Marius Renard réduit sa facture énergétique

Une meilleure gestion de la consommation énergétique a permis à la copropriété Marius Renard de faire baisser sa facture.
Une meilleure gestion de la consommation énergétique a permis à la copropriété Marius Renard de faire baisser sa facture. - D.R.

La plupart des Anderlechtois connaissent la tour Marius Renard, qui borde le parc des Etangs. Dans le paysage bruxellois, impossible de la rater, car il s’agit d’un des plus grands immeubles à appartements de la Région. Construit en 1968, celui-ci comporte 450 appartements sur 27 étages et 6.000 m² de surface commerciale. Le tout est alimenté par une chaufferie commune.

Jusqu’en octobre 2012, date à laquelle la société Managimm a été nommée comme syndic de copropriété de l’immeuble, le budget annuel des charges ordinaires s’élevait à… 1.300.000 euros. Rien d’anormal pour un bâtiment de ce type, construit il y a cinquante ans et dont l’isolation n’est plus vraiment au point. Mais selon Vincent Spruyte, gérant de Managimm, un certain nombre de mesures pouvaient se révéler très efficaces quant à la diminution de la consommation, et donc de la facture des locataires. « Tout d’abord, nous avons renégocié les contrats des fournisseurs d’énergie, explique Vincent Spruyte. Ensuite, nous avons mis en place toute une série de mesures visant à optimiser le fonctionnement des installations et à faire évoluer les mentalités. »

Comptabilité énergétique

Couper le chauffage en fonction de la température extérieure plutôt qu’à date fixe ou isoler les conduites de distribution pour limiter les pertes et produire de l’eau chaude sanitaire à petite puissance en période estivale sont autant de mesures qui ont permis de libérer des fonds pour investir dans de nouvelles chaudières plus performantes.

Au total, les consommations énergétiques de la tour Marius Renard ont baissé de près de 25 % entre 2012 et 2016 et ce, sans que les conditions climatiques y soient pour quelque chose. Parmi les mesures mises en place figurent également le placement de compteurs en chaufferie et l’établissement d’une comptabilité énergétique par la société Ista, qui offre des services énergétiques.

La comptabilité énergétique est un outil de gestion dont le but est de suivre la consommation dans le temps en tenant compte des conditions climatiques et en la comparant à d’autres bâtiments. En Région bruxelloise, cette mesure est obligatoire depuis janvier 2011 lorsque la puissance des chaudières dépasse 500kW, soit dans tous les immeubles de plus de quarante à cinquante appartements. C’est le titulaire du permis d’environnement, soit l’association des copropriétaires (ACP), qui est responsable de cette comptabilité. « L’utilité de cette mesure est qu’elle va permettre de fixer des priorités en matière d’améliorations énergétiques et d’en quantifier les résultats, explique François Dequenne, directeur général d’Ista. C’est un prérequis indispensable pour envisager un contrat de performance énergétique (CPE). »

Ce dernier est un mode de financement des investissements par lequel le prestataire se rémunère en tout ou en partie au moyen des économies réalisées. Il faut donc faire mesurer ces économies de manière fiable et de préférence par un tiers indépendant. Grâce à une régulation plus fine, l’économie peut aller jusqu’à 10 % supplémentaires.

Calorimètres à radiofréquence

Concrètement, si une copropriété investit dans une nouvelle chaudière, du double vitrage ou l’isolation du toit, elle réalise une économie. Mais c’est à partir de ce moment-là que les habitants se mettent à ne plus faire attention et une partie des économies réalisées se reperd à cause de mauvais comportements. Une comptabilité énergétique va permettre d’éviter cet effet de rebond.

Le passage d’une répartition des frais de chauffage sur base des mètres carrés occupés à une répartition en fonction des consommations réelles permet de réduire la facture de 20 % en moyenne. C’est ainsi que l’ACP Marius Renard était équipée d’anciens calorimètres à évaporation sur les radiateurs. En 2016, ils ont été remplacés par des répartiteurs électroniques beaucoup plus précis. Dits « à radiofréquence », ils permettent d’être relevés à distance, grâce à un boîtier de communication placé dans les communs. Fini le relevé annuel, mais aussi l’attente du passage du technicien.

Dans le cas de la tour Marius Renard, les données des répartiteurs sont transmises en continu à Ista, la société qui les gère. « Nous pouvons alors assurer un suivi beaucoup plus régulier et anticipatif, car il est possible de voir à distance si un répartiteur ne fonctionne plus ou s’il a été démonté. Et si un robinet goutte, on peut prévenir l’habitant, précise François Dequenne. Cela permet de faire des économies importantes. L’appareil ne coûte qu’une trentaine d’euros par an. »

Quant aux habitants, le changement semble ne se faire sentir que dans leur portefeuille. « On n’a rien changé. On vit exactement de la même manière, mais grâce à l’exposition au soleil, la meilleure isolation et le suivi de la consommation, on fait de sérieuses économies », explique, radieux, Robert Ernotte, propriétaire d’un appartement au 27e étage depuis 1972.

Code du logement: enjeux

Par Aline Brugmans

Après avoir mis l’accent sur la consommation énergétique des nouvelles constructions, la Région bruxelloise veut, en 2018, se concentrer sur la rénovation du bâti existant pour le rendre moins énergivore. En effet, à peu près 4 millions de Belges vivent dans des appartements détenus en copropriété. 90 % de ces immeubles ont procédé à l’individualisation des frais de chauffage, mais n’en assurent pas le suivi. D’autre part, l’habitat représente 40 % des émissions de gaz à effet de serre. A Bruxelles, cela représente même 70 % et la Belgique fait partie des quatre pays qui n’ont pas réussi à suffisamment réduire leurs émissions en 2016 et qui pourraient être sanctionnés.

C’est ainsi qu’en juillet dernier, le nouveau code du logement bruxellois a été voté et entrera en vigueur dès 2018. Il prévoit notamment un droit d’effectuer, en cours de bail, des travaux d’amélioration de la performance énergétique du logement avec la possibilité d’augmenter le loyer. Cette mesure vise à encourager les propriétaires à améliorer la performance énergétique des appartements dans les anciens immeubles.

 
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