Trois stagiaires sur quatre trouvent un emploi dans l’année

Les femmes restent moins nombreuses dans les formations qualifiantes malgré des cours spécifiques pour elles.
Les femmes restent moins nombreuses dans les formations qualifiantes malgré des cours spécifiques pour elles. - Pierre-Yves Thienpont.

L a motivation première des personnes suivant une formation n’est pas l’argent gagné durant celle-ci mais bien la perspective de décrocher un emploi stable par la suite. Aujourd’hui, nous démontrons l’intérêt de suivre une formation qualifiante grâce au taux de sortie vers un emploi de qualité. » Didier Gosuin (Défi), ministre de la Formation et de l’Emploi, se montre plutôt positif ces derniers temps. Il sait très bien que la diminution du taux de chômage à Bruxelles est due en partie grâce à une conjoncture plus favorable que par le passé. Cependant, ces résultats sont aussi le fruit d’une amélioration des formations qualifiantes proposées et qui conduisent vers un emploi.

Depuis 2004, Bruxelles Formation organise chaque année une étude baptisée Ulysse. Cette enquête téléphonique est menée auprès des personnes ayant suivi une formation qualifiante l’année précédente. Pour 2017, la moitié des anciens stagiaires se sont prêtés au jeu, ce qui constitue un échantillon représentatif. Concernant le profil des stagiaires, on constate une baisse de la moyenne d’âge et du niveau d’études. Les hommes sont aussi plus nombreux car les formations portent plutôt sur les domaines industriels ou logistiques, des sphères traditionnellement plus masculines.

« Les personnes connaissant une sortie positive, à savoir celles qui décrochent un emploi ou reprennent des études ou une formation est de 76,5 %, explique Olivia P’tito, directrice de Bruxelles Formation. Nous revenons ainsi au taux de 2012. On voit également que le taux de mise à l’emploi dans l’année est de 73 %. Et en moyenne, les personnes ont travaillé 9,3 mois. Par contre, comme dans l’ensemble du marché du travail, on note une diminution des CDI pour une hausse des contrats à durée déterminée. Ces données sont importantes pour nous car nous voyons que nos formations mènent vers un emploi de qualité. »

Évidemment, les taux de mise à l’emploi varient selon les secteurs (lire ci-contre). Par contre, une donnée intéresse particulièrement le ministre de l’Emploi. Alors que depuis des années, le nombre de postes dans la capitale reste stable, on constate aujourd’hui que le nombre d’emplois détenus par les Bruxellois augmente. « En décembre 2014, les Bruxellois occupaient 271.807 postes. En juin 2016, nous étions à 280.731, précise Didier Gosuin. Cela montre que nos habitants sont mieux formés qu’avant et que nos cursus correspondent mieux à la demande des sociétés. »

Bruxelles Formation a en effet travaillé pour obtenir une meilleure correspondance entre les stagiaires et les demandes des entreprises. « Nous avons conclu certains accords avec des sociétés comme Veolia pour qu’elles nous aident à mieux répondre à leurs besoins, ajoute Olivia P’tito. Nous pouvons réaliser des formations réellement sur-mesure. Nous venons aussi de conclure un partenariat avec Securitas pour mettre sur pied une formation répondant à la réalité du terrain. En échange, ils s’engagent à engager nos stagiaires. »

Si les entreprises semblent aujourd’hui plus satisfaites du service, les stagiaires le sont aussi puisque 84 % trouvent que leurs cours ont été utiles. « Le regard sur la formation évolue de manière positive, se réjouit Didier Gosuin. C’est un réel travail de fond que nous menons pour enregistrer cette diminution du chômage. A cause de la croissance démographique que connaît la capitale, les efforts doivent être démultipliés par rapport à ceux des autres Régions. »

De manière plus générale, Bruxelles Formation mène un travail d’évaluation de ses formations qualifiantes, certains métiers n’étant plus nécessairement pertinents et, au contraire, d’autres secteurs cherchent rapidement de la main-d’œuvre. « Nous devons être attentifs aux demandes des employeurs, c’est essentiel », conclut Olivia P’tito.

La santé en tête

Selon le domaine de formation, le taux de mise à l’emploi varie. Le premier secteur à engager les stagiaires de Bruxelles formation est celui de la santé avec 89,5 % de taux de mise à l’emploi. Viennent ensuite ceux de l’Horeca (83,9 % de remise à l’emploi) même si ce chiffre est à prendre avec des pincettes car on compte peu de stagiaires en 2016, les transports et logistiques (78,4 %), le commerce (75,4 %) et la construction (73,5 %). En bas de classement, on retrouve étrangement les technologies de l’information et communication (TIC) avec un taux en baisse (71,2 %), les métiers techniques et de l’industrie (68,1 %) et enfin les métiers administratifs (63,5 %). Grâce à ces résultats, Bruxelles Formation peut mieux réorienter les cursus qui ne semblent pas correspondre à la demande du marché du travail.

 
 
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