Décompte manuel, dispositif anti-« fake news »: des précautions prises pour les élections catalanes

Décompte manuel, dispositif anti-« fake news »: des précautions prises pour les élections catalanes

Le gouvernement espagnol, soucieux de limiter la diffusion de fausses nouvelles ou de campagnes de désinformation lors ou à l’issue du scrutin de jeudi en Catalogne, a annoncé avoir pris une série de mesures de précaution.

Un décompte manuel

Les bureaux ouvriront à 9H00 et fermeront à 20H00.

Dès leur fermeture, ils procéderont au décompte manuel des bulletins-papier glissés dans des enveloppes et communiqueront leurs résultats à une société privée, Indra, chargée par le gouvernement de les collecter, les compiler et les annoncer. Indra annoncera les résultats au fur et à mesure de leur arrivée. Vers 22H00, environ 80% des votes devraient avoir été comptés.

Le décompte officiel des bulletins ne commencera que le 24 décembre, et durera au maximum trois jours. «Le processus n’est en aucun point informatisé. Il sera donc impossible qu’une attaque informatique vienne perturber le comptage. Tout est fait à la main, sur papier», a assuré un responsable gouvernemental.

Contrairement à ce qui s’est fait dans les élections précédentes en Espagne, il n’y aura pas de sondages sortie-des-urnes.

La lutte contre les «fake news»

Par crainte de la diffusion de fausses nouvelles ou de campagnes de désinformation sur internet entre la clôture du scrutin et l’annonce officielle des résultats, «un système de repérage de fausses nouvelles ( « fake news ») a été renforcé», a indiqué une source proche du gouvernement.

Les médias seront avertis si certains sites web diffusent des fausses nouvelles et pourront être tenus pénalement responsables s’ils les reprennent. Quand aux sites eux-mêmes «ils pourraient être bloqués avec l’accord de la justice».

Un audit par les séparatistes

Quelque 5,5 millions d’électeurs sont appelés à participer aux élections de jeudi en Catalogne, qui pourraient battre un record de participation.

Les autorités de Madrid les ont imposées après avoir destitué le gouvernement régional et dissous le Parlement catalan, après sa proclamation unilatérale d’indépendance du 27 octobre.

Les séparatistes, y compris l’influente association indépendantiste Assemblée nationale catalane (ANC), ont fait courir le bruit de risques de manipulation des résultats par le gouvernement espagnol. Même si l’ANC estime désormais que «le décompte sera propre», l’association a prévu de déployer dans les bureaux de vote 4.000 volontaires qui collecteront les résultats de chaque bureaux et les enverront dans un centre à Barcelone où ils seront additionnés, pour parvenir à un résultat parallèle. «Cela nous permettra, au cas où il y aurait des écarts importants en certains endroits, de savoir précisément où demander des recomptages», a ajouté la même source.

Un responsable du parti séparatiste Esquerra Republicana de Catalunya (ERC, gauche républicaine de Catalogne), dont le leader Oriol Junqueras est emprisonné, assure que «tous les bureaux seront surveillés de près».

Le gouvernement de M. Rajoy a toutefois rappelé que le seul décompte officiel était celui de la commission électorale nationale, qui ne débutera que le 24 décembre.

 
 
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