Double accident de train à Morlanwelz: deux ouvriers morts et sept blessés, dont deux graves

© Belga
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C’est un accident ferroviaire tragique qui a eu lieu lundi soir, peu avant 20 heures, à Morlanwelz : un train « fou » a fauché plusieurs agents d’Infrabel qui travaillaient sur la voie, avant de percuter un train de passagers dans les environs de La Louvière. Les circonstances de ce double accident restent toutefois encore peu claires.

Ce que l’on sait, c’est qu’un accident entre un train et une voiture a eu lieu en matinée à hauteur du passage à niveau numéro 1 à Morlanwelz sur la ligne 112 (Marchienne-au-Pont-La Louvière). Il était 7 h 26. Le véhicule qui a été heurté s’est ensuite enflammé et les pompiers sont intervenus pour éviter l’embrasement de l’automotrice. Personne n’a été blessé et les passagers du train accidenté ont été évacués, mais l’accident a paralysé la dorsale wallonne entre Mons et Charleroi.

Un train de levage est arrivé sur les lieux

Les équipes d’Infrabel – le gestionnaire du réseau ferroviaire – se sont rendues sur place pour évaluer les dégâts et procéder à la remise en état de la voie endommagée par les flammes dues à la collision (soit remplacer deux portions de six mètres de rail ainsi qu’un boîtier de signalisation).

En fin de journée, un train de « levage » de la SNCB est venu tracter le train endommagé en direction de Charleroi. Pour une raison encore inconnue, ce dernier se serait alors détaché à hauteur de Piéton, et aurait dévalé la pente en direction de La Louvière « sur quatorze kilomètres », a indiqué Luc Lallemand, adminsitrateur-délégué d’Infrabel au cours d’une conférence de presse. Infrabel a précisé que ce train n’était pas motorisé à ce moment-là, mais qu’il s’est déplacé sur son inertie.

Le convoi repasse au même endroit

Le convoi serait alors repassé à l’endroit de l’accident de la matinée, fauchant les travailleurs d’Infrabel qui étaient occupés à travailler à la réfection de la voie. Le bilan à cet endroit est très lourd : les pompiers de La Louvière ont fait état de deux morts et deux blessés graves. La police des chemins de fer a, quant à elle, parlé d’une personne portée disparue, sans que l’on sache avec certitude si cette personne était finalement l’un des deux blessés graves. Selon des témoignages, le train hors de contrôle est arrivé sans réellement faire de bruit, le côté calciné vers l’avant, ce qui le rendait d’autant moins visible. « Un ouvrier a crié, mais malheureusement tout le monde n’a pas eu le temps de s’écarter de la voie », a précisé Frédéric Sacré, porte-parole d’Infrabel.

Le drame, hélas, ne s’est pas arrêté là. Le train « fantôme » a donc poursuivi sa route. « L’alarme a été déclenchée à 19 h 55, a encore précisé Luc Lallemand. La cabine de signalisation de La Louvière a alors coupé le courant sur la ligne, mais sans effet (NDLR, puisque le train roulait sans moteur) ». Sa course folle s’est poursuivie jusqu’à heurter un train de passagers à proximité de La Louvière. Selon nos collègues d’Antenne-Centre, cette collision aurait eu lieu à hauteur de l’Ecomusée de Bois du Luc. Luc Lallemand a, pour sa part, situé le lieu de l’impact « à hauteur de la gare de La Louvière ». Selon le bilan des pompiers, ce deuxième accident aurait fait cinq blessés légers.

Dans la soirée, le ministre fédéral de la Mobilité, François Bellot (MR), s’est rendu sur les lieux de l’accident. Outre Luc Lallemand, il a été rejoint par l’administratrice déléguée de la SNCB, Sophie Dutordoir. Les deux patrons des chemins de fer ont exprimé leurs condoléances « aux familles des victimes et à la famille des cheminots ». « Nous allons bien entendu collaborer avec Infrabel pour faire l’analyse de faits », a ajouté Sophie Dutordoir. François Bellot a exprimé sa « solidarité pour tous ces travailleurs qui s’investissent nuit et jour quelles que soient les conditions météo et les circonstances ». Il a en outre indiqué qu’il faudrait « attendre le déroulé de l’enquête » avant d’en savoir plus sur les causes de ce drame.

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