Trois dirigeants d’entreprise sur quatre favorables à l’épargne-carrière

Une récente étude d’Acerta établit que trois quarts des CEO plaident pour la mise en place de l’épargne-carrière, qui permettrait aux employés d’épargner du temps pour le convertir ultérieurement en jours de congé. Qu’en pensent les employés et cette épargne a-t-elle vraiment des chances de voir le jour ?

L’épargne-carrière est une rémunération alternative à une augmentation de salaire, soumise à cotisations sociales. Si elle voit le jour, elle permettra d’échanger du temps contre des jours de congé. Jours de congé qui pourront être utilisés pour une longue période de vacances, comme un crédit-temps, ou pour avancer le départ à la pension. Selon une étude effectuée par Acerta, prestataire de services RH, auprès de 469 CEO et dirigeants d’entreprise belges, 75 % des patrons y seraient favorables. Une demande à sens unique ? Que du contraire, 70 % des employés, d’après une précédente étude, sont demandeurs de plus de flexibilité et intéressés par la mise en place de l’épargne-carrière.

Pas encore d’accord

Mais si tout le monde est demandeur, qu’est-ce qui coince dans l’application ? « Le marché de l’emploi est prêt et un cadre législatif est nécessaire mais les partenaires sociaux n’ont pas encore trouvé d’accord », regrette Olivier Marcq, juriste chez Acerta. « La loi Peeters sur la loi relative au travail faisable et maniable fixe le cadre mais le gouvernement l’a envoyé pour avis aux partenaires sociaux afin de trouver un accord intersectoriel. »

Les divergences actuelles se situeraient sur le montant futur de la pension pour les syndicats, et de règles et de limites à fixer pour les employeurs afin de garantir un effectif suffisant à la bonne marche des entreprises. Et on ne parle ici que de temps à épargner ! Car les employés sont aussi prêts à convertir une partie de leur salaire en congés supplémentaires. Il « suffirait » ici d’un arrêté royal permettant d’échanger des primes en argent, comme la prime de fin d’année, contre des jours supplémentaires.

Un compromis pour tous

Et si aucun accord intersectoriel n’est trouvé ? « Les partenaires ont eu six mois supplémentaires pour y parvenir et une pression repose sur leurs épaules, souligne Olivier Marcq. Sans accord d’ici au 1er février 2018, il n’y aura pas de système unique pour tous les secteurs. » Concrètement, cela signifie qu’une négociation devrait alors se faire secteur par secteur et en cas de blocage, une entreprise pourrait décider d’elle-même si elle souhaite mettre en place l’épargne-carrière. Ce qui ne serait pas la meilleure solution puisque la mesure ne pourrait pas bénéficier à tout le monde.

« Le compromis idéal serait donc de trouver un accord pour tous les secteurs, assure le juriste d’Acerta. Ainsi, un collaborateur qui change d’emploi, voire de secteur, pourrait conserver son épargne. Mais le système doit aussi protéger les employeurs, en fixant des délais minima de demande, des périodes minimum ou maximum d’absence, par exemple. Des règles qui, somme toute, existent déjà pour le crédit-temps. »

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