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Perwez n’aurait pas dû boire son eau

Des travaux à des vannes ont entraîné une turbidité de l’eau. « Nous avons voulu être transparents », estime le bourgmestre en fonction. L’opposition dénonce qu’il ait fallu à la commune « onze jours pour avertir la population ».

Journaliste de la cellule wallonne Temps de lecture: 3 min

Le dicton est connu : « L’eau arrêtée devient impure. » Et le spécialiste contacté ne fait pas dans la dentelle : « Si certains habitants ont constaté qu’ils allaient plus régulièrement à selle, c’est parce qu’il avait bu de la m… »

Heureusement tout est bien qui finit bien à Perwez. Personne des 2.226 foyers concernés ne semble avoir été intoxiqué par la présence dans l’eau de « une UFC (Unité formant une colonie de bactéries) d’entérocoques fécaux », sur un prélèvement réalisé le 30 novembre à la rue des Marronniers, et de « 3 UFC de bactéries coliformes » dans des échantillons d’eau prélevés le 6 décembre à la rue des Marronniers et à la rue Émile Brabant.

Avec comme conséquence que, sur le plan législatif (voir les articles du Code wallon de l’eau ci-contre), ces échantillons étaient « non conformes ». Et donc, que la commune aurait dû prévenir directement sa population pour lui demander de bouillir l’eau de distribution avant de la consommer. Voire, encore mieux, assurer une distribution de berlingots, comme cela se fait si souvent dans d’autres communes.

Tout est parti suite au remplacement de cinq vannes sur les canalisations dans le centre. Il se fait que Perwez est encore le distributeur de l’eau de la Société wallonne de l’eau (SWDE) sur une partie de son territoire. Mais c’est la SWDE qui réalise le contrôle de la qualité de l’eau.

En bon père de famille

« Nous avons mandaté une société pour réaliser ce chantier auquel pensait déjà notre ancien fontainier, nous explique Carl Cambron (DRC PluS, CDH). Quand on a rouvert le circuit, on a constaté un problème de turbidité. Cela se passe toujours ainsi. Toute la crasse dans les tuyaux bouge un temps. C’est pour cela qu’on ne s’est pas inquiété des résultats de la première analyse. Mais comme la deuxième analyse n’était pas bonne non plus, nous avons, le 11 décembre, voulu être transparents avec la population. Ce n’était cependant pas plus dangereux que de boire de l’eau après avoir été aux toilettes sans s’être lavé les mains… »

« Entre la prise de connaissance de la pollution et l’information de la population concernée par cette pollution, il aura donc fallu onze jours à la commune pour réagir, contrecarre fermement Jordan Godfriaux (Ensemble, MR), le leader de l’opposition. On n’ose imaginer les conséquences sanitaires d’une telle gestion si la pollution détectée avait été plus grave. »

Et d’insister : « Nous voyons dans cette affaire une violation basique du principe de précaution qui régit le droit de l’environnement et un manquement au principe de gestion en bon père de famille. Le respect de ces principes de base aurait amené les services communaux à informer immédiatement la population concernée par cette pollution et prendre sans tarder les mesures correctrices nécessaires. Au lieu de cela, les autorités communales ont commis deux fois la même erreur en moins de deux semaines. »

 

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