Gymnastique: l’ex-médecin Larry Nassar condamné à 60 ans pour pédopornographie

©KOWALSKY/AFP
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Il a été condamné à 20 ans de réclusion, la peine maximale, sur chacun des trois chefs d’inculpation pour lesquels il avait plaidé coupable devant le tribunal fédéral de Grand Rapids, dans le nord des États-Unis.

Plus de 37.000 images et vidéos pédopornographiques avaient été retrouvées dans les disques durs de ses ordinateurs, selon les enquêteurs.

« Je n’ai aucun doute sur le fait qu’il a des remords », a réagi devant la presse l’une de ses avocats à la sortie du tribunal, refusant de commenter la sentence.

Larry Nassar doit encore connaître les décisions attendues en janvier de deux autres cours de l’État du Michigan dans le volet principal de l’affaire qui concerne des accusations d’agressions sexuelles sur au moins 125 athlètes, dont des membres de l’équipe féminine olympique médaillée aux Jeux de Londres (2012). Il a plaidé coupable pour dix chefs d’inculpation et risque la prison à perpétuité.

Ses victimes avaient moins de 15 ans lors des agressions qui se sont déroulées de 1998 à 2015. Le médecin se livrait à des attouchements sur les jeunes filles en prétextant des massages pour soigner des blessures au dos ou aux hanches.

Aly Raisman, McKayla Maroney et Gabby Douglas, toutes trois médaillées d’or olympique, figurent sur la longue liste des victimes du Dr. Nassar. Elles avaient décidé de s’exprimer publiquement après la cascade mondiale de révélations d’abus sexuels déclenchée par l’affaire Weinstein.

« Je ne suis pas une victime, je suis une survivante », a écrit Aly Raisman dans un texte publié jeudi, réclamant des changements « dans les systèmes qui ont encouragé les agresseurs sexuels ». Elle s’en est prise à la Fédération américaine, au comité national olympique et à l’Université du Michigan où il était médecin. « Ceux qui ont détourné le regard doivent aussi rendre des comptes », a affirmé la gymnaste aux 6 médailles olympiques dont 3 d’or aux Jeux de Londres (2012) et Rio (2016).

John Manly, l’un des avocats des victimes, a lui aussi dénoncé « un système qui a abandonné ses jeunes femmes pendant 20 ans », lors d’une conférence de presse. Une autre accusatrice, Rachael Denhollander, l’a ensuite qualifié de « plus grand pédophile américain de ces 210 dernières années ».

Rêves olympiques

Le scandale, révélé fin 2016, a ébranlé la discipline et entraîné la démission en mars du président de la Fédération, USA Gymnastics, Steve Penny. Il était accusé d’avoir alerté les autorités trop tardivement au sujet de ces accusations. La fédération a affirmé avoir, depuis, adopté une nouvelle « politique sportive sûre » qui requiert de « rapporter obligatoirement » tout soupçon d’abus sexuel.

©Photonews
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Selon les gymnastes, ses agissements étaient confortés par l’environnement particulier de la gymnastique de haut niveau, où les plaintes et les signes de blessure pouvaient mettre en danger les rêves olympiques.

Larry Nassar, marié et père de trois filles, était considéré comme l’un des meilleurs thérapeutes sportifs et cultivait des relations étroites avec les gymnastes, faisant preuve de moins de sévérité que ses collègues. « Nous protégeons nos athlètes (…) pas seulement physiquement mais mentalement », disait-il en 2013. « Vous devez leur faire savoir que vous vous souciez d’eux (…) Qu’ils le sentent. »

L’ostéopathe avait intégré l’encadrement médical d’USA Gymnastics en 1986, avant d’être nommé coordinateur médical national dix ans plus tard, jusqu’en 2015.

En 1997, il avait en parallèle rejoint la clinique sportive de l’Université du Michigan (MSU). Les premières accusations d’attouchements datent de cette époque mais les plaintes déposées ont été classées sans suite par la MSU. L’université, qui s’est séparée du médecin après les révélations de la presse, est accusée d’avoir tardé à dénoncer les agissements de Larry Nassar. La MSU a assuré après une enquête interne ne pas avoir trouvé de preuve de manquements dans le traitement de ces plaintes.

 
 
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