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Arts de la scène: 236 nouveaux contrats-programmes pour 93 millions d’euros

La ministre de la culture a dévoilé l’ensemble des décisions concernant les contrats-programmes 2018-2022 en arts de la scène (théâtre, danse, musique, cirque, conte…).

Primeur - Chef adjoint au service Culture Temps de lecture: 3 min

C’était attendu depuis des mois et même depuis des années. Jeudi après-midi, Alda Greoli, ministre de la Culture (CDH), a dévoilé l’ensemble des décisions concernant les contrats-programmes 2018-2022 dans le domaine des arts de la scène. Au 1er  janvier 2018, ce seront 236 nouveaux contrats-programmes qui prendront cours pour cinq ans dans le domaine des arts de la scène. Celui-ci couvre les secteurs du théâtre, de la danse, du cirque et des arts de la rue, de la musique et du conte.

Si bon nombre de ces contrats-programmes sont réattribués à des institutions ou compagnies qui en bénéficient déjà aujourd’hui, 42 nouveaux venus recevront pour la première fois une aide structurelle durant les cinq prochaines années.

Parmi ces nouveaux venus, plusieurs opérateurs du secteur du conte, nouvellement reconnu par le nouveau décret des Arts de la scène, mais aussi plusieurs lieux interdisciplinaires comme La Chaufferie à Liège (150.000 euros), La Fabrique de Théâtre (60.000 euros) et surtout l’Atelier 210, en attente de subventions depuis des années et qui se voit attribuer un contrat-programme pour un montant annuel de 575.000 euros.

Du côté de la musique classique, on voit apparaître la Chapelle musicale Reine Elisabeth (75.000) et Musica Luminis (140.000). On compte également six nouveaux venus dans le domaine des musiques non classiques, deux dans le théâtre-action, quatre dans le théâtre jeune public, dont La Montagne magique (120.000), et neuf dans le théâtre adulte.

Certains font la grimace

Le montant total de ces contrats-programmes s’élève désormais à 93 millions d’euros par an. La ministre de la Culture avait en effet été suivie par l’ensemble du gouvernement de la Fédération pour revaloriser l’enveloppe globale de 10 millions d’euros, soit 12 % d’augmentation. « Ce rattrapage, dit la ministre, combiné avec l’indexation des contrats-programmes, désormais inscrite dans le décret des arts de la scène, offre enfin au secteur la stabilité requise pour assurer des perspectives stables qui vont soutenir les conditions nécessaires à la création. »

Si l’ensemble de ces décisions devrait faire de nombreux heureux, notamment parmi les nouveaux élus, d’autres risquent de faire la grimace. Quelques opérateurs voient en effet leur subvention diminuer (c’est particulièrement le cas de la compagnie Tandem, de la chorégraphe Michèle Noiret, qui passe de 475.200 euros à 350.000 euros) ou même disparaître totalement. Les uns ont reçu un avis négatif (quinze parmi les nouveaux opérateurs), les autres sont redirigés vers d’autres sources de subventionnement (trente au total). Enfin, treize opérateurs qui bénéficiaient déjà d’un contrat-programme n’ont pas été reconduits et devraient entrer, au 1er  janvier prochain, dans un processus de « phasing out ».

Parmi les opérateurs qui disposaient d’un contrat-programme ou d’une convention et qu’on ne retrouve pas dans la liste des nouveaux contrats-programmes, on relève notamment les noms du Groupov (qui a fait une demande d’aide pluriannuelle plutôt que de contrat-programme), du Théâtre de Toone (désormais versé en patrimoine, il n’a pas fait de demande de contrat-programme), mais aussi du Théâtre de la Valette, du Magic Land Théâtre ou encore du Poème 2 (en théâtre) et des compagnies As Palavras, Hybrid ou José Besprosvany en danse.

