Mathilde Renault: «Un album à écouter à l’horizontale»

Mathilde Renault aimerait composer pour le cinéma.
Mathilde Renault aimerait composer pour le cinéma. - D. R.

C’est bien le cinquième album de Mathilde Renault, non ? Il y eut Louana avec Jonas Knutson, OverOceans avec Caroline Shaw au violon, Cameleon Boat puis Devils on the road. La chanteuse pianiste ne compte pas de la même façon. « Avec le recul, dit-elle, ce Lucky Number est mon deuxième véritable album personnel. Le premier c’est Cameleon Boat, Devils, je ne le compte pas : c’était un EP ! »

Eh bien, ce deuxième album est à la fois une réussite et une surprise. La surprise, c’est que Mathilde est seule, avec son piano. Et c’est aussi qu’après la pop acidulée, fraîche et dynamique de Cameleon Boat, elle montre une autre face : son disque est nostalgique, mélancolique.

« Je préfère clair-obscur. J’ai traversé des périodes plus sombres. Et je vois ce CD comme un album épuré, à l’encontre de ce qu’on fait aujourd’hui, qui est produit comme pour refléter un monde très agité. J’ai voulu faire une épure, j’ai voulu rechercher la beauté. »

C’est un album méditatif, à écouter. « J’aime l’appeler album à musique horizontale, lance Mathilde. A écouter allongé, le soir. Pour se poser. C’est une invitation à méditer. »

Jean-Christophe Renault, le père de Mathilde, écrit des petits textes, comme des haïkus, qui deviennent parfois des chansons. Mathilde a choisi cinq textes plutôt sombres, philosophiques. Et elle les met en musique. « Je me sens comme une antenne, qui capte la beauté et qui la transmet. J’ai l’impression d’être de plus en plus à l’écoute, de capter le fil. Sur scène, j’arrive de plus en plus à me connecter à une sorte d’énergie. La voix plus le piano, c’est le mieux pour rester connectée le plus longtemps. C’est une magie quand je joue seule. Me sentir libre, faire vibrer le silence, improviser avec le jazz que je sens toujours en moi. »

Numéro gagnant

Sur son Facebook live d’ailleurs, Mathilde montre des vidéos où elle improvise, où elle compose en direct. Un exercice solitaire mais suivi par des tas de fans dans le monde entier, entre le travail du disque et l’énergie de la scène. « Ça me permet de rester connectée entre deux concerts de la vie réelle. »

Mathilde a appelé son papa pour trois morceaux, où il joue du piano. Une première. « Ça s’est mis petit à petit, une pièce après l’autre, à la manière d’un puzzle, dit-elle. Sans se décider vraiment. J’ai d’ailleurs composé dans une pièce magique, chez mes parents, à Exbomont. J’adore aller là m’isoler : on voit toute la nature aux environs. On se croise dans cette pièce, papa est du matin, moi du soir. Il a amené des textes, on a joué ensemble, il est même venu à Bruxelles, lui qui déteste autre chose que la campagne, pour enregistrer en automne. »

Neuf chansons sur le CD. Dont « Made up » et « Single Game », déjà enregistrés sur Devils on the road. Mais Mathilde voulait les reprendre. Et elle ajoute qu’elle fera encore « Made up » dans une troisième version. C’est un morceau qui raconte une rupture, un homme qui disparaît, mais on ne peut pas revenir en arrière.

« Lucky Number », c’est le numéro gagnant, mais… « On recherche tous notre paradis. Le numéro gagnant est une métaphore. C’est un texte que j’ai envie de mettre en avant. Parce que je suis indécise, je veux tout. J’aime être au milieu des gens mais aussi en pleine nature. »

Le 24 janvier au Botanique (Saint-Josse-ten-Noode).

 
 
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