2000 entreprises créées avec Job’in

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Alice Rome a créé son propre magasin qu’elle a baptisé «
Coton urbain
».
Alice Rome a créé son propre magasin qu’elle a baptisé « Coton urbain ». - Michel Tonneau

Dans la boutique d’Alice Rome, les tissus en lin et en coton scintillent de couleurs. « Coton urbain, tissus et mercerie fine » annonce l’enseigne. « Dans la famille, on est couturière de mère en fille, explique la Liégeoise qui vit au-dessus de son magasin, rue des Clarisses. Avant d’ouvrir le magasin, je ne trouvais pas les tissus que j’aimais ou alors il fallait commander via internet. Ce n’est pas toujours commode », explique la couturière qui s’est mis en tête de créer son propre commerce et de vivre de sa passion.

« Mon concept était bien ficelé mais j’avais besoin de conseils pour le montage financier notamment. J’ai eu une dizaine de rendez-vous avec un conseiller de Job’in qui, à intervalles réguliers, m’a donné des tâches à remplir, un peu comme on doit faire ses devoirs. C’était assez efficace. Job’in m’a orienté vers la prime Air Bag de la Région qui octroyait alors 12.000 euros en quatre tranches. Cela m’a permis de réaliser des travaux d’aménagement du magasin », poursuit Alice Rome qui, très vite, a volé de ses propres ailes. Trois ans et demi après l’ouverture, elle tient le coup. « Le commerce marche mais cela reste difficile, notamment au niveau des charges sociales. Mon salaire est minimum mais je fais ce que j’aime ».

En 20 ans d’existence, l’ASBL Job’in a accompagné plus de 2.000 porteurs de projet qui ont créé leur entreprise (lire ci-contre). L’aide peut être ponctuelle comme dans le cas d’Alice Rome ou plus conséquente lorsque Job’in place le porteur de projet dans une couveuse d’entreprises durant une période de 24 mois maximum au cours de laquelle ce dernier lance son activité tout en gardant ses allocations de chômage et en bénéficiant de conseils. « C’est une sorte de test grandeur nature, explique Marine Troisfontaines, directrice de Job’in. Nous ne pouvons rien faire sans la passion qui anime celui qui crée son emploi. Nous apportons les conseils qui permettent de pérenniser l’entreprise ».

Atelier de bijouterie, salon de coiffure, microbrasserie, bar à pâtes, menuisier, maréchal-ferrant, formatrice à la conduite de poids lourds, commerce de vêtements : l’éventail des porteurs de projet aidés par Job’in est assez large. « La plupart comprennent entre 1 et 4 collaborateurs, poursuit Marine Troisfontaines qui est satisfaite du bilan. Sur les 2.000 entreprises créées avec l’aide de Job’in, 61 % sont toujours en activité ».

Active à Liège mais aussi à Verviers, Oupeye, Namur, Nivelles, Sambreville, Job’in compte aujourd’hui 28 collaborateurs et fonctionne avec un budget de 1,5 million d’euros, financé à 70 % par la Région et à 27 % par l’Europe.

« Nous avons connu une période de forte croissance et depuis trois ans, nous stabilisons notre activité notamment parce que d’autres structures d‘aide à l’autocréation d’emploi, similaires à la nôtre, ont vu le jour un peu partout en Wallonie. Nous observons une certaine stagnation des demandes, notamment depuis l’arrêt du prêt lancement par la Région, explique Marine Troisfontaines. Cela a un peu refroidi les ardeurs de certains ».

Création de 2000 entreprises

Au départ, Job’in était un projet-pilote inspiré d’expériences anglaises : favoriser l’autocréation d’emploi par une série de conseils à la fois financiers, juridiques et commerciaux. Aujourd’hui, Job’in compte 28 collaborateurs sur 7 antennes et a vu passer 25.000 personnes en 20 ans aux différentes séances d’information. Sur une période de 3 ans, le taux de pérennité des entreprises est de 82 %. Sur les 2000 entreprises aidées par Job’in, 61 % sont toujours en activité et ont généré 1000 emplois supplémentaires. En Wallonie, les 12 structures similaires ont contribué à la création de 5200 entreprises.

Poursuivez votre lecture sur ce(s) sujet(s) :Internet|Commerce de détail|Région wallonne
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