Le contournement de Couvin dans la dernière ligne droite

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La phase 1B, de 4,6 km entre Frasnes et le Ry de Rome, a été inaugurée et ouverte au trafic le 17 octobre dernier.
La phase 1B, de 4,6 km entre Frasnes et le Ry de Rome, a été inaugurée et ouverte au trafic le 17 octobre dernier. - Patrick Lefebvre.

Un chantier gigantesque et une facture de 130.000 millions d’euros hors TVA (lire par ailleurs). On comprend – enfin au moins en partie – qu’il aura fallu des années au gouvernement wallon pour donner son aval à la réalisation du contournement de Couvin, chaînon manquant sur un axe autoroutier allant des Pays-Bas à la Méditerranée, et vu comme stratégique par l’Union européenne.

Bientôt, les travaux vont reprendre. Où en est-on précisément ? «  Ce vaste chantier, qui vise à construire un contournement d’environ 14 kilomètres au gabarit autoroutier, a débuté en octobre 2011  », rappelle le cabinet du ministre wallon Di Antonio, en charges des Travaux publics. «  La phase 1B, de 4,6 km entre Frasnes et le Ry de Rome, a été inaugurée et ouverte au trafic le 17 octobre dernier. Les travaux de la deuxième phase, soit 8,1 km entre le Ry de Rome et Brûly, ont commencé le 20 août 2015. La phase 3 qui consiste à construire une tranchée couverte à Frasnes sous les voies de la SNCB, a débuté le 3 octobre 2016  ». Ces deuxième et troisième phases sont en cours. La fin du chantier est programmée pour la mi-2019.

Première évocation en 1973

Au moins, depuis près de trois mois, la vie des habitants du centre-ville de Couvin a changé. Fini le passage de quelque 1.500 camions par jour qui traversaient la cité en suivant le tracé de la N5, considérée depuis 1992 comme un axe routier de gabarit européen. Les poids lourds empruntent désormais la E420. Mais la boucle n’est pas encore bouclée. Il faudra encore patienter un an et demi. Finalement peu de chose à l’aune de la maturation de ce projet. En effet, déjà dans les années 1970, l’idée du contournement était dans l’air. Mais avait, à l’époque, mauvaise presse. Les nuisances liées au trafic n’étaient pas aussi fortes que ce qu’elles seront par la suite, et une vive opposition se levait contre les expropriations. Le coût total, expropriations comprises, est d’ailleurs évalué à 176 millions.

De financements qui n’arrivaient pas en recours au Conseil d’Etat, en passant par des actes de vandalisme et autres péripéties autour de l’interdiction pour les camions de traverser Couvin – finalement levée faute de parcours alternatif réellement praticable –, le dossier a longtemps patiné. Mais là, il est vraiment dans sa dernière ligne droite. Il restera à l’avenir à évaluer le nombre de routiers qui, gênés par la taxe kilométrique, préféreront rester sur la N5 et continuer de traverser Couvin plutôt que prendre le contournement.

130 millions

Par L. Sc.

Le coût du contournement de Couvin est estimé à 130 millions d’euros. En matière d’infrastructures routières, c’est l’investissement le plus important de ces vingt dernières années en province de Namur, et le chantier le plus onéreux actuellement en cours en Wallonie. La mise en trois voies de la E42 (dorsale wallonne) entre Daussoulx et Andenne, par exemple, ne coûtera « que » 30 millions aux contribuables. Si les autorités se montrent de plus en plus regardantes quant à la création de nouveaux axes autoroutiers (qu’il faudra par la suite entretenir), dans le cas de Couvin, c’est bien le fait d’être sur le tracé d’un parcours stratégique européen (Rotterdam-Marseille) qui avait fait pencher la balance.

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