Des seniors transmettent leur savoir aux jeunes

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Via la plateforme Nabaka, les retraités peuvent transmettent leur savoir-faire en offrant leurs services.
Via la plateforme Nabaka, les retraités peuvent transmettent leur savoir-faire en offrant leurs services. - photonews.

En haoussa, une langue africaine, nabaka signifie « je te donne ». Quand on connaît le rapport des Africains avec leurs seniors et le rôle de transmission que ceux-ci ont envers les jeunes générations, cela prend tout son sens. Car c’est là l’objectif de la plateforme Nabaka : mettre des seniors en contact avec des entreprises, des indépendants ou des particuliers afin de les faire bénéficier de leur expérience.

L’ASBL Nabaka est un concept qui vise à créer un troisième temps, celui de la transmission. « Une fois arrivés à la retraite, les seniors ont accumulé un savoir-faire et une expérience inestimables. C’est une pépite à transmettre, explique Delfina Garcia Vallejo, fondatrice et présidente de la plateforme. Malheureusement, personne n’en profite. Or, si on inclut les seniors dans la société, on deviendra plus créatifs, plus innovants et donc plus productifs. »

En permettant à toutes les générations qui suivent d’aller chercher de l’information chez les seniors, Nabaka veut encourager les liens intergénérationnels. Cette démarche transversale et participative permet de créer un cadre pour les seniors dans lequel ils participent à la vie active et à la société. L’aspect concret de ce projet favorise donc la cohésion sociale et met aussi les seniors en lien avec d’autres seniors.

C’est dans cette optique que la Ville de Bruxelles soutient cette plateforme. « Ce ne sont pas seulement 35.000 seniors, mais 35.000 passeurs d’expérience que nous comptons. Cette réalité montre que Bruxelles est riche de savoirs qui ne demandent qu’à être partagés », déclare Alain Courtois (MR), échevin en charge des seniors. C’est aussi un des points clé de Nabaka que de faire changer les mentalités. « Il est important de ne plus voir les seniors comme des retraités, sous-entendant qu’ils sont en retrait de la société, mais bien de les considérer comme des passeurs de savoir et donc comme une réelle source de connaissances », explique Delfina Garcia.

Pourtant, il reste quelques petites barrières à franchir pour les seniors avant de s’inscrire sur la plateforme. « Lors de l’inscription, vous devez remplir quelques questions très faciles telles que votre nom, votre âge ou votre profession, explique Jacques Bredael, retraité depuis une vingtaine d’années. Après cette étape, ça se complique un peu car on nous demande d’expliquer nos compétences. Mais nous avons été élevés dans une société où on nous habitue à être modestes. Alors il faut passer au-delà et oser mettre en avant ce qu’on sait faire. »

C’est aussi pour cela que Delfina Garcia souligne l’importance d’exprimer de la reconnaissance et de la gratitude envers les seniors et leur savoir-faire. D’une question sur l’architecture, à une demande de recette de cuisine, en passant par de la couture, ce type d’apprentissage permet, selon elle, de donner du sens à ce qu’on apprend. L’aspect humain de l’échange est aussi quelque chose qu’elle veut mettre en valeur. « Nabaka devient un nouveau moteur de recherche. Au lieu de passer des heures à chercher des informations sur internet, il est plus simple de contacter un aîné qui a l’expertise et le temps de la partager. »

Alors que l’inscription à la plateforme coûte 60 euros par an pour les seniors, Nabaka ne sait pas encore si elle va rendre l’accès payant aussi pour les demandeurs de service.« Nous voulons faire prendre conscience de la valeur de cet échange car il manque parfois de gratitude. Mais c’est en discussion. »

Un nouveau statut

Le travail des pensionnés est soumis à un cadre légal qui prend en compte de nombreux paramètres. En fonction d’un statut de salarié ou d’indépendant, le senior est dans l’obligation de respecter des limites de revenus.

Un nouveau statut devrait être accordé aux pensionnés le 1er janvier 2018. Les règles de limitation de cumul entre revenus annexes et pension resteront cependant d’application.

Ce nouveau statut permettrait de pouvoir bénéficier d’un revenu exempté de cotisations fiscales de 1.000 euros par mois et  6.000 euros par an maximum. Le Conseil national du Travail et le Conseil d’Etat doivent encore remettre leur avis.

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