Le meurtrier d’un Ucclois écope de 28 ans

Photo prétexte. © D.R.
Photo prétexte. © D.R.

La condamnation, mercredi, à 28 ans de réclusion de Zouhair Chakiri, 38 ans, qui répondait du meurtre de Jephté Vanderhoeven, un Ucclois de 56 ans, sanctionne tout autant un crime sauvage qu’un accusé arrogant qui n’avait pas hésité, peu avant le procès, de menacer explicitement depuis sa prison la commissaire de la PJ Nathalie B. : « C’est maintenant que le jeu commence. C’est très facile d’obtenir l’adresse de n’importe qui ».

Cet accusé, avait expliqué aux jurés l’avocat général Yves Moreau, « fait partie des hommes les plus dangereux qu’il m’a été donné de croiser dans ma vie. Et Dieu sait que j’en ai croisé ».

Le 3 février 2014, le corps de Jephté Vanderhoeven, avait été découvert dans son appartement de l’avenue de Messidor à Uccle par son assistante ménagère. Il gisait dans son lit. Les draps étaient ensanglantés. Ses bras étaient liés dans le dos. Sa bouche était bâillonnée. Il avait été frappé de plusieurs coups de couteau. Le quinquagénaire était connu pour accueillir occasionnellement dans son appartement des hommes qu’il rémunérait pour des aventures sans lendemain.

Arrêté à Luxembourg

La police scientifique avait identifié des empreintes appartenant à Zouhair Chakiri, en fuite. Il avait aussi tenté d’effectuer deux retraits de 500 euros, le 2 février 2014, depuis un distributeur de billets à Forest. Les deux cartes bancaires de Jephté Vanderhoeven avaient été emportées par le meurtrier, ainsi qu’une somme de 70 euros. Les transactions avaient échoué en raison d’erreurs du code Pin. Les caméras de surveillance avaient enregistré les images de Chakiri. Le suspect avait finalement été arrêté à Luxembourg après avoir été impliqué dans une bagarre au couteau.

Il n’avait reconnu les faits que peu avant l’ouverture du procès, expliquant jusque-là, avoir été « envoûté » par une femme et avoir agi hors de sa conscience. Il avait finalement admis avoir tué la victime lors d’une soirée alcoolisée au cours de laquelle ils avaient consommé de la cocaïne.

L’accusé, ancien chauffeur à la RTBF et employé de la Communauté française, avait fait état de ses conquêtes amoureuses, dont des femmes plus âgées que lui «  qui subvenaient à ses besoins ». Son épouse était venue témoigner de violences infligées par l’accusé.

Sa défense avait tenté de faire valoir que le vol des deux cartes bancaires et des 70 euros ne fut pas le mobile du crime, mais fut consécutif à celui-ci, ce qui, au tarif pénal, est différent d’un «  meurtre pour faciliter le vol  ».

Les jurés ont rencontré les réquisitions sur la culpabilité de l’avocat général Yves Moreau, sans suivre la partie civile qui estimait qu’un mobile homophobe avait déclenché le geste meurtrier de Chakiri.

 
 
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