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Charleroi: la police locale ne testera pas le taser

Le chef de zone a refusé de participer à une campagne de test

Temps de lecture: 3 min

Toutes les semaines en moyenne, les actes de rébellion font trois à quatre victimes parmi les policiers de Charleroi. «  Entre juin 2016 et juin 2017, 176 de nos hommes ont été blessés dans ce cadre », indique le porte-parole de la zone David Quinaux. « Les faits ont entraîné près de mille jours d’incapacité de travail. »

Pour faire face à cette spirale de violence, les forces de l’ordre ne disposent actuellement que de deux moyens non létaux de protection : la matraque télescopique dont l’usage leur est déconseillé, étant donné son caractère dangereux. Et le spray lacrymogène au poivre, la « gazeuse » comme on l’appelle dans le jargon, dont l’usage en milieu confiné présente des risques pour la sécurité des policiers eux-mêmes, avec des effets parfois très limités sur des individus qui ont consommé certains types de drogues. Si le taser apparaissait comme une alternative possible, la zone de Charleroi a refusé de participer au test organisé par le gouvernement fédéral. « Les consignes récentes du ministre de l’Intérieur Jan Jambon (NVA) aux 14 zones engagées dans ce projet pilote confirment que notre chef de corps a fait le bon choix », poursuit le porte-parole.

Ces consignes limitent en effet l’utilisation du pistolet à impulsion électrique à des missions spéciales d’assistance et d’appui. Pas de place pour l’intervention classique. « Or, c’est là que les besoins se font précisément sentir » Car l’uniforme ne fait plus peur. En attestent les dramatiques événements de Champigny-sur-Marne en France où deux policiers ont été victimes d’un véritable lynchage sur la voie publique. « A Charleroi, nos équipes se retrouvent face à des personnes qui non seulement n’obtempèrent plus à leurs injonctions, mais se montrent menaçantes et violentes. C’est ainsi qu’intervenir dans une bagarre, voire un simple différend conjugal avec des personnes prises de boisson, présente de réels risques ».

Dans le dernier bulletin des questions écrites du conseil communal, le bourgmestre Paul Magnette indiquait en réponse à un élu de son groupe, Maxime Felon, que trois raisons avaient motivé la décision de ne pas participer au test. D’abord, l’utilisation du taser aurait imposé une réorganisation des services. A l’heure actuelle, les policiers d’intervention opèrent en binôme. Il aurait fallu passer à des équipes de trois pour pouvoir employer le pistolet, ce qui est d’autant plus compliqué que Charleroi travaille en sous-effectif. Deux : quand le projet a été lancé, aucune analyse de risque n’était disponible. Or, l’usage du taser serait à la base d’une cinquantaine de décès aux Etats-Unis entre 2001 et 2008, selon le dernier rapport d’Amnesty International. Enfin, le chef de zone manquait d’éléments sur les modalités de formation du personnel.

 

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