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Le Belge a adopté le leasing automobile privé: une hausse de 40% en un an

10.000 contrats ont été signés en 2017. Mais la marge de progression reste importante.

Analyse - Journaliste au service Economie Temps de lecture: 5 min

La formule est encore loin de faire partie des habitudes des consommateurs, pourtant le leasing automobile pour les particuliers commence à se faire une place dans l’éventail des outils à disposition des candidats acquéreurs d’une nouvelle automobile. En 2017, « environ 10.000 personnes l’ont utilisée, soit entre 6 et 7 % du volume de véhicules immatriculés par les sociétés de leasing, explique Frank Van Gool, directeur général de Renta, la fédération belge des loueurs de véhicules. Cela reste relativement limité. Mais en 2016, on était à 7.000. La croissance est donc significative ».

En choisissant le leasing, le particulier ne devient pas propriétaire de la voiture : il paie un montant mensuel fixe (généralement 36 mois), incluant le prix du véhicule, les taxes, l’entretien et les pneus, l’assurance, l’assistance et un nombre limité de kilomètres (à partir de 10.000 km). Ne sont pas compris l’essence et les kilomètres supplémentaires. Au bout des trois ans, le client rend la voiture (il n’y a pas d’option de rachat) au concessionnaire ou à la société de leasing. Avantage principal : une formule « tout compris » qui facilite la maîtrise du budget. Mais attention : les kilomètres hors forfait peuvent vite faire grimper l’addition.« Mieux vaut avoir fait une estimation assez précise du kilométrage que l’on parcourt, prévient Frank Van Gool. Il faut une certaine stabilité dans son comportement de mobilité ». Le consommateur aura aussi intérêt à sortir d’abord sa calculette pour vérifier que, dans son cas, le leasing privé est réellement plus intéressant qu’un achat avec un financement classique (les taux d’intérêt sont au plancher, rappelons-le), suivi d’une revente de la voiture sur le marché de l’occasion après trois ans.

Une marge de progression importante

La formule du « private lease » n’a commencé à être proposée dans notre pays que depuis la fin de l’année 2015. Elle a gagné en visibilité avec plusieurs actions spectaculaires menées par des chaînes de la grande distribution qui proposaient à leurs clients d’« acheter » une voiture tout en faisant leurs courses (Media Markt, Carrefour, Gamma). « Ces actions “coup de poing” avaient pour objectif de familiariser le grand public avec le leasing privé », explique Michel Retour, porte-parole d’Opel Belgique. La marque a été une des pionnières de la formule dans notre pays. Et continue d’y croire. « Nous visons entre 5 et 10 % des achats de particuliers via leasing, précise Michel Retour. Mais nous avons changé notre stratégie. Nous ne ferons plus d’actions avec les retailers, pour privilégier notre réseau de concessionnaires ».

Deux freins

C’est que la marge de progression est importante. « Aux Pays-Bas par exemple, où la formule est accessible depuis plusieurs années déjà, le nombre de véhicules immatriculés en “private lease” dépasse déjà les 100.000 », constate Frank Van Gool. Pour autant, en Belgique, le marché tarde à réellement décoller. Frank Van Gool y voit plusieurs explications, à commencer par la popularité des voitures de société plus importante dans notre pays que chez nos voisins d’outre-Moerdijk, pour cause de fiscalité plus favorable.

« Pendant longtemps, les sociétés de leasing n’ont pas eu besoin de chercher d’autres marchés, dans la mesure où elles avaient assez de volume sur le marché du leasing pour les entreprises, pointe le directeur général de Renta. Aujourd’hui, elles s’y mettent, mais pas encore forcément toutes à fond ». Chez D’Ieteren par exemple (importateur des marques du groupe Volkswagen), le « private lease » est proposé parmi d’autres formules de financement, sans être spécifiquement mis en avant. « Il faut pouvoir répondre à toutes les demandes, des clients, explique Jean-Marc Ponteville, porte-parole de D’Ieteren. Mais pour le moment, les formules de crédit auto, surtout le crédit ballon, ont davantage de succès ». « En 2018, le marché pourrait toutefois connaître un coup d’accélérateur avec l’arrivée de la société néerlandaise Terberg Leasing, qui est un des leaders aux Pays-Bas avec sa marque Justlease.nl », prévient Frank Van Gool.

L’autre élément qui a pu freiner le développement du leasing privé en Belgique est lié au type de véhicule accessible. « Le choix est plus limité, note encore Frank Van Gool. Au niveau de la motorisation, de la couleur ou des options, la société de leasing ne proposera que des modèles qui lui assurent la meilleure combinaison pour la revente de la voiture après trois ans ». Pour afficher un prix attractif, les modèles proposés sont donc assez basiques, avec de petites motorisations essence. « La valeur d’investissement pour une voiture en leasing de société est d’environ 24.000 euros hors TVA, ajoute Frank Van Gool. Pour les private lease, elle est de 13.000 euros ». Un profil qui éloigne une partie des consommateurs : outre qu’il aime être propriétaire de son véhicule, le Belge a tendance à privilégier des berlines de plus grande taille ou « premium », pour lesquelles le leasing privé n’est pas compétitif.

La formule du leasing pourrait toutefois bénéficier d’un coup de pouce inattendu si d’aventure devait enfin entrer en vigueur le système «Cash for car» promis par le gouvernement Michel. Les employés qui renonceraient à leur voiture de société pourraient utiliser une partie de l’argent reçu en échange pour financer leur propre leasing privé. « Le contrat serait conclu entre la société de leasing et l’employé, explique Frank Van Gool. Mais l’employeur pourrait peser dans la négociation pour obtenir des meilleures conditions ou assurer le cautionnement pour l’ensemble de ses travailleurs qui feraient ce choix. C’est un nouveau schéma “BtoE” – business to employee –” qui pourrait se développer ».

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2 Commentaires

  • Posté par Nagy Charles, mercredi 10 janvier 2018, 12:39

    L'article me paraît incomplet. Il manque un comparatif financier entre les deux options, pour un même véhicule. Comment se faire une idée sans ce comparatif ? De plus, si le véhicule reste la propriété de la société de leasing, la partie de la taxe d'immatriculation qui revient à la commune sera versée à la commune où est domiciliée la dite société de leasing. Autrement dit, c'est encore une fois un manque à gagner pour une majorité de communes, au bénéfice de quelques-unes. Et, vu qu'une majorité de ces sociétés est basée en Flandre, on en arrive à un transfert "sud-nord". Il serait intéressant d'évaluer celui-ci, sur base de la situation actuelle.

  • Posté par Mey Morton, mercredi 10 janvier 2018, 9:36

    Quid du leasing transfrontiere a titre prive ?

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