Christian Clavier: «Le cinéma italien, le plus grand du monde»

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 Momo  a été tourné et coproduit en Belgique, où règne, dit Christian Clavier, une vivacité et créativité artistiques stupéfiantes. »
« Momo a été tourné et coproduit en Belgique, où règne, dit Christian Clavier, une vivacité et créativité artistiques stupéfiantes. » - DR

Il se prétend leur fils, mais ils n’ont jamais eu d’enfant. Escroquerie ? Trou de mémoire ? Infidélité ? Allez savoir ! Les voies de Dame Nature sont parfois impénétrables, rappelle Momo , de Sébastien Thiéry et Vincent Lobelle.

Avant le plaisir d’y retrouver Catherine Frot, de jouer cette situation absurde ou de porter une comédie « différente », c’est le rire qui importe, pour Christian Clavier. Pas de rire à la première lecture du texte ? Pas de film ! « Le personnage a une vibration, dit-il de cet Alain Prioux qu’il incarne cette fois. Parce qu’il est dépassé par les événements. C’est un bourgeois un peu égoïste qui vit dans une forme de routine, et quand il ne maîtrise plus, il panique. Et quand il panique, il devient drôle. »

Ensuite, il y a évidemment Catherine Frot… « C’est une actrice complètement atypique, qui a un vrai rapport avec le public. C’était la première fois qu’on jouait des rôles importants dans un film, et je me suis dit que ça allait être nouveau pour vous. »

Ce personnage « un peu égoïste » serait-il aussi un peu le reflet de l’époque ?

Oh non… L’époque est plus égoïste qu’avant ? Après, je n’en sais strictement rien. Je n’ai pas de point de vue sociologique là-dessus. Je n’ai pas ce type de prétention-là. Je reste un spectateur un peu naïf. Il a peur devant cette situation et ça, ça fait partie de l’époque. On est dans une époque où l’individu a souvent peur. Comme il ne contrôle plus les choses, il panique. Tout le monde réagirait comme ça. Je ne sais pas si c’est dû à l’époque… C’est peut-être accentué par notre époque, mais il est bien ancré dans le monde d’aujourd’hui, ça oui.

Jouer dans un tel film, n’est-ce pas quand même assumer un certain commentaire ?

Ce n’est pas moi qui l’écris. J’assume le personnage, ne confondons pas l’auteur et l’acteur.

Mettre en scène un handicap, c’est toujours délicat ?

Ça pouvait évidemment être délicat, mais Sébastien Thiéry le gère très bien. Son frère est sourd-muet, donc il est juste, là-dedans. Il ne s’apitoie pas. Et il a une écriture assez féroce, en même temps que beaucoup d’humanité. Toute sa qualité, son originalité d’auteur, c’est d’être à la lisière. On rit des situations, pas trop des gens.

Quelle est la vérité à défendre ici ?

Vous savez, je ne suis pas très fana des messages dans les films. Quand les films ont des messages, ils sont ennuyeux, et peu talentueux. C’est un peu abrupt de dire ça et un petit peu définitif, mais c’est quand même ce que je pense. Au niveau du ressenti, l’émotion qu’on peut avoir sur l’ouverture qu’a cette femme envers ce prétendu fils est une attitude, plutôt qu’un message. Une attitude extrêmement intéressante.

Vous rattacheriez « Momo » à quel genre de comédie française ?

Je dirais plutôt anglo-saxonne… Ça aurait pu être un film de Blake Edwards. De Billy Wilder. De Mike Nichols. La comparaison ne vaut que ce qu’elle vaut, mais ça aurait pu être un film italien, aussi. Un film de Dino Risi. Quand on voit Parfum de femme , pourquoi pas ? J’ai toujours adoré le cinéma italien, j’ai toujours pensé que c’était le plus grand cinéma du monde. Il m’a enthousiasmé pendant toute ma jeunesse et c’est pour moi la référence absolue dans la comédie. D’ailleurs, il y avait toujours du social dedans, mais jamais en message, jamais le social ne prenait le pas sur la comédie.

 
 
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