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L’année 2017 de Donald Trump vue par Kroll: «C’est un cadeau pour les caricaturistes»

Une fois n’est pas coutume, nous avons demandé à Pierre Kroll de commenter… ses propres dessins, qui donnent une idée de ce qui traversa la planète et la société belge en 2017.

Temps de lecture: 3 min

C ’est un cadeau pour les caricaturistes d’avoir des gens qui ont une gueule. Quand en plus ils ont un comportement qui sort de l’ordinaire, c’est un bonheur. Au début, c’est la facilité : on rit avec les gens. Et pourtant ce n’est pas si simple. Une fois qu’on a caricaturé dix fois sa mèche, sa gueule, sa vulgarité, il faut trouver autre chose, avec lui. Et il faut aller plus en profondeur dans le détail de sa politique. Avec des dessins sur Trump sans Trump, par exemple, comme celui du 30 janvier, mettant en scène un couple d’immigrés.

En janvier, on ne pouvait pas passer à côté de l’investiture de Trump (20/1). Pour ce genre de rendez-vous incontournable, le dessin doit dire quelque chose. Ici, il parle de l’Amérique de Trump, celle des majorettes, des joueurs de country, de la Bible… et « ça va chier ».

En juillet, mon dessin sur la polémique de Charlottesville avec le KKK (18/7) a été tweeté par l’Académie royale de Belgique, via Hervé Hasquin, à ses membres. C’est un dessin d’analyse, qui en cela vaut un édito.

J’ai un faible pour deux dessins de Trump, cette année. J’aime bien le dessin de Trump avec la reine Elizabeth II (31/1). Ça me rappelle une anecdote : dans Ciné-Télé-Revue, j’ai un jour dessiné la Reine en rappelant le nombre considérable de présidents, de Premiers ministres anglais… et d’« horribles chiens » qu’elle avait connus. Ça m’a valu le courrier d’une lectrice, qui a dit en gros : « J’aime bien Kroll, mais si maintenant il commence à se moquer des chiens, alors je me désabonne ! » Comme quoi, s’agissant de la censure, il y a parfois des terrains inattendus.

Le dessin préféré

Mon préféré, c’est celui sur la visite de Trump à Bruxelles (24/5), s’écriant « Fake news ! » devant le tableau de Magritte « Ceci n’est pas une pipe ». J’ai une anecdote à ce sujet : lorsque Trump est à Bruxelles, je crois comprendre qu’il va aller au musée Magritte. En fait, c’est sa femme Melania qui ira. Mais comme je l’imagine là, je pense au dessin de Magritte. Le jour de parution du dessin, Michel Draguet, le directeur du Musée, me téléphone pour me dire qu’il trouve le dessin formidable et qu’il aimerait l’offrir à Melania. Le couple Trump a donc reçu ce dessin. Je ne sais pas ce qu’ils en ont compris. J’aime imaginer que le dessin a pu créer une scène de ménage.

Retrouvez le regard de Kroll sur la politique belge, et sa crise ainsi que la présidentielle française et la crise catalane.

 

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