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Nouvelle offre de trains: l’ambitieux pari de la SNCB

Le nouveau plan de transport, qui prévoit une importante augmentation de l’offre de trains, entre en vigueur ce dimanche 10 décembre. La suppression parallèle de certaines lignes inquiète des navetteurs.

Analyse - Journaliste au service Economie Temps de lecture: 4 min

C’est une vieille tradition ferroviaire : c’est, par convention, le deuxième dimanche du mois de décembre que les compagnies de chemins de fer européennes adoptent leurs nouveaux horaires. Des changements qui peuvent être mineurs ou de grande ampleur. C’est ce deuxième cas de figure que les usagers de la SNCB vont affronter ce week-end, alors que l’entreprise voit entrer en vigueur son nouveau plan de transport. Le précédent remontait à 2014.

Concrètement, davantage que des changements d’horaires, ce sont des trains supplémentaires qui font leur apparition dans l’« indicateur » des chemins de fer. Car la SNCB a décidé d’étoffer son offre de 5,2 %, soit 3,9 millions de trains-kilomètres en plus (traduisez : 3,9 millions de kilomètres supplémentaires parcourus par les trains en une année). Cette augmentation a lieu en réalité en plusieurs phases. Il y a un an déjà, une première vague (+ 0,8 %) de nouvelles relations avait été mise en œuvre. Le gros de l’amélioration de l’offre (+ 3,8 %) aura cependant lieu ce week-end. Viendront encore deux petites hausses (0,3 % à chaque fois) en décembre 2018 et 2019. A cette échéance, la SNCB affichera 79,685 millions de trains-kilomètres annuels.

Difficile en quelques lignes de faire le détail de ces nouveaux trajets. Au total, « 86 gares verront leur desserte renforcée tout au long de la journée pendant la semaine, indiquait la SNCB à l’annonce de ce nouveau plan. En outre, 114 gares et points d’arrêt seront mieux desservis pendant les heures de pointe, ainsi que tôt le matin et tard le soir (NDLR, rappelons que plusieurs premiers et/ou derniers trains avaient été supprimés en 2014). Le week-end, ce seront plus de 120 gares qui verront leur desserte s’améliorer ».

L’essentiel de cet effort (environ 70 %) portera sur les réseaux suburbains de Bruxelles, Charleroi, Liège, Anvers et Gand. Ainsi, autour de la capitale, c’est l’amplitude des relations de l’offre S qui sera étendue. Pour rappel, il s’agit d’une sorte de « pré-RER » dans l’attente du Réseau express régional, qui ne devrait être complètement achevé au mieux qu’à la fin de la prochaine décennie. La SNCB assure par ailleurs que la mobilité dans les zones rurales sera également améliorée grâce à ce nouveau plan de transport. L’opérateur ferroviaire promet aussi une amélioration de sa vitesse commerciale de 3 % sur les 100 trajets les plus fréquentés du pays.

Pour la SNCB, l’objectif est clairement, par cette augmentation de l’offre, d’attirer davantage de voyageurs. Dans son plan d’entreprise 2018-2022, l’administratrice-déléguée de la SNCB, Sophie Dutordoir compte que la compagnie transportera près de 250 millions de voyageurs d’ici 2022 (contre 235,5 millions attendus cette année). Un pari ambitieux, dans un contexte général de restrictions budgétaires (diminution des dotations) imposées par le gouvernement aux entreprises ferroviaires (SNCB et Infrabel).

C’est que pour l’entreprise, ce plan de transport a un coût (personnel, énergie, matériel…). Pour ne pas creuser davantage sa dette déjà colossale (plus de 2,6 milliards d’euros fin 2016), la SNCB doit donc améliorer son résultat opérationnel. L’augmentation de l’offre doit permettre de dégager un supplément de chiffre d’affaires de l’ordre de 81 millions d’euros par an d’ici 2022, pour autant que la patronne, qui est en train de négocier un nouveau contrat de gestion avec le ministre fédéral de la Mobilité, François Bellot (MR), obtienne davantage de liberté pour fixer les tarifs.

La croissance du trafic impliquera également pour l’entreprise d’augmenter la disponibilité de son matériel roulant. Cela se traduira par d’importants investissements (près de 2,3 milliards d’euros sur les cinq prochaines années) pour acheter de nouveaux trains – les futures voitures à double étage M7 qui commenceront à être livrées fin 2018 –, rénover le parc actuel et plus généralement, améliorer la maintenance.

Autre défi : trouver le personnel pour faire rouler ces trains supplémentaires. Pour assurer la réussite du plan de transport, la SNCB a dû procéder à de nombreux recrutements en 2017, de sorte qu’après avoir perdu près de 2.400 équivalents temps-plein au cours des trois dernières années (passant de 20.628 début 2014 à 18.195 début 2017), les effectifs de la SNCB sont légèrement remontés cette année (à 18.319 ETP). Mais la baisse devrait redémarrer dès l’année prochaine, même si la SNCB assure qu’elle procédera au remplacement poste pour poste du personnel roulant (conducteurs et accompagnateurs) qui accédera à la pension.

 

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1 Commentaire

  • Posté par Claude Binamé, vendredi 8 décembre 2017, 12:32

    N'auriez-vous pas pu publier la liste des principales améliorations ? Merci d'y penser.

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