Un parc d’attractions sur le site du haut-fourneau B d’Ougrée

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Garder une trace du patrimoine sidérurgique à Ougrée
? Gilles Foret, député fédéral et conseiller communal à Liège, et Fabian Culot, député wallon et chef de groupe à Seraing, proposent un parc d’attractions pour le site du haut-fourneau B.
Garder une trace du patrimoine sidérurgique à Ougrée ? Gilles Foret, député fédéral et conseiller communal à Liège, et Fabian Culot, député wallon et chef de groupe à Seraing, proposent un parc d’attractions pour le site du haut-fourneau B. - Y. Albert.

Quel avenir pour le haut-fourneau B d’Ougrée, situé face au stade du Standard, de l’autre côté de la Meuse ?

Actuellement mis sous cocon par ArcelorMittal suite à la fin de la sidérurgie à chaud dans le bassin liégeois, les pistes de reconversion du site sont étudiées.

Certains prônent de raser le tout pour que les terrains servent à l’accueil de nouvelles entreprises. D’autres souhaitent un musée « classique », avec le maintien du haut-fourneau et une activité purement pédagogique. D’autres encore proposent des projets innovants loin d’être dénués de sens.

Ainsi, Gilles Foret (député fédéral et conseiller communal à Liège) et Fabian Culot (député wallon et chef de groupe à Seraing), deux élus du Mouvement réformateur (MR), plaident pour l’instant pour l’installation d’un parc d’attractions à cet endroit.

« Le contexte social actuel permet de débattre de manière plus sereine que lorsque l’on évoquait des pistes de reconversion des sites sidérurgiques liégeois dans la foulée de l’annonce de leur fermeture. Aujourd’hui, même les organisations syndicales prônent une conservation de notre patrimoine », note Fabian Culot.

« Un projet ambitieux »

Son homologue principautaire, Gilles Foret, renchérit : « Il faut un réel projet ambitieux. Un musée n’a qu’une force d’attractivité limitante. Il est important de sauvegarder un témoin de l’épopée industrielle liégeoise et, plus largement, wallonne. Mais cette sauvegarde ne pourra se faire que si elle est accompagnée d’un projet économique ambitieux tourné vers l’avenir, qui attirera les gens, créera de l’emploi et mettra bien en valeur le haut-fourneau, avec une vie tout autour. »

Et le libéral réformateur de se baser sur un benchmark (NDLR, une technique marketing ou de gestion de la qualité qui consiste à étudier et analyser les techniques de gestion, les modes d’organisation des autres entreprises afin de s’en inspirer et d’en tirer le meilleur) des parcs d’attractions voisins, qui attirent des centaines de milliers de visiteurs.

Si les élus libéraux souhaitent partir sur l’idée d’un parc d’attractions style Walibi, Phantasialand ou Efteling plutôt que sur le tourisme patrimonial industriel, c’est d’une part parce que ce type d’offre est déjà présent (Blegny Mine, le Pass à Frameries…) et que, d’autre part, « le patrimoine industriel se porte mal avec des chiffres de fréquentations plus bas que ce qu’on a connu en 2004, là où les attractions récréatives progressent entre 14 et 24 %. »

Bien évidemment, la réalisation d’un tel projet présente des obstacles, comme le démantèlement, la dépollution, l’affectation au plan de secteur et le financement global. Sauf que plusieurs acteurs pourraient intervenir.

Préparer le terrain

On sait déjà qu’il est prévu qu’ArcelorMittal démonte les installations et dépollue le site, par exemple. De nombreux opérateurs comme la Région wallonne, l’Agence de développement économique liégeoise (SPI) ou encore les pouvoirs locaux pourraient intervenir de manière simultanée. « À nous de préparer le terrain pour attirer un partenaire privé », commente Gilles Foret.

Le débat est donc lancé, tandis que le défi est de taille. Mais il pourrait constituer un réel redéploiement d’un site ô combien emblématique du bassin liégeois.

« Il faut quelque chose qui vive »

Par Gaspard Grosjean et G. G.

« Mais il ne faut pas juste garder le HFB pour dire qu’on le garde et qu’au final, il soit un peu comme un trophée qui prend la poussière sur une cheminée », commente Jordan Atanasov, secrétaire régional al de la CSC Metea.

Qui accueille l’idée d’un parc d’attractions très positivement : « Pourquoi pas ! Cela aurait le mérite de combiner l’aspect amusement  avec l’éducatif. Garder le haut-fourneau B, c’est important car c’est un élément emblématique de notre patrimoine qui s’inscrit dans la mémoire collective.  Mais cela ne doit pas empêcher qu’on puisse l’inscrire dans un projet qui soit quelque chose d’actif, qui vive, qui amène des gens et soit évidemment accessible au plus grand nombre.  »

Le syndicaliste appelle à la concertation entre les différents acteurs qui pourraient influencer ce dossier.

Une mobilisation qui s’annonce d’autant plus indispensable car, côté carolo, on se mobilise également pour la préservation du haut-fourneau 4.

Deux projets pourraient-ils se développer en parallèle ? Rien n’est moins sûr. Mais du côté liégeois, une chose est certaine, il est temps de se pencher sur le devenir de celui-ci, quelle que soit l’option qui sera en définitive retenue.

Pour un «projet positif»

Par G. G

Oser évoquer l’idée d’une reconversion de sites sidérurgiques dans la foulée de la fermeture ne passait pas auprès des métallos qui croyaient pouvoir inverser la tendance. La donne a changé : ceux qui y ont travaillé longtemps savent que plus jamais l’acier n’y coulera. Dès lors, c’est un patrimoine qu’il faut préserver.

« Raser et oublier un glorieux passé, c’est non !, lâche Philippe Collinet, opérateur au haut-fourneau B durant 15 ans. Le haut-fourneau est emblématique, il faut faire quelque chose pour sa conservation. À notre époque, un musée n’attire plus grand monde et l’idéal, c’est d’avoir une vraie activité économique, rentable, qui permettrait aussi d’économiser les deniers publics, ce qui n’est pas négligeable à l’heure actuelle. Je suis pour un projet positif. Un parc d’attractions ? C’est imaginatif et original. Cela attirerait du monde.  »

 
 
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