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Vranken renonce à son «champagne» liégeois

Le nº2 mondial du secteur a été très affecté par la pétition de 6.000 signatures contre son projet. Il annonce avoir définitivement enterré son projet de réaliser du crémant liégeois sur les coteaux de la Citadelle.

Temps de lecture: 3 min

Non, c’est trop tard, c’est derrière nous, explique-t-il. C’est un projet que j’avais et qui remonte à déjà onze ans. Ceux qui voulaient faire ça avec moi sont morts ou à la retraite. Maintenant, c’est fini. » L’homme est catégorique et rien ne le fera plus revenir en arrière. « Depuis, j’ai investi dans des vignobles de “sparkling wines” (vins mousseux) en Californie, en Angleterre et en Camargue. Je suis à la tête d’un groupe coté en Bourse, je ne peux pas tout faire et faire ce que je veux. »

Rappelez-vous. En 2006, Paul-François Vranken, voulant rendre un peu de son succès à la région qui l’a vu naître, avait proposé à la Ville de cultiver deux hectares de vignes sur les coteaux de la Citadelle.

Le but ? Réaliser un « crémant liégeois », vu que seuls les vignobles cultivés en Champagne peuvent porter le nom de champagne.

Et si le succès était au rendez-vous, il avait déjà dans l’idée de cultiver de nombreux autres hectares sur le versant ouest de la vallée de la Meuse. Le projet prévoyait également de transformer l’église Saint-Antoine en Hors-Château en salon de dégustation, réalisant là un produit d’appel très touristique.

Vu sa force commerciale mondiale – le groupe Vranken produit 18 millions de bouteilles de champagne et vend dans le monde entier –, le succès était quasi certain.

Pétition de 6.000 signatures

Mais patatras, l’utilisation de pesticides en ville, dans un quartier fort habité, avait provoqué un tollé de la part des écologistes et suscité une pétition de 6.000 signatures contre le projet.

« Quand j’ai reçu les 20 centimètres de pages de pétition signées, j’ai été très perturbé, avoue-t-il. Je n’imaginais pas qu’un groupe humain pourrait penser qu’on agirait mal. L’opération n’avait même pas commencé qu’on nous culpabilisait déjà, et à tort ! Sur les 2.600 hectares que nous exploitons, 900 sont déjà en culture biologique. Et nous aurions bien sûr fait de même à Liège. Je me suis senti coupable d’une faute que je n’avais pas commise. Et j’en ai été affecté. »

Aujourd’hui, Paul-François Vranken revient encore de temps en temps à Liège, comme ce mercredi où il est venu soutenir son ami Bernard Eggen, le pâtissier des Guillemins qui a transformé sa rue en véritable rendez-vous gastronomique. Avec 120 bouteilles de Pommery sous le bras. Mais il n’a plus de projets pour sa ville.

Vraiment dommage. Liège a raté une belle opportunité d’ajouter un produit-phare à sa renommée gastronomique, à l’instar de son boulet, de sa gaufre ou de son café liégeois.

 

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