Des années d’attente

Déjà envisagée à l’issue des Etats généraux de la Culture mis en place par la ministre de l’époque, Fadila Laanan, à partir de 2004, cette remise à plat généralisée était espérée à la fin du mandat de celle-ci en 2014. Elle dut finalement y renoncer, passant le relais à Joëlle Milquet qui lui succédait. C’est finalement Alda Greoli qui a fait aboutir la chose à l’issue d’un processus de près d’une année entre la remise des dossiers, l’examen de ceux-ci par l’administration puis les instances d’avis et, enfin, la prise de décision finale au sein du cabinet de la ministre de la Culture.

 

Dix mois pour affiner les choix

Le 18 janvier 2017, tous les dossiers de demande fournis par les opérateurs devaient être déposés. Il a fallu plusieurs étapes pour arriver aux contrats-programmes présentés ce jeudi par Alda Greoli.

Temps de lecture: 3 min

O n est déçu, nous dit Baudouin Litt, de l’Espace Catastrophe, un des hauts lieux des arts du cirque en Fédération Wallonie-Bruxelles. Bien sûr, nous sommes augmentés, mais il s’agit d’un contrat-programme de cinq ans et dans deux ans, nous devons déménager dans un nouveau lieu où nos activités vont prendre une tout autre ampleur. La somme qui nous est allouée ne tient pas compte de cela et nous ne savons pas s’il y aura possibilité de voir celle-ci augmenter dans deux ans. D’un autre côté, il faut reconnaître qu’il y a une avancée pour le secteur des arts du cirque et de la rue, mais il reste beaucoup de chemin à faire. Nous recevons 120.000 euros en plus, mais le Théâtre National en reçoit 500.000. »

Si Alda Greoli affirmait jeudi qu’elle pouvait se présenter devant le secteur sans avoir à rougir de ce qu’elle, l’administration, les instances d’avis et ses collaborateurs avaient accompli, elle sait aussi qu’elle va devoir faire face à de nombreuses critiques de la part des déçus qui ne manqueront pas de lui reprocher telle promesse non tenue, telle augmentation non accordée, telle subvention retirée. Pour y faire face, elle met en avant le processus mis en place.

Trois phases d’examen

Le 18 janvier 2017, tous les dossiers de demande fournis par les opérateurs devaient être déposés. En février, l’administration commençait l’examen de ceux-ci et retenait 295 demandes déclarées recevables, dont 66 « nouveaux venus ». De mars à juin, les instances d’avis des divers secteurs analysaient chacun des dossiers. C’est en tout cas ce qui était prévu de manière un peu optimiste. Dans les faits, certaines instances d’avis ont eu besoin de plus de temps, cette étape se terminant à la mi-septembre. Au même moment, lors de la négociation du budget 2018, le gouvernement acceptait de suivre la ministre de la Culture, proposant une augmentation de 10 millions d’euros du budget arts de la scène, ainsi porté à 93 millions. Un apport bien nécessaire pour répondre aux demandes du secteur qui, additionnées, se montaient à 130 millions. En additionnant les propositions des instances d’avis, on arrivait encore à 115 millions. Soit 22 de trop. C’est au cabinet de la ministre de la Culture qu’il est alors revenu de trancher.

« Nos critères de base ont été le pourcentage de la part artistique, celui de l’emploi et celui des recettes propres, explique la ministre. Nous avons croisé cela avec une série d’autres éléments, dont l’avis des instances. Tous les avis positifs ont été suivis automatiquement, à quelques exceptions près. Nous avons ainsi sorti ceux qui avaient déjà un autre contrat-programme, notamment en tant que centre culturel. Pour les dossiers sur lesquels les instances avaient émis des réserves, nous avons fait une analyse pointue sur la nature de celles-ci, les justifications. Et pour les avis négatifs, nous avons généralement suivi les recommandations des instances, sauf quand une appréciation nous semblait moins pointue que nécessaire. Ce qui a permis de proposer d’autres solutions dans quelques cas. »

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0 Commentaire

  • Posté par Michel Raurif, jeudi 23 novembre 2017, 18:22

    Pour les commentaires les lecteurs du Soir peuvent toujours aller se brosser !!!!

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