Liège: le chantier du tram sur les rails

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Michel Firket, l’échevin chargé de la Mobilité, a toutes les raisons d’être heureux : « Liège va enfin connaître la mobilité alternative à laquelle elle aspirait. »
Michel Firket, l’échevin chargé de la Mobilité, a toutes les raisons d’être heureux : « Liège va enfin connaître la mobilité alternative à laquelle elle aspirait. » - Michel Tonneau.

Nous pouvons l’annoncer haut et fort, « le tram liégeois devient réalité ». Après l’abandon d’un des trois candidats au marché, il ne reste qu’aux deux derniers de rendre un dossier finalisé avec quelques précisions demandées pour la dernière étape. Le choix définitif sera effectué au cours de l’été prochain. Tous les délais semblent être respectés actuellement. Le tram liégeois sera donc bel et bien mis en service dans le courant de l’année 2022.

Pourtant, les Liégeois n’y croyaient presque plus. Le retour du tram à Liège est sujet à débat depuis une dizaine d’années dans le milieu politique, mais concrètement, la Société régionale wallonne du Transport (SRWT) avait déposé la demande de permis en 2013. Ce qui lui a été accordé l’année d’après.

Toutefois, c’est du côté de l’Europe que le dossier a été recalé. Après avoir trois fois dit « non » au montage réalisé par la Région wallonne pour le financement du tram, Eurostat, l’organisme européen chargé de contrôler les comptes, a finalement approuvé le montage financier en février 2017, date à laquelle il était normalement prévu de mettre en service le tram liégeois à l’origine du projet…

Un coût de 380 millions d’euros

Au départ, l’Europe voulait que la Région wallonne finance seule les 380 millions que va coûter le tram liégeois sur les trois ou quatre années de chantier. Mais 100 millions par an, c’était insoutenable pour le budget wallon. Il a alors été décidé de réaliser un partenariat privé-public avec une société qui va financer, construire et entretenir durant 30 ans le futur tram. Mais en laissant son exploitation au public, en l’occurrence à la SRWT et au TEC-Liège.

Et pour finir, c’est la Banque européenne d’investissement qui a donné son feu vert en accordant en juillet dernier 210 millions à la SWRT. « Il n’y a plus d’obstacle ni financier ni technique pour concrétiser le projet », annonce joyeusement l’échevin chargé de la Mobilité, Michel Firket, la ville va être réinventée grâce au tram. Ce sont au total 50 hectares d’espace public qui vont être remis à neuf – comme la place du Marché – et un magnifique cheminement cyclopédestre va accompagner le tram. Liège va enfin connaître la mobilité alternative à laquelle elle aspirait ».

Concrètement, le tracé du tram s’étalera sur 12 kilomètres de Sclessin à Coronmeuse, en passant par l’avenue Rogier, et non par le Parc d’Avroy, comme prévu initialement. Avec 21 stations et des points d’arrêts à tous les 400 mètres et une circulation régulière toutes les 4 minutes 30 et une capacité de 300 personnes.

Trois candidats avaient été retenus par le Conseil d’administration de la SRWT. Un de ceux-ci s’étant finalement désisté, ils ne sont plus que deux. Les deux consortiums encore en lice sont donc le projet Mobiliège qui regroupe les Français d’Alstom Transport et le projet Tram’Ardent avec CAF (Espagne), Colas (France) et DIF.

Le choix du gagnant sera annoncé dans les mois à venir. Les travaux pourront alors démarrer fin d’année et devraient durer entre trois et quatre ans, avec une mise en circulation en 2022.

Le RER, autre dossier à la traîne

Par E.K.

Si à Liège, la saga tram prend fin petit à petit, c’est loin d’être le cas pour le RER à Bruxelles. Il devait être opérationnel en 2012. Il n’en est rien. Il est repoussé à 2025. Le RER, réseaux express régional devait aussi, comme le tram à Liège, servir à désengorger le centre de Bruxelles. Les autorités voulaient donc développer l’offre ferroviaire vers et dans la capitale, en collaboration avec la Stib, De Lijn et les TEC.

Si des similitudes sont présentes entre le RER et le tram, les différences sont importantes. « Pour le tram, on parlera plutôt de REL – réseau express liégeois. Le RER s’apparente plutôt au réseau ferroviaire suburbain développé par la SNCB », explique Jean-François Leblanc, expert en mobilité à la Ville de Liège. Si pour lui, la mise en pratique du RER reste également une énigme, il rappelle tout de même que la création d’un RER comporte moins d’obstacles de type technique : « Les rails et les gares sont déjà là, contrairement à celles du tram que l’on doit imaginer de A à Z. »

Poursuivez votre lecture sur ce(s) sujet(s) :Économie et finances|Région wallonne|Alstom Transport|SRWT
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