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On reste sur sa (Publi)fin

Le gouvernement wallon s’est saisi du dossier et oeuvre pour que des recommandations soient coulées dans un décret. Du côté Publifin, la volonté de réformer est moins évidente. L’édito de Xavier Counasse.

Édito - Chef du service Enquêtes Temps de lecture: 3 min

À l’origine, il y a eu les comités de secteur. Ces réunions où l’on payait généreusement des élus locaux pour admirer passivement une présentation Powerpoint. Une rémunération garantie même en cas d’absence. Surréaliste. Une révélation qui date d’il y a un an, jour pour jour.

Bon anniversaire Publifin.

Mais on ne peut résumer « l’affaire » à cela. D’ailleurs, seules quatre des 82 recommandations de la commission d’enquête du Parlement wallon visent ces comités bidon.

Cette première révélation a surtout permis d’ouvrir enfin les portes d’une société publique qui cultivait l’opacité à outrance. C’est parti dans tous les sens : salaires exorbitants des dirigeants, non-respect des marchés publics, confiscation des dividendes au profit d’une filiale privée… La commission d’enquête a passé le groupe au peigne fin. Et a tiré ses conclusions, dans un rapport tranché. Et engagé.

Reste à voir ce qu’il adviendra.

En 2009, une autre commission d’enquête (au fédéral sur la grande fraude fiscale) avait publié 108 recommandations. Et la Cour des comptes constatait récemment que seules 44 avaient été suivies. Maigre. Très maigre.

Pour le cas Publifin, à peine six mois se sont écoulés depuis la publication du rapport. Et force est de constater que le gouvernement wallon s’est saisi du dossier. Et œuvre pour qu’une première (grosse) vague de recommandations soit rapidement coulée dans un décret.

Exemple : le ministre de l’Énergie Jean-Luc Crucke veut créer une barrière totalement étanche entre les activités publiques (la distribution d’énergie) et concurrentielles de Publifin. Ce qui casse complètement le modèle liégeois actuel. Qu’on soit d’accord ou pas avec le modèle, Jean-Luc Crucke pose ici un vrai choix politique. Clair, assumé et cohérent avec les recommandations de la commission d’enquête. N’est-ce pas cela qu’on attend de nos dirigeants ?

Il faudra s’assurer que ces textes ne soient pas modifiés au fil des négociations politiques. Pour laisser à la dernière minute la petite faille juridique dont a toujours su profiter Publifin. Mais les premiers gestes posés par le gouvernement wallon sont encourageants (sans être suffisants pour autant).

Côté Publifin, la volonté de réformer est moins évidente. Certes, le travail à accomplir est colossal. Et plus complexe qu’il n’y paraît. Mais il est une décision qui ne peut plus tarder : définir le nouveau cap stratégique du groupe. Savoir si cette intercommunale peut rester active dans l’énergie, l’assurance, la presse et/ou les télécoms. Ou renoncer à certaines activités. Une décision clé qui devrait être portée par les leaders liégeois et les « Wallons de Namur ». Car pour repartir sur de bonnes bases, il faut avant tout fixer ce cap. Pour ce premier anniversaire, voilà ce que l’on peut souhaiter à Publifin.

 

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1 Commentaire

  • Posté par Bernard Dropsy, mercredi 20 décembre 2017, 13:46

    Il faudrait une vraie volonté politique pour régler ça et c'est loin d'être le cas ! Ceux qui crient le plus fort ou qui lavent plus blanc, sont ceux qui en ont le moins envie . Ils sont tous tellement impliqués là-dedans ,qu'ils n'oseraient rien dire, ça leur rapporte à tous ! Mais en attendant, nous, les cochons payeurs, nous en sommes pour nos frais et on ne récupérera jamais rien ! Il faut en finir avec ces pourris et condamner TOUS ceux qui, de près ou de loin, y sont mêlés ! Et bien sûr obligés de rembourser ! Le jour où je verrai ça, je croirai un peu a la politique ! C'est pas demain la veille !

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