Mais si le dumping social ou le travail au noir réserve les emplois du transport-routier, de la construction etc. à des étrangers, difficile d’écouler nos jeunes », souligne, Jean-Jacques D.

Pour René D. et Marcel F., le problème vient du fait que de plus en plus de jeunes sont diplômés et se désintéressent du travail manuel. « Il manque des bouchers, des mécaniciens, des boulangers, des soudeurs », notent-ils.

D’autres internautes dressent un portrait très négatif de la jeune génération, qui est, selon eux, la seule responsable de sa condition. « Une partie de ces jeunes trempe dans des trafics en tout genre dès le primaire, ils ont donc « l’argent facile » et ne voient aucun intérêt à étudier. Avant l’âge adulte ils deviennent dealers, casseurs ou se font embrigader dans l’ultra conservatisme religieux », note Hector B, qui est rejoint par Roland C. « Quand je vois la nullité intersidérale des petites frappes et anti-motivator training-basket-casquette, je me demande bien quel employeur voudrait de gamins pas motivés quasi illettrés. Ils ne sont pas fichus d’étudier un peu ; comment se montreraient-ils disciplinés ? ».

Enfin, Marina B. tente de rester positive : « Je trouve que 5 jeunes sur 6 ayant un emploi ou suivant une formation, c’est déjà pas si mal vu la situation économique ».

L’avis du Soir

Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef du Soir, écrit ce mardi  : « C’est un échec terrible pour le monde francophone, « champion » de ces statistiques honteuses et surtout, en fait, effrayantes. Que les perspectives offertes par notre société à une partie significative de ses enfants aujourd’hui à l’école, soient aussi minces, est dramatique pour eux, mais aussi suicidaire pour notre modèle et notre avenir ».

Si nous attribuons souvent le malaise de la jeunesse à des facteurs extérieurs, il est en réalité causé par les failles de notre propre système. « C’est sur ces tranchées où s’enfonce une jeunesse qui n’a pas les moyens de se bâtir un avenir, qu’il faut décréter une tolérance zéro. Le champ de bataille est clair : la scolarisation ».

 
 
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