Encadrer le vélo en libre service

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Trois sociétés proposent actuellement des vélos partagés dans Bruxelles.
Trois sociétés proposent actuellement des vélos partagés dans Bruxelles. - PASCAL BONNIERE/MAXPPP.

Un arbre, un lampadaire ou un poteau de feu rouge et autour trois ou quatre vélos jaunes ou verts déposés plus ou moins délicatement autour. Cette vue est de plus en plus courante à Bruxelles depuis que plusieurs compagnies proposent à la location des vélos en free floating. Comprenez un vélo partagé que l’on prend et remet où on le désire contrairement aux stations Villo. Seulement, certains critiquent déjà cette pratique. En effet, les bicyclettes sont souvent abandonnées n’importe où, échouées sur les pavés bruxellois. Un spectacle peu réjouissant qui peut donner une impression de saleté surtout lorsque les engins sont hors-service.

Pour éviter les critiques plus importantes lorsque la pratique sera mieux ancrée chez les Bruxellois, le gouvernement a décidé de légiférer avant les beaux jours. Concrètement, à l’initiative du ministre de la Mobilité, Pascal Smet (SP.A), le gouvernement a approuvé en première lecture le projet d’ordonnance sur le cyclopartage.

L’opérateur devra à l’avenir disposer d’une licence, à savoir une autorisation pour mettre à disponibilité des vélos en flotte libre. L’ordonnance réglemente les vélos mais aussi tout autre véhicule qui peut être entreposé en dehors de la chaussée.

Cette réglementation est une première européenne et sera présentée dans les semaines à venir aux différents conseils consultatifs et opérateurs déjà actifs sur le marché bruxellois ainsi qu’aux investisseurs potentiels. « L’investissement du secteur privé dans le cyclopartage permet aux Bruxellois d’avoir plusieurs alternatives à la voiture et renforce la politique vélo que mène la Région, explique Pascal Smet. La Région veut en effet un cadre clair et efficace qui maximalise l’impact positif en matière de mobilité et minimalise l’impact négatif sur l’environnement mais aussi sur de l’espace public et la sécurité routière. »

En plus de l’obligation de détenir une licence, l’ordonnance prévoit des obligations pour les sociétés. Ainsi, les vélos en free floating doivent être en bon état à tout moment et répondre à toutes les exigences techniques de confort et de sécurité. Les vélos endommagés doivent être réparés ou enlevés. Certaines zones seront également interdites au stationnement comme la Grand-Place. Certaines zones comme les gares ne pourront accueillir aussi qu’un nombre limité de vélos afin de ne pas totalement encombrer l’espace. Cela signifie que les sociétés de cyclopartage devront mieux gérer les emplacements de leurs bicyclettes et ne pourront laisser les clients réguler le flux selon l’offre et la demande ou l’heure de la journée.

En plus, et pour être sûr qu’il s’agit bien de moins polluer, les véhicules ne pourront pas être propulsés par un moteur fonctionnant aux combustibles fossiles.

Les opérateurs disposeront de 24 heures pour intervenir en cas d’infraction aux règles. Si tel n’est pas le cas, les pouvoirs publics pourront retirer le vélo mais ils enverront la note à la société. Si elle récidive, l’administration entamera une procédure de médiation qui pourra aboutir à des amendes, voire à la suspension ou au retrait de la licence obtenue.

Le ministre Pascal Smet espère pouvoir présenter son projet d’ordonnance dans le courant de l’année prochaine et que son entrée se fera dans la foulée. En agissant rapidement, il espère ainsi éviter les erreurs commises en ne réglementant pas immédiatement des systèmes comme Uber.

850

Actuellement, quelque 850 vélos sont disponibles via le système du free floating. Les verts de GoBee Bike, les jaunes d’OBike ou les noirs et bleus de Billy Bike : ce sont des vélos « en accès libre », partagés sans station fixe. Deux compagnies proposent des vélos électriques. À ces compagnies, il faut également ajouter Scooty d’Europcar. Le loueur de voiture s’est mis à la location de scooters partagés. Par contre, ici, la location est plus contraignante et un stage d’essai est obligatoire.

Évidemment, ces nouveaux modes de location sont des concurrents directs pour JC Decaux et ses Villo. D’où l’intérêt pour eux de demander au gouvernement bruxellois de légiférer au plus vite.

 
 
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