Christopher Plummer: «Il faut de l’humour pour évoluer dans ce milieu»

Blagueur, charmant et visiblement plutôt en forme : Christopher Plummer, 88 ans, n’a pas fini de nous étonner. Si le Canadien possède une carrière riche et variée, ce n’est que sur le tard qu’il a acquis une vraie reconnaissance en devenant l’acteur le plus âgé à recevoir un Oscar pour Beginners (2012).

Il y a à peine un mois, c’est lui qui était désigné pour remplacer Kevin Spacey dans Tout l’argent du monde, le dernier Ridley Scott dont la sortie est restée programmée à fin décembre. Un défi de taille puisque tout s’est décidé très vite. « Le plus difficile a été d’apprendre le rôle car je n’avais pas de temps. Le personnage en lui-même ne me posait pas de problème mais je me concentrais pour me souvenir de ce qu’il devait dire (rires). Nous n’avions que neuf jours pour tourner et j’ai eu le scénario seulement deux jours avant de commencer. Il n’y avait pas vraiment de temps pour une quelconque introspection ou de longues discussions. Ridley m’a proposé de voir ce qu’avait fait Kevin Spacey mais je voulais faire mon truc à moi, sans être influencé. Ça aurait été le cas peu importe l’acteur que je remplaçais. Plus tard, je serai fasciné de voir ce qu’il a fait. C’est un acteur qui a beaucoup de talent. »

Un challenge qui est une première dans la pourtant longue carrière de Plummer. « Au théâtre, c’est vrai que j’ai déjà dû faire des remplacements de dernière minute car quelqu’un était bourré ou avait un problème quelconque. Mais au cinéma, je n’ai jamais entendu parler d’un cas comme celui-là. Évidemment, c’était stressant mais le stress est aussi un moteur. Je pense qu’aujourd’hui, j’ai assez d’expérience pour ne pas devoir me préparer. Quand vous lisez quelque chose, vous savez directement dans quelle catégorie vous devez le mettre. C’est ça, avoir des années et des années d’expérience. C’est un challenge de se souvenir mais pas un problème. John Paul Getty est un personnage tellement introspectif que je n’aurais de toute façon pas pu faire beaucoup de recherches. »

D’ailleurs, l’acteur a plutôt vu cela comme une vraie opportunité. « Ça faisait des années que je voulais travailler avec Ridley Scott mais l’occasion ne s’était jamais présentée. Donc j’étais aux anges et j’ai vu ça comme une superbe opportunité. Même si je n’aimais pas le scénario, je travaillais avec lui. Il a été merveilleux : il avait tellement tout bien préparé et organisé que j’étais vraiment gâté et j’ai beaucoup apprécié. Il m’a permis d’improviser, il fait confiance et c’est une force pour un réalisateur. Rien ne m’a surpris dans sa manière de diriger. Il était comme ce à quoi je m’attendais. Il rend les choses faciles grâce à son humour. Il en faut quand on évolue dans ce milieu. »

 
 
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