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Les cannes de Pierre Vanherck font pétiller les bulles de l’élégance

Il avait quitté son métier pour vivre de sa passion pour les bois précieux. L’homme est aujourd’hui coté sur le marché.

Portrait - Journaliste de la cellule wallonne Temps de lecture: 3 min

Quelques cylindres d’argent sertis dans du palissandre, un bois dur, très veiné, pour représenter des bulles de champagne, dont la bouteille est stylisée sur une pastille d’argent sertie dans le pommeau.

La nouvelle canne de Pierre Vanherck a été dévoilée ce jeudi soir à l’occasion de la cérémonie de remise du Prix Champagne 2018 qui a été décerné à cet artisan d’art de Lillois par le Comité Champagne et le Bureau du Champagne du Benelux (voir ci-contre). Une distinction qui ravit l’homme âgé de 53 ans, qui ne pensait jamais un jour pouvoir vivre uniquement de la vente de ses cannes.

« C’est une distinction qui me fait d’autant plus plaisir qu’elle n’était pas attendue, nous explique Pierre Vanherck. Apparemment, des membres du Comité sont tombés sur une vidéo qui montre mon travail. Selon eux, on peut utiliser pour le champagne tout ce que je dis sur mes cannes. »

L’homme a commencé sa carrière comme électromécanicien et informaticien, avant de tout quitter pour se consacrer à sa passion pour le bois : « Si je pouvais, j’en achèterais tout le temps, mais je dois encore vivre… »

Il voyageait dans sa tête à l’évocation de l’afrormosia ou le mopani de Zambie, l’amourette de Guyane, le cocobolo du Mexique, le bois de violette du Brésil ou encore la noix de Banskia, d’origine australienne, mais il a voulu aller plus loin grâce au compagnonnage. Il se lance alors dans la fabrication de meubles et est reconnu comme artisan d’art par l’Office des Métier d’art du Brabant wallon en l’an 2000. Mais, depuis cinq ans, il assiste à un véritable festival de cannes.

« J’ai vraiment eu beaucoup de chances, sourit Pierre Vanherck. Tout a démarré avec deux ventes aux enchères, dont la plus fantastique a été celle, caritative, réalisée à New York où une de mes cannes a été vendue 45.000 dollars. Depuis, je suis coté sur le marché. »

Il vend au Japon, à Paris ; on lui commande une canne pour le pape Benoît XVI ; il améliore sa technique, pour associer les bois. Il s’adjoint aussi la collaboration de deux graveurs – Pascal Doulière et Maëla Serra de Grav’Art – et de deux bijoutiers – Françoise Zeegers et Marc Degeye. De quoi proposer des cannes à système, dévoilant des montres, des pièces d’argent ou même, commande insolite, un petit objet de plaisir féminin, ainsi que des véritables œuvres d’art, comme cette canne sertie diamants formant, à l’échelle, la Grande et le Petite Ourse. Il invente même la canne olfactive qui distille un parfum grâce à la chaleur de la main.

« L’esprit d’un homme se devine à la manière dont il porte sa canne », disait Honoré de Balzac. Pierre Vanherck peut aujourd’hui « réaliser toutes les envies ! La canne est redevenue tendance. Bien sûr, aujourd’hui, tout homme qui se respecte ne sort pas sa cane comme c’était le cas entre 1850 et 1935, mais l’élégance qu’elle apporte plaît aux nouveaux dandys. Sur dix cannes vendues, sept vont vers cette clientèle. Les trois autres sont acquises par des collectionneurs. »

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