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Si Dieu existe, il réinventerait… la démocratie

Il faut des politiques qui pensent et agissent à long terme. L’édito de Béatrice Delvaux.

Édito - Editorialiste en chef Temps de lecture: 3 min

A l’Est, cela pourrait être le Nouvel An le plus froid jamais enregistré. Peut-être pourrions-nous utiliser un peu de ce bon vieux réchauffement climatique pour lequel notre pays, mais pas les autres, était prêt à payer trois trillions de dollars ? » Le président américain Donald Trump a terminé l’année comme il l’a commencée : en disant des stupidités.

Rien de cela ne serait si grave si ce jugement porté sur les situations et cette dénégation de l’état du monde ne nous mettaient dans une très grande insécurité : politique face à la Corée du Nord ou l’Iran ; existentielle quand il s’agit du climat et de l’avenir de la planète ; démocratique quand il s’agit de décerveler les masses avec des simplismes qui divisent et des contre-vérités qui fanatisent, déversés à jet continu de tweets, en fait, vulgaires.

Trump : l’incarnation de la politique binaire d’aujourd’hui

En cette fin d’année 2017, cet homme d’affaires est, hélas, plus que le président des États-Unis : il est une incarnation de la politique binaire d’aujourd’hui, populiste ou impuissante. Trump a ainsi été élu parce qu’il a dit et fait ce que le peuple veut ; ses adversaires ont perdu parce qu’ils n’ont pas assez écouté les gens, incapables de convaincre de leur sincérité et de leur capacité à résoudre les problèmes. Au centre de cette équation déjà si difficile, une nouvelle inconnue, « l’identité », qu’il est devenu visiblement si vital de protéger et de bétonner face à cet autre – le « migrant ». Terrible paradoxe résumé par l’activiste David Van Reybrouck : « Comment trouver un équilibre entre la réponse à donner à la souffrance de tous ceux qui sont forcés de partir de chez eux et les angoisses des grandes masses – que je ne veux pas stigmatiser en crypto-fascistes ? C’est très compliqué. »

Compliqué  : le mot est lâché. Pour les démocrates, pour les gens qui voient la réalité du monde telle qu’elle est mais ne veulent pas renoncer au fait que ce sont les valeurs universelles qui fondent le droit des gens, faire de la politique est devenu extrêmement compliqué. Et pourtant, il faut trouver des solutions aux défis qui dépassent les frontières géographiques et les échéances électorales. Il faut dès lors des politiques qui pensent et agissent à long terme. A cette aune, la Belgique politique a joué avec le feu en 2017. Une année rythmée non par la résolution du survol de Bruxelles, du RER, du stade national ou du futur énergétique, mais par les scandales Publifin, Samusocial  ou les guéguerres au fédéral. L’année se termine sur des fractures de fond, sur les valeurs et la morale avec l’affaire soudanaise, et le futur énergétique. Beaucoup se trompent en entamant cette année qui redevient électorale : ce n’est pas le programme pour 2018 ou 19 qu’on attend d’eux, mais pour 2030, 2050, qui demande de travailler en dépassant les coalitions, l’attribution des postes et des mandats. Désormais on doute : en sont-ils capables ?

« Si Dieu existe, il vote sans aucun doute pour moi », déclarait ce vendredi, trumpien, Bart De Wever. Non, M. De Wever : si Dieu existe, il réinventerait la démocratie.

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25 Commentaires

  • Posté par stals jean, dimanche 31 décembre 2017, 17:24

    Pour en finir une bonne "foi.s" pour toutes avec tous avec nos commentaires à la mord moi le noeud ci dessous, le mien y compris - en admettant que BdW Premier ce nouvel empereur de toutes les Flandres ou presque, n'est tout compte fait, pas la moitié d'un con, en reconnaissant pareillement que Béatrice Delvaux elle aussi, avec le titre fumant de l'édito ci dessus doit bien rigoler tout autant que le dromadaire de De Wever dans "sa barbichette",- J'ai envie de citer pour le plaisir la répartie célèbre de "docteur Woody- mister Allen: "Non seulement dieu n'existe pas, mais essayez toujours de trouver un plombier le dimanche"...

  • Posté par Arnould Philippe, dimanche 31 décembre 2017, 15:38

    Selon B Devaux, si Dieu existe, il réinventerais la démocratie pour qu'elle fonctionne selon les désirs de B Delvaux. En fait, ce n'est pas de démocratie que rêve Dame Delvaux, mais de sa propre dictature. Les journalistes sont toujours dans le déni, préférant refuser de comprendre et dénigrer ce qui fait que Trump est au pouvoir. Ils préfèrent dire que le peuple est bête et finiront par dire que la démocratie est mauvaise. Mais voilà ce qui arrive lorsque des technocrates déconnectés, adulés par leur fanclub de journalo-propagandistes amateurs de petits fours, tout aussi déconnectés, cherchent à réaliser un projet politique sans tenir compte de la base démocratique qui est un horizon indépassable et dénigrent cette base pour être bête, ignorante, vulgaire… Les fondateurs de l'après guerre doivent s'en retourner dans leurs tombes…

  • Posté par Guy Bartet, dimanche 31 décembre 2017, 14:06

    @Coets J-J Si on préfère qu'il existe (plutôt que d'avoir été créé par l'homme à son image), alors il réinventera la démocratie.

  • Posté par Serge Gabriel, dimanche 31 décembre 2017, 10:03

    vous n'avez pas l'impression que bien des politiques sont aux commandes depuis plus de 20 ans ! Vous ne pensez pas que bien des décisions impliquent des conséquences pour les 20, 30, .... années à venir, comme par exemples les modifications des compromis sociaux, les modes d'impositions,les régionalisations des pouvoirs décisionnels, les achats d'avions et les options énergétiques, les choix ou non choix de mesures pour contrer le réchauffement climatique, etc.

  • Posté par Monsieur Alain, samedi 30 décembre 2017, 23:57

    Si Dieu existe, il nous enverrait un nouveau déluge (parce que nous le valons bien!

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