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Perquisitions chez Belfius et Dexia dans le cadre des Panama Papers

En avril 2016, une ex-filiale luxembourgeoise de Dexia (Experta) était au cœur des Panama Papers. Elle a créé plus de 1.600 sociétés offshore, notamment pour des clients belges. Une enquête est en cours.

Chef du service Enquêtes Temps de lecture: 3 min

Ce mardi, les inspecteurs de la financière ont perquisitionné la tour Rogier, à Bruxelles. Autrement dit le siège de la banque Belfius. Une mission effectuée à la demande du juge d’instruction Michel Claise. L’information nous a été confirmée par la porte-parole du parquet de Bruxelles, Ine Van Wymersch.

La cellule anti-fraude de la police fédérale enquête depuis plusieurs mois sur un dossier lié aux Panama Papers, scandale financier révélé en avril 2016 par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), dont Le Soir fait partie.

Deux de rang

Cette perquisition chez Belfius est directement liée à l’enquête sur les centaines de sociétés écrans, créées dans les « années Dexia » (l’ancêtre de Belfius), par l’une de ses filiales : Experta. De nombreuses données informatiques ont été saisies par les enquêteurs, qui cherchent à évaluer l’ampleur de l’évasion fiscale organisée à l’époque par le groupe Dexia.

Dans la foulée, les enquêteurs se sont rendus dans les bureaux de Dexia. « Après être passé chez Belfius, la même équipe est venue chez Dexia. Avec un mandat de perquisition. Et nous avons prêté notre collaboration. Ils cherchaient des informations sur Experta », confirme Fabienne Carlier, porte-parole de Dexia, le holding franco-belge chargé de liquider les derniers actifs du groupe.

Le roi de l’offshore

Pour rappel, le « dossier Experta » était l’un des révélations phares du volet belge des Panama Papers. Le Soir et ses partenaires du Tijd et de Knack y expliquaient qu’Experta, filiale luxembourgeoise du groupe franco-belge Dexia, avait créé plus de 1.600 sociétés offshore auprès du cabinet panaméen Mossack Fonseca. Cette statistique permettait à Experta d’être le premier client de Mossack Fonseca à l’échelle mondiale, d’après l’analyse des 11,5 millions de documents des Panama Papers en notre possession.

Pire. Sauvé de la noyade en 2008 par l’argent du contribuable belge (trois milliards d’euros), le groupe Dexia a poursuivi son activité de création d’offshore à gogo via sa filiale luxembourgeoise Experta, permettant ainsi à de nombreux contribuables belges d’éluder l’impôt. Autrement dit, pendant qu’on injectait l’argent du contribuable dans le Groupe Dexia d’un côté, une filiale de ce même groupe poussait certains Belges à faire de l’optimisation fiscale de l’autre. Au grand dam de la trésorerie du Royaume.

Un « quartier général » trop présent

Dans l’un des documents des Panama Papers, un membre du personnel d’Experta se plaignait du fait que « chaque décision doit être approuvée par le quartier général, ce qui freine le développement de notre business ». Qu’entend-il par le terme « quartier général » ? C’est notamment ce qu’essayent de comprendre les enquêteurs belges. La maison-mère d’Experta était à l’époque la Banque internationale à Luxembourg (BIL), elle-même filiale du groupe Dexia de 1996 à 2011. Et, au sein du conseil d’administration de la BIL, siégeaient notamment Jean-Luc Dehaene, Stefaan Decraene, Jacques Rogge, François Narmon ou Axel Miller.

En 2011, après le démantèlement du groupe Dexia, la filiale Experta et sa maison-mère BIL ont été revendues à un fonds qatari.

 

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1 Commentaire

  • Posté par Etienne Van den Eeckhoudt, mardi 5 décembre 2017, 19:28

    Je suppose que le compteur tourne quand les commentaires sont postés. Je suppose également que le compteur est mis à jour au fur et à mesure que le modérateur éjecte des commentaires. Maintenant, il y a peut-être une autre explication.

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