Libramont: l’Ardenne va booster son identité transfrontalière

L’Ardenne a de multiples ressources en termes de patrimoine, de culture, de nature, d’activités. Mais il s’agit de promouvoir tout le territoire en bloc, sans frontières.
L’Ardenne a de multiples ressources en termes de patrimoine, de culture, de nature, d’activités. Mais il s’agit de promouvoir tout le territoire en bloc, sans frontières. - D.R.

Il est fini le temps où Français, Belges et Luxembourgeois tiraient la couverture touristique de façon exclusive pour vendre leur Ardenne, l’Oesling ou Ëislek grand-ducal, les Ardennes françaises et l’Ardenne belge. Face à la concurrence, il a fallu corriger le tir. Si ce n’est encore qu’un début de programmation, la structuration est réfléchie et se met en place depuis quelques mois. Elle va passer à une phase de sensibilisation tous azimuts, avec deux projets européens qui vont aider à valoriser au mieux cette image de marque « Ardenne ».

Pour René Collin, ministre wallon du Tourisme et de la Grande Région, « n’importe quelle région du monde se trouve désormais une vocation touristique. La concurrence est énorme et même brutale. »

« Il fallait réagir en se regroupant, en travaillant en réseau, au-delà des frontières pour s’offrir une visibilité commune et densifier notre offre, poursuit Dominique Arnould, présidente du GEIE (groupement d’intérêt économique) Destination Ardenne. C’est tout le contraire du morcellement ! »

Dès 2006, ce souhait avait émergé dans la tête de l’Union départementale des offices du tourisme des Ardennes, mais il a fallu attendre 2010 pour enclencher le mécanisme. En parallèle, l’idée voyait aussi le jour en province de Luxembourg, et les voisines liégeoises et namuroises y ont vite adhéré. Au niveau de la Région, il a fallu un peu plus de temps. Un site, un flyer, une présence commune sur des salons furent les premières actions, mais il manquait une personnalité juridique à cette structure basique, notamment pour être crédible auprès des fonds européens. Le GEIE a vu le jour en mai 2014.

« L’idée vient des élus et des opérateurs touristiques, mais il est essentiel que le privé s’approprie la démarche, poursuit René Collin. Qu’ils soient producteurs, entrepreneur, hébergeur, restaurateur ou partenaire d’une structure touristique, tout le monde est concerné. Pour l’heure, environ 400 personnes ou structures ont adhéré au concept. Mais il en faut bien plus puisqu’il y a des milliers d’acteurs potentiels, tous secteurs confondus.

Subsides européens

Les subsides européens ont permis d’engager du personnel qui va désormais sensibiliser en profondeur toutes ces personnes pour qu’elles s’affichent et valorisent ensemble leur territoire, même si chacun doit garder ses spécificités et personnalités propres.

Deux programmes œuvreront dans ce sens. Le projet Agreta Ardenne Grande Région porte sur 8 axes d’actions : il vise à faire de l’Ardenne, dans les 3-4 ans, une destination leader en tourisme durable, à réaliser un référentiel de l’écotourisme, à concrétiser un réseau de prestataires engagés, le Club Ardenne Ecotourisme, à développer des offres transfrontalières en matière de mobilité douce, etc. Un autre axe porte sur la création d’un réseau d’ambassadeurs de l’Ardenne. Le chantier est énorme, mais fondamental.

Faciliter les liens

Le territoire ardennais concerne un million de personnes, sur trois pays, et près de 4.000 professionnels du tourisme. Le département des Ardennes françaises, qui a rejoint la nouvelle région « Grand Est » devrait intégrer la « Grande Région » le 1er janvier 2018. Jusqu’ici, côté français, seule la Lorraine en faisait partie. Cela devrait faciliter certains liens même s’il en existe déjà avec la Belgique.

 
 
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