Accueil Société Enseignement

PS et CDH parviennent à un accord sur la formation initiale des enseignants

Nombre d’années, co-organisation : après sept mois de discussions, PS et CDH ont trouvé un accord pour refondre la formation initiale des enseignants. La réforme devrait entrer en vigueur en septembre 2019.

Chef du service Société Temps de lecture: 3 min

Après sept mois de laborieuses discussions, le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles semble avoir enterré la hache de guerre dans l’épineux dossier de la formation initiale des enseignants. Pour mémoire, le projet consiste à allonger d’une année (minimum) la formation des futurs instituteurs et futurs régents tout en introduisant de la souplesse dans le système (plus de perméabilité entre les cycles de maternelle, de primaire et du secondaire). Au terme de longs palabres, PS et CDH sont tombés d’accord sur les grandes lignes des deux points qui minaient leurs relations.

Sur la durée de la formation d’abord : ce sera quatre ans pour tous ceux qui étaient jusqu’à présent formés en trois. Cependant une cinquième année facultative, dite « de spécialisation », sera organisée à l’attention des instituteurs et régents qui veulent un approfondissement pédagogique, à l’attention aussi de ceux qui veulent élargir le champ de leurs compétences disciplinaires (travailler dans le secondaire pour un instit par exemple), à l’attention enfin des enseignants qui se destinent aux écoles d’immersion.

Accord universitaire

L’autre point de friction portait sur la répartition des tâches entre hautes écoles et universités. Il était entendu que la responsabilité de toutes les formations se partagerait à l’avenir entre elles (un peu d’université en plus du principal en haute école pour les filières maternelles, primaires et secondaires inférieures ; un peu de haute école en plus du principal à l’université pour les filières formant menant vers le secondaire supérieur). PS et CDH (et à travers eux les principales universités) ne parvenaient cependant pas à s’entendre sur le type de relations à privilégier. Les uns tenaient à une collaboration sur base géographique (une haute école du pôle Bruxelles n’aurait pu par exemple co-diplômer qu’avec une université bruxelloise), les autres voulaient une liberté totale d’association entre les acteurs.

Le gouvernement a fini par trouver un modus vivendi à deux composantes. Un : hautes écoles et universités pourront demain « co-organiser » les formations d’enseignants à leur guise sans contrainte territoriale (le diplôme ne comportera alors que le seul cachet de l’institution officiellement habilitée à donner la formation, l’autre n’intervenant qu’à titre de prestataire de services). Deux : hautes écoles et universités pourront aussi « co-diplômer » (le titre porte alors le sésame des deux institutions) quelle que soit leur localisation. Ceci suppose cependant un avis préalable de l’Ares (Académie de recherche et d’enseignement supérieur) où siègent les universités et hautes écoles. « Dans le respect des pôles », nous précise le ministre de l’Enseignement supérieur Jean-Claude Marcourt. Dit autrement, les principaux acteurs se tiendront par la barbichette pour négocier ces accords.

Une grande sincérité

Le ministre commente diplomatiquement cette paix des braves. « Les événements politiques de l’été ont probablement pesé sur le traitement du dossier. Mais, en fin de compte, alors qu’on parle de ce sujet depuis dix ans, ce ne sont pas quelques semaines qui vont changer les choses. Je retiens qu’il y a eu une grande sincérité des différentes parties pour faire évoluer ce dossier. Les avis n’étaient pas convergents ? Nous avons travaillé ensemble pour réduire les points de friction. Nous y sommes arrivés, c’est le principal ».

Arrivés ? L’essentiel des données ci-dessus tient dans un pré-accord entériné mercredi midi en gouvernement au terme d’une énième salve de négociations. Il doit encore être coulé dans le projet de décret avant d’être soumis au vote, et du Gouvernement, et du Parlement. Ce qui, au vu des lobbies à l’œuvre, sera loin d’être une sinécure.

La réforme devrait, en principe, entrer en vigueur en septembre 2019.

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

3 Commentaires

  • Posté par Parmentier Luc, samedi 20 janvier 2018, 17:04

    Cela ne modifiera pas le monde de l'enseignement .....en outre 1 an où aucun enseignant (sauf master) ne sera diplômé ......Il y a déjà pénurie .....en outre les jeunes qui font un passage à l'unif pendant 1 ou 2 ans et qui ensuite reprenaient un "régendat" de 3 ans ..., vont certainement hésiter de se lancer pour 4 ans .....Ils vont sans doute préférer une formation de 3 ans (autre) .....donc accentuation de la pénurie = catastrophe pour les élèves !

  • Posté par Echement Marie-anne, mercredi 17 janvier 2018, 18:00

    Encore un an de pension que l’etat Ne payera pas.Ce n’est pas parce que les enseignants seront tous de formation universitaire que la qualité des prestations sera meilleure.J’en doute fortement.Les lacunes se situent bien en aval.L’enseignement primaire et secondaire est déficitaire. l’orthographe n’est plus une priorité... La rigueur des enseignants stagiaires est bien souvent laxiste et le manque de motivation est une réalité.C’est dommage mais le nivellement par le bas voulu par une certaine politique n’ameliore pas l’etat Critique de l’enseignement en fédération Wallonie Bx.

  • Posté par Jaspers Marie, lundi 22 janvier 2018, 15:10

    Il est CONSTERNANT que l'on puisse DONNER un diplôme universitaire à des élèves qui dans la réalité sont de niveau secondaire (et encore!).L'année supplémentaire de pédagogie (de niveau utilitaire) aurait pu être dispensé par les HEP elles-mêmes! Pourquoi la faire assurer par l'Université? Tout simplement pour DONNER un diplôme universitaire à ceux qui sont incapables d'en faire les années de bac! C'est vraiment du BLUFF révoltant pour ceux qui font de vraies études universitaires. Une année "à l'université" faite de l'étude de l'enfant, de la société,, des troubles potentiels, etc ne changera rien au niveau des instituteurs et régents! C'est du BLUFF, de la propagande de la part du ministre Marcourt et c'est une supercherie pour la population qui pourrait s'imaginer qu'elle va avoir de meilleurs instituteurs maîtrisant le français et les maths! C'est aussi la PROPAGANDE DE M.M SHYNS, pour essayer de faire accepter le Pacte! Des TRUCS ET FICELLES DE LA FACULTE DE PSYGUO-PEDAGOGIE ne renforceront pas les niveaux de connaissance non acquis dans le primaire et secondaire. Je connais personnellement la situation vu que j'ai enseigné 2 ans en régendat mathématiques- physique à la HEP Charlemagne à une époque où les étudiants devaient avoir fait le secondaire général et étaient donc de niveau supérieur à ceux qui y sont actuellement. Je donne actuellement des cours particuliers de maths à des élèves de tous les niveaux de HEP instituteurs et je constate que le niveau de ces étudiants, est extrêmement bas.

Sur le même sujet

Aussi en Enseignement

Voir plus d'articles

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